CHALEUR SPÉCIFIQUE
$ I Chaleur spécifique des solides et des liquides,
1145, De même qu’on jauge les liquides sans se douter de leur composition chimique ; qu’on mesure le temps, les forces, la: vitesse, etc., sans connaître léur nature, on peut Mbtettent mesurer là chaleur avant de savoir en quoi elle consiste. Tout se réduit à prendre pour unité une quan-
Unité de cha« leur.
Chaleurspc-
cifique.
Elle est con-
128 ' ÊIV. VI. CHALEUR,
tité de chaleur bien déterminée. L'unité adoptée généralement est la chaleur nécessaire pour élever 1* d’eau de o à 1°; on lui donne quelquefois le nom de calorie, de therme, etc.
1142. On a longtemps cru qu’à poids égal les différentes substances contenaient la même quantité de chaleur quand la température était la inème; mais Black, physicien du siècle dernier, démontra qu’il n’en était pas ainsi; on eut dès lors l’idée de la chaleur spécifique, qui est la chaleur nécessaire pour faire varier d’un degré la température de chaque substance sous l’unité de poids.
1143. Il est facile de s’assurer que la chaleur spécifique
stante entre 0 de l’eau est constante entre o et 100°, c’est-à-dire qu’entre
et 100°.
Vérification CES
pour l'eau,
limites, il faut toujours la même quantité de chaleur pour faire varier d’un degré la température d’un kilog. d’eau, En effet, sien supposant cette invariabilité nous calculons la température des mélanges d’eau chaude et d’eau froide, nous trouverons toujours un accord parfait entre les résultats de l’expérience et ceux du calcul. Prenons, par exemple, 1* d’eau à 20°; dans notre-hypothèse il contient, à partir de zéro, précisément 20 unités de chaleur; mêlons-le avec 1F qui en Contienne 40, c’est-à-dire qui soit à 40°, nous aurons en tout 60 unités, lesquelles réparties entre les 2*, devront porter à 30° la température du mélange; et c’est aussi ce qui a lieu quand on tient compte, comme nous l’indiquerons par la suite, de la chaleur absorbée par le vase
‘ou perdue par le rayonnement.
Verification pour les autres substances,
1144. La chaleur spécifique des autres substances est également constante, c’est-à-dire que s’il faut un cinquième d'unité de chaleur pour porter 1F de marbre de o à 1°, il en faudra une quantité pareille pour le porter de 1° à 2°, et ainsi de suite; cela se vérifie, comme nous le verrons, par
: Je procédé même qui sert à mesurer la chaleur spécifique.
Remarque.
Il s’agit dans tout ceci du thermomètre à mercure; l’invariabilité des chaleurs spécifiques ne s’observerait pas si les degrés étaient comptés sur le thermomètre à alcool.
1145, On ne peut pas mesurer toute la chaleur que renferme un corps; mais on arrive à déterminer celle qu'il contient à partir de zéro jusqu’à une température donnée