TENSION DES VAPEURS DANS L'AIR
ment de force élastique par le déplacement du mercure, de sorte que la variation du baromètre mesure exactement la tension de la vapeur. On voit dans cette expérience que la force de la vapeur. s'ajoute à celle de l'air, et que les choses se passent comme si l’air et la vapeur étaient sans action l’un sur l’autre; mais, dans la réalité, il ya répulsion, ainsi que la résistance à la vaporisation le prouve ; seulement, comme la pression de l’air s’exerce également en tout sens: sur les molécules de vapeur disséminées , elle ne tend nullement à produire une liquéfaction; dès lors on rentre dans le cas d’un gaz dont on condenserait deux parties dans le même espace; la tension totale doit être la somme des tensions partielles. &
On pourrait eneore tout simplement faire l’expérience dans un tube barométrique presque rempli d’air, où le mercure monterait seulement assez pour qu’on pûüt mesurer la dépression produite par la vapeur du liquide qu’on yintroduirait ; mais comme il résulte de cette dépression un changement de volume , il faudrait, avec la loi de Mariotte, tenir compte de la diminution de force qui en résulte pour le gaz. Dans le cas de deux vapeurs (1022) l'expérience est plus simple, parce que la saturation ayant toujours lieu, le changement de volume ne change pas la force élastique.
1082. Une conséquence bien remarquable des expériences précédentes , c’est qu’un vase vide ou plein d’air à une température déterminée contient toujours le même poids de vapeur quand il ÿ a saturation ou plus généralement quand la vapeur dans les deux cas a la même force élastique. Nous avons pris pour exemple l'air et l’eau ; mais la vapeur de tout autre liquide atteindrait de même sa tension maximum dans tout autre gaz, Pourvu qu il n + eût pas d'action chimique.
- 1083. Nous venons de voir qu’il se formait en définitive autant de vapeurs dans un vase, soit qu il fût vide, soit qu’il fût plein d’air; il n’en est plus de même dans un espace assez grand pour qu’on ait à tenir compte de la pression exercée par la vapeur en vertu de son poids: le mélange de
Un vase vide ou plein d'air peut contenir le même poids
” de vapeur.
Cas d’un es.
pace illimité.
l'air alors permet l'existence d’une plus grande quantité de Sans l'air it vapeur. Aussi, coinime le remarque M. Poisson, si l’atmo- AR “ue sphère n'existait pas, il yaurait à la même température moins tour dela terre. de apeur autour de la terre qu’il n’y en a maintenant. Pour concevoir ce fait il faut observer que, dans le cas du vide, la quantité de vapeur serait limitée par la pression que pourrait supporter la couche inférieure. Si la température, par exemple, était de 10°, le poids de toute l’atmosphère de vapeur n’excéderait pas celui d’une couche de mercure de 9**,5 (1018); si, au contraire, il y a de l'air, quel que soit le poids de la vapeur disséminée, la couche inférieure le supportera. Cela est évident, en supposant d'abord cette couche formée d’air sec ;; et il est certain que sa force ne diminuera pas quand on y vaporisera de l’eau. D'ailleurs, dans ce cas rien ne force à supposer qu il y ait saturation, de sorte qu'on ne voit plus de limite.
nee re 1084, Après avoir vu le rôle que l’air, supposé calme, sent l'évapora- joue dans lévaporation, nous examinerons les circonn. stances qui influent sur la quantité de vapeur formée dans un temps donné.
1° Grandeur 1085. Quand on chauffe un liquide jusqu'a le faire de la surface, RAPE r Le : | .
bouillir, l'expérience prouve qu’il se forme sensiblement la même quantité de vapeur, que le vase ait une ouverture large ou étroite; tout dépend alors de la surface de chauffe, c’est-à-dire de la surface qui est en contact avec le foyer. Au contraire, quand il y a simplement évaporation, tout dépend de la surface libre. Aussi l’on a bien soin de multiplier la surface partout où l’on veut favoriser l’évaporation, Les marais salants où on extrait le sel des eaux de la mer offrent une application remarquable de ce principe; dans les bâtiments de graduation surtout, l’eau des sources salées se trouve divisée à l’infini, en tombant à plusieurs reprises sur une couche épaisse de fagots d’épines, ou bien en cousad lant le long de plusieurs milliers de cordelettes. 2 Élévaion 1086, Quand un espace est saturé, il semble qu'il n’y ait Este VAR plus d’évaporation possible ; mais, comme on le sait par des expériences vulgaires, on peut forcer la vapeur à s'élever da liquide en le chauffant, Il est vrai qu’elle se
CAUSES QUI INFLUENT SUR L'ÉVAPORATION. 105 condense d’abord dans l’air encore trop froid; mais toujours est-il qu’elle se forme. La table des tensions (1018) explique pourquoi la chaleur favorise tant l’évaporation ; on y voit qu’un peu au-dessous de 100°, la tendance de la vapeur à se former est 150 fois aussi grande qu’à zéro, et que l'équilibre n’est plus possible entre la vapeur naissante et celle qui sature l’espace dès que le liquide est plus chaud que Pair, ou même dès que la température sélè ve ; aussi le grand moyen d'évaporation dans les arts est-il le chauffage. Les tissus encore tout humides se sèchent en un instant par leur passage sur des cylindres chauffés intérieurement; c’est par ce même procédé quele papier mécanique se trouve sec à mesure qu'il se fait. Si un soleil ardent dessècheles plantes et tout ce qu'il frappe; ce n’est point par une propriété particulière; c’est tout simplement que la chaleur augmente la tendance des liquides à se vaporiser. 4
1087. L'influence du degré de saturation, c’est-à-dire de la sécheresse ou de l'humidité de l'air sur l’évaporation, est de toute évidence. Lorsqu'on échauffe l’air saturé on peut dire qu’on le dessèche, quoiqu’on n’ôte rien de la ya peur qu’il contient déjà, car on lui donne la propriété. d’en prendre une quantité nouvelle. Dans les étuves de raflineries de sucre , l'air contient certainement plus de vapeur qu’au dehors; cependant, comme il est chauffé à 4o ou 50°, on peut dire qu’il est plus sec, Nous nous servons ici dés expressions consacrées par l’asage ; mais à la rigueur c’est de l’espace plus ou moins sec, et non de l'air qu'il s’agit. Si l'évaporation se fait mieux dans un espace chaud, ce n’est pas que la substance de l’air y prenne réellement une propriété desséchante, puisque le phénomène aurait encore lieu dans le vide et même mieux; maïs c’est tout sims plement parce qu’à une haute température, la vapeur peut prendre une densité plus grande (1010); d’où il suit que dans un même espace il peut s’en former un poids plus grand.
1088. L’élévation de température dans un espace fente serait un moyen fort borné d’évaporation, si on ne renou-
3° Sécheress se de l'air,
40Renouvellement de l'air.
velait pas l’air. Au contraire , dans bien des cas ce renouvellément à lui seul peut dune aussi dit-on que le vent dessèche. Dans la réalité, son action se borne à balayer la vapeur déjà formée, de sorte que les surfaces humides se trouvent toujours dans un espace à peu près sec ; cela suppose que le vent lui-même n’est pas humide: on sait très bien que quand il l’est, l’évaporation se fait mal, On peut faire voir linfluence du renouvellement de l’air en faisant tourner rapidement un linge humide avec une fronde; la dessiccation a lieu en quelques instants. Quand il n’y à pas de vent, l’air se reno uvelle encore peu à peu, parce qu il s'élève comme plus léger à mesure qu’il devient humide. Les séchoirs des blanchisseries sont de grands hangars terminés seulement par des jalousies, afin que l'air s’y 3x nouvelle continuellement. Pour sécher dans les étuves, laisse l’air chaud se saturer d’ hümidité, puis on ouvre Fe issues opposées pour qu'il se renouvelle. Dans quelques établissements , On établit un courant d’air chaud; les ouvertures d’entrée et de sortie sont au niveau du sol afin que l’air chaud qui tend toujours à s’élever soit forcé de parcourir tout l’espace. L’air s’échauïfe en passant dans des tuyaux qui traversent un foyer; à la sortie de l’étuve se trouve un conduit vertical; quand une fois l’air humide et encore chaud rernplit cette espèce de cheminée, il se produit un tirage (628) qui détermine le courant. Montgolfier évaporait très rapidement des jus de fruits à l’aide d’un courant d’air ordinaire produit par un ventilateur (564); ce courant traversait le liquide pendant sa chute sur de petites baguettes qui le divisaient à l’infini. comme dans les bâtiments de graduation. On évapore aujourd’hui les sirops dans les sucreries à l’aide d’un courant d’air forcé qui s'élève du fond de la chaudière par une espèce de crible, et traverse toute la masse en petites bulles; de sorte qu’on emploie simultanément la chaleur, la multiplication des surfaces et le renouvellement de l’air. Dons les brasseries on dessèche l'orge germée en faisant passer au travers de la masse le” gaz encore extrêmement chaud, résultant de la combustion d’une espèce dè houille qui ne doune pas de fumée. Les