‹ Éléments de physique expérimentale et de météorologieChapitre 74 sur 217 · CHAPITRE V. — VISION · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — VISION

BoyeDS, liabileineiit combinés, quelques observateurs par- ; à une étonnante précision dans leurs jugements : I, ails dumgent de lieu ou de climat, leur science est à le instant déroutée par un autre aspect du ciel, un air pins pur oa plus brumeux , ou par des objets d'une forme ■onvcUe.

Le jugement de la grandeur est, en général, une conséipenoe du jugement de la distance. L'image d'un vaisseau peut être au fond de Tœil d un observateur beaucoup plus pethe que celle d'une barque , et cependant l'observateur ne s y trompera pas ; il dira que le vaisseau est plus grand qoe la barque, parce qu'il pourra juger que sa distance est bencoup plus grande. Cependant, quand nous savons d'àvanoe la grandeur d'un objet, nous pouvons nous en servir pour estimer sa distance : c'est ainsi, par exemple, que la hauteur d une tour est mieux appréciée quand on voit sur son sommet des bommes ou des objets d'une grandeur oonnne ; mais, si ces bommes étaient des nains, l'œil ne s'y Usseriiitpas prendre , il trouverait sans doute dans les modifications de la lumière des moyens de se défendre de l'il- Ivsion.

402 bis. Avec les deux yeux on ne voit qu'un objet y mais cm le voit plus éclairé. — Quand nous regardons un tablesu avec les deux yeux, nous donnons aux figures qui le composent une position déterminée par rapport à nous , et| comme cette position est exactement la même, soit que BOUS regardions avec l'un des deux yeux ou avec l'autre, il est impossible que le tableau nous paraisse double quand nous le voyons avec les deux yeux ensemble. Il n'en est ^as de même lorsque nous regardons un objet qui se projette sur un second plan un peu plus reculé : cet objet cadie à J*un des yeux une partie du second plan , et à l'autre une antre partie; par conséquent, avec les deux yeux, on est embarrassé de savoir sur quelle partie du plan il doit tomber. Mais il n'arrive presque jamais que les deux yeux

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aient une égale force, ou plutôt il yen • toujours un qui l'emporte et auquel nous prétons une plus forte attention : c*est d'après les impressions de oelui-là que nous décidons.

Pour juger qu un objet yu par les deux yeux est yu plus éclatant que s'il était tu par un seul, il suffît de regarder une bande de papier blanc ayec l'un des yeux, et de placer devaui l'autre un obstacle qui nous en cache la mœtié : la partie qui est vue par les deux yeux a la fois parait beaucoup plus éclairée que celle qui n*est vue que par un seul.

403. De la persUtcuice des images et des couleurs acei^ dentelles. *- De ce qu'un charbon ardent nous fait voir ua cercle de feu lorsqu'on le toiurne en rond avec asses de nqu* dite, il en résulte évidemment que les impressions de la ré» tine persistent après que la cause a cessé d'agir. U est facik de constater que la durée de cette persistance dépend ds l'éclat de la lumière et de la sensibilité de TorgaDc. Ge principe explique une foule d'illusions, par exemple cd\m du thawnatrope^ du phénakisUcope ^ du/antaseope, etcx, et celles que l'on produit en faisant tourner dans le même sens ou en sens contraire, et Tune devant l'autre , deux roues concentriques ou excentriques , ayant chacune un certain nombre de rayons , sombres ou brillants. M. Plateau a fait à ei.^tei:ard des rechtiM. hes ttès-ingeiueuscs. {Aun. tû- P/ns.

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tmlemn naUtreUes , on dit alors qu'ils prennent des cou- Imn accidentelles. On distingue à cet égard les couleurs •eddentelles passagères et les couleurs accidentelles per^ wmmentes, i* Quand, après avoir regardé le soleil pendant quelques instants, on ferme les yeux, Timage prend dii^crses emlmiirs pendant sa persistance; quand, après avoir regardé un corps vivement coloré , on porte subitement les yeux lur an corps d'une autre couleur, on éprouve une sensation eomplexe, qui se compose de Timage actuelle du second corps et de l'image persistante du premier; ainsi le second eorps n'est pas vu avec sa couleur naturelle. Ces deux eunples suffisent pour donner une idée des couleurs accUentelles passagères ^ sur lesquelles on a fait plusieurs théories dont aucune ne nous parait satisfaisante. 2** Quand QB omps coloré est sur un fond noir, il apparaît avec sa couleur naturelle; quand, sur le même fond noir, on vient ■dire près de lui un second corps de couleur différente , ees denx corps s'influencent mutuellement : leurs couleurs, on philôt leurs nuances, sont changées , et ce changement psrslt indépendant de la persistance des images , car il snbsiste sussi longtemps que les corps sont juxtaposés. IL Qievreul a fait une étude particulière de ces phéno- «énet, et fl les a soumis à des lois remarquables. {Mem. de FAcmd. €U$ sciences j i833. )

404. He quelques accidents de la vue. — Les presbytes ont la vue trop longue^ ils sont obligés de placer à 5o ou 6o centiaiètres de distance un papier qu'ils veulent lire ; plus près , toutes les images sont confuses. Cette espèce d'infirnûté, qni Tient d'ordinaire avec Tàge, résulte évidemment d^m dëfiint deconvergence dans les faisceaux qui traversent leshnmenrs de l'oril; et l'on suppose, en général, qu'elle tient i un aplatissement de la cornée ou du cristallin. Tous les presbytes ont ordinairement la pupille très-peu ouverte, comme s*Us faisaient un effort continuel pour se servir du centfe dn eristallioi plutôt que des bords , qui ont en

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eETet, comme nous Tavons vu, une distance focale enca| plus grande, f

Les m) opes ont la vue trop courte; pour voir nettemenl les objets, ils sont obligés de les approcher à la distance de quelques centimètres ; tout te qui se trouve au tleb est poiu eux enveloppe duo nuage, et ne forme au fond de Tceil que des images confuses* Cet accident est opposé au presbytism^ et il resuite en effet d une cause contraire i les faisceaux «{d traversent Toeil d'un myope éprouvent une trop rapide convergence f ils se croisent avant de tomber siir la rétine. On suppose, en général, que les myopes ont la cornée oy te cristallin trop convexe; ou remarque aussi que leur pu| est toujours très-dilatée, comme s*ils essayaient de ses€ des bords du cristallin plutôt que des parties centralejv, i ont une distance focale principale encore plus désavaii geuse pour eux parce qu'elle est plus petite.

De quelque manière que s'accomplisse la vision distin soit qu'elle se fasse à la distance moyenne de ao ou comme dans les bonnes vues ^ soit quelle se fasse à 3oi 6o'- comme chez les presbytes , ou à quelques ces mètres seulement comme chez les myopes, il arrive 1 jours que, pour voir ,ivec la plus grande netteté, il m i cessaire de tourner Tceit convenablement^ de telle sorte ^ Tiniage tombe sur un certain point de la rétine et tion{ sur un point quelconque. Le point, ou plutôt le pâtit < pace sur lequel on amène les images pour voir le luifi possible, se nomme le point sensibU de la rétine; i\i placé en général près de Taxe de ToeiL

Il y a aussi au fond de l'œil un point que l'on appelle H point insensible ou punctum cœcttm^ c'est le petit espat^c eu la ire occupé par rextrémité du nerf optique, etdoù j tent tous les filaments nerveux qui s'entrelacent dej manières pour former la rétine. Lii lumière qui toiobei cet espace ne donne pas plus d'impression que si elle lu bait sur un nerf quelconque mis à découvert ^ et, comoif <^

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