LIVRE VIII. MÊriOROLDGrE
peu de mots les résultats géiiëraus ]m mieuii établis, et critidîquer les questions qui, dansTétat actuel de la scieitce, sendilent attendre les snlutîûnâ les ptus prochaîues.
Ce chapitre se divise en six paragraphes : i° déclinai' son; 2** 7}anaiiOfis diarnes ; i** inclinaison ^ éfuateur magne' iiquû et polt^s magnêtitiues ; 4" intensité; 5° t^onsidératî&né théoriques ei formules générales ; 6^ aurores boréales.
Nous navaiis à revenir, ni sur les premières notions de ces phénomènes , ni sur la description des appareils qui servent à les observer: nous avons donné à ce sujet dei ^létaits suffisanu dans ie premier volume (liv. 111, cbap. U).
" "' '"s 1* Déclinaison.
541. IXms tous les lieux de Ist terre, la déclinaison subit des variations que Ton pourrait appeler séculaires, parte qu'elles s'accamplissent progressivement dans le mémeseitji pendant un très-gïand nombre dannées. Le tableau d« déclinaisons de Paris (tome I) nous montre en eftet qur depuis ï58ojusquen i8â4i c'est-à-dire, pendant environ deux siècles et demi , la déclinaison a marché vers l'ouest de trente et quelques degrés; non pas , il est vrai , avec une vitesse uniforme et régulière, mais dun mouvement brusque , saccadé , incertain et quelquefois eiéme rétro-
CHAP. V. DU MAGNériSMC TERRESTRE. 793
locales sont trop peu étendues et trop peu nombreuses pour qu'il soit permis dès à présent d'examiner si le mouvement progressif delà déclinaison s'est opéré tout autour du globe de la terre, suivant des lois soumises à quelque régularité. Elles servent seulement à constater le fait en liii-niâme, comme fait général, qui s'est accompli dans la grande universalité des points de la terre, mais dans des périodes de temps différentes , et avec des conditions de vitesse et d'amplitude pareillement différentes.
Oa peut donc maintenant se représenter tout autour du globe, depuis le pôle boréal jusqu'au pôle austral, sur les mers et sur les continents, les directions actuelles de toutes les aiguilles de déclinaison, et regarder comme un fait acquis à la science, que, dans un siècle, toutes ces directions seront changées, les unes vers l'orient, les autres vers l'occident , et le problème qui se présente alors aux physi- {iens^ c'est d'observer ces changements individuels sur un très-grand nombre de points , convenablement répartis dans toutes les régions, sous tous les climats ; de constater i des époques assez rapprochées leur amplitude , le sens dans lequel ils s'accomplissent , et leurs périodes directes ou rétrogrades , en signalant en même temps les causes perturbatrices ou locales qui peuvent exercer quelque influence. Ces données , qui exigent tant de zèle , tant d'exactitude et un travail si persévérant, sont des éléments nécessaires qui doivent s'ajouter à d'autres non moins indispensables, dont nous parlerons plus loin ; ce n'est qu'après avw recueilli toutes ces observations qu'il sera possible d'établir sur leurs véritables bases les lois générales du magnétisme terrestre. Pour faciliter ces recherches et surtout les comparaisons que Ton est sans cesse obligé de faire entre les déclinaisons des différents lieux, nous avons réuni dans le tableau qui termine ce chapitre , pour l'hémisphère occidental à partir du méridien de Paris , et pour l'hémisphère oriental , toutes les déclinaisons de 5
^ îit longitude. C<! taBléaii eor^ »| il 1 éiiî coniposf pn^nr eidubelle» cartes que M* le c^pitaîite , <fi t9'à6^ Tons les physiciens savent lagAcite ce sayant et habile mariii p» m obâervatiotis qui avaient été faites à Lef opérations graphiques aiiJtquelles il a potir ntleyer les courbes de M. I>ypefrej itkitts ^i sont devenues nécessaire* pour ^ dédJBal&cinB k des degrés justes de laiituffr et «e permettent pas de regarder notre ^bleau Lietiient exact , surtout pour Les latilttdcl tHe-» ûlpiSfbiit , malgré les incertitudes qu'il peut affrir ars poinis, il m'a semblé qu'il pourrait ^trt d un i fli^ourâ pour Tétude du magnétisme. On y rtmârirrégularités qui pourront paraître choqtiiittesf ma Kiiay par esemple , sur un marne méridien ou sur un parallèle f des déclin aàâons qui ne paraissent aucuitsoimitses à U loi de continuité ; mais elles ne dot* f«til pas cependant être prises pour des erreurs; la pki* jï ont été vérifiées sur la carte elle-nirm*^ et sur lei documents originaux , quand il a été possible. La région qui présente les singularités les plus frappantes est celle qui se trouve comprise entre le 4<^>^ et le ^o* degré de latitude boréale, et entre le i lo^ et le i4o^ degré de longitude orientale. Ce grand espace qui occupe les deux versants des monts Doourie et Stanovoy, qui comprend au sud le bassin du fleuve Amour et au nord le bassin du fleuve Lena, forme en quelque sorte une île isolée où les déclinaisons se portent vers l'occident, tandis que tout autour elles paraissent se porter vers l'orient. Cette région, il est vrai, est encore peu explorée; mais elle doit flxer particulièrement l'attention des voyageurs et des physiciens , il faut savoir à quoi s'en tenir sur un fait aussi singulier.
Quelques physiciens semblent attacher une grande im-
portance à tracer sar le globe les lignes sans décUnation pour une époque donnée , et à sqWr^ len ipouTeinenU et les inflexions qu'elles prepnent à diverses époques; muli il est difficile que ces lignes, considérées isolément, puis? sent conduire à quelque résultat général : Iqur déplafi^ aient est, sans aucun doute , lié d'im^ mai^i^r^ in^fpe à tQi|9 les autres changements de déclinaison qui s'accomplissent autour du globe , et c'est par l'en^en^blfi #eiil ^p to|i3 ces changements qu'il sera permis un jour de recqq* naître si les changements de déclinaison sont réellem^qf périodiques , si la durée de la période varie 4*4» \\fm 4 l'autre, et s'il est possible de rapporter à uuf) cau^e wique et générale les amplitudes des changements de déclinainoii des différents lieux pour un intervalle de temps douoéi ou s'il faut les attiûbuer à des forces différentes , exerçap( des actions locales plus ou moins étendues et plus q^ moins profondes. Si, par exemple , les décliufiisons étai^pl troublées sur un hémisphère sans l'être en même tempf sur l'autre, il faudrait bien en conclure que la force dir^^Cr trice, au lieu d'être unique et d'avoir son centre d'action près du centre de la terre, se trouve, au contraire, être une force multiple dont les centres d'action sont pour chaque lieu assez voisins de la surface pour n'affepter seun siblement que les aiguilles qui sont les plus rapproché^ d'elle. Cette question est fondamentale, et, jusqu'à présent, elle ne me semble point résolue par l'ensembje des faits connus. Il est peut-être même permis de dire que, contrairement aux opinions reçues, beaucoup de faits semblent indiquer que, pour chaque région, le centre d'action du magnétisme terrestre est à une distance assez considérable du centre de la terre.
S II. f^ariaiions diurnes.
542. Nous avons indiqué (tome I) le caractère général des variations diurnes, du moins pour l'hémisphère boréal;