CHAPITRE V
après ou 27 après le coucher du soleil, Tombre atteint le sommet de raiguillc Verte à l^oSi mètres d'élévation. Enfin le mont Blanc, qui reste éclairé le dernier et paraît briller d'une teinte orangée quelquefois rouge de feu, est obscurci environ ac) minutes après le coucher du soleil. La hauteur du mont Blanc est de 4810 mètres; cette montagne est à i5 lieues de Genève. A partir de ce moment, une teinte sombre est répandue sur ces cimes montagneuses; mais lorsque le segment anti-crépusculaire sombre s'est élevé, environ 5 minutes après l'obscurcissement du mont lîlanc, ou 33 minutes après le coucher du soleil dans la plaine, alors les neiges du mont Blanc se colorent de nouveau, puis, peu à peu, les montagnes les plus rapprochées de l'observateur. Cette coloration secondaire est moins forte que la première, et diminue peu à peu jusqu'à ce que la nuit soit venue.
Suivant JM. Necker de Saussure, la seconde coloration rose du mont Blanc commence par le bas de la montagne, puis gagne peu à peu le sommet à mesure que le segment obscur anli-crcpusculaire s'élève par-derrière; alors cette coloration ne provient que du contraste qui existe entre l'illumination de la montagne et la coloration du ciel sur lequel elle se projette. En effet, au moment où la montagne paraît s'obscurcir, le rouge de l'anti-crépuscule colorant le ciel, la montagne se projette sur un fond éclairé ; mais lorsque le segment obscur anti-crépusculaire s'élève sur l'horizon , le ciel est sombre et la montagne, se projetant sur un fond obscur, paraît biiller de nouveau. D'après cela, le mont Blanc serait toujours éclairé; mais, sa teinte diminuant sans cesse, le second maximum de lumière proviendrait de ce que la montagne se projette à cet instant sur le fond noir du segment obscur anti-crépusculaire.
On peut objectera celte hypothèse que les montagnes
f)lus rapprochées et plus basses ne se colorent qu'après a cime élevée du mont Blanc, et que le retard de la seconde coloration est d'autant plus grand que les mon-
tagnes sont plus près. M. N. de Saussure répond k celte o^jjection que cette contradiction n'est qu'apparente, et que les montagnes plus rapprochées citées plus haut, en raison de leur proximité ont une hauteur angulaire apparente plus considérable que le mont Blanc, et se projettent par consLcpicnL sur des portions du ciel plus élevées au-dessus l'horizon , sur lesquelles le segment sombre anti-crépusculaire ne parvient que plus tard. Cette explication paraît fort plausible, et il est nécessaire de faire de nouvelles observations pour décider eotre les deiu^ manières de rendrie^i»^^ ^ 1^ dejU^èmç çploratîoa rouge crépusculaire.
L'arc crépusculaire étant IVc rpqgeétfede Thorizon B brsque le niH^il s'abaisse aiudmsqus de j^au^ et Vf^w a|||i-pi;ofHi|4Bulaire la courbe qui limite le côue d*oinliro jHoj^flir ratmosphère, si le soleil est en la limita oèttè courbe est en C, telle queS'^'G soit tangent à la terre^ abstraction faite de la rë&'actioii atmpspUérique» hunspLC le crépuscule dis[)a|'ait| oa admet, en giénéral, qua !• iBt letl i^t abaissé da 17 ou 18^ au-des^s de Thoriaon; mais dans des drcooslADoea £ivor^blés« après le crépus* cule» oo voil à rpocident, vers B* i|ne lueur blanchâtre qui s'ëièfe quelquefois assea fmut aaiis I4 del* Getle Jueur, d'après M. Biot| n'est pas due à l'illumiriatîpD des pactift cules eëriennes BG par les rayons solaires dû^Uf mm k une réverbération prove^nt rill^miiuitiott de j'^ tuosphèrp par la partie S^'^BC ikl^irée directanént par le s<4eik Mm la partie 4» i'atinospbère S"'BC, k mesure qfie 1# Sfqieil s abaisse au-dessous oe Thonzou, agit comme ^rps lumineux et donne naissance à un second espace crépusculaire, l'espace BC coloré de diverses nuances et dont nous avons parlé, étant le premier espace crépusculaire. On peut également supposer uu troisième et un quatrième espace crépusculaire; mais, d'après la faible clarté blanchâtre du second crépuscule, il est peu probable que les autres puissent être sensibles.
Il ne paraît pas (jue dans nos climats, en plaine, ou PM)»ke ypîr la (Jpuxièi^ie Qvéy^^cuï^, oi^îs, ^ k§ oi^u?
CHAf^TRE V. 4??
tagnes , on pont l'apercevoir ; ainsi , sur le col du Géant, de Saussure ()it l'avoir observé avec une hauteur de 3o**, lorsque le soleil élait à '21° sous l'horizon.
Toutcschoses égales d'ailleurs, le crépuscule se termine donc en général lorsque le soleil est à 17^ ou 1 H'" audessous de l'horizon ; niais les conditions physi(|ucs du phénomène étant très-variables suivant les saisons, et la teinte de l'air et des nuages dépendant de Télat de l'atmosphère, il est impossible de préciser sa durée. Cependant, pour montrer comment le crépuscule se manifeste dans nos climats, nous rapporterons les résultats des observations faites sur le Faulhorn , du 17 juillet au 5 août 1841, j)ar MM. Bravais et Martins. La coloralion rose, pour un observateur placé dans ces conditions , connnence avant le coucher astronomique apparent du soleil, lorsque le centre de cet astre est environ j" de hauteui" angulaire au-dessus de l'horizon; l'arc anti-crépu.sculaire s'élève au moment du coucher apparent, passe au zénith après 25' ou 3o', puis met le même temps pour atteindre l'horizon occidental. La coloration rose peut se prolonger au delà du coucher de cet astre, comme nous l'avons vu plus hautj alors, suivant ces observateurs, c'est une réverbération de la première coloration. D'après les calculs de M. Bravais, le pouvoir de réfléchir les rayons rouges qui teignent l'atmosphère au coucher du soleil n'appartient aux conclues atmosphériques que jusqu'à 10000 mètres; cette limite est plus basse vers les cercles polaires et plus élevée vers l'équateur.
liCS observations des limites des courbes crépusculaires se fout mieux, sur les montagnes que dans les plaines; on peut même, par les nuits sereines, suivre la rotation de la courbe crépusculaire qui sépare le premier crépuscule du second.
Lorsqu'il y a beaucoup de vapeur condensée dans le jour, que le ciel paraît mat, alors le crépuscule est long. Si les vapeurs sont fort élevées et les couches inférieures de l'atuiosphère assez pures, le crépuscule est également
4^ AITROAB.
tros-long : c'est ce que l'on a remarqué en i83i. Dans l'intérieur do l'Afrique, où Tair est très-pur, le créj)usculc est en gémual fort court, et la nuit succède proinptement au coucher du soleil. Le crépuscule est trèscourt cntic les liopiqut^s; il dure un (juart d'heure au Chili et, d'après AL de liumboidt, qucl(^ues minutes à Cumatuu
§11. — Aurore.
L'aurore ou le crépuscule cîu matin |)résenle les mêmes effets que le crépuscule du soir, mais dans uo ordre inverse, puisque le soleil se lève sur Thorizon : nous ne pourrions donc que répéter ce que nous venons de dire ; mais pour montrer la marche du phénomène suivant la position du soleil, nous ne pouvons mieux faire que de rapporter les observations de M. Bravais sur le Faulhom, à 2683 mètres au-dessus du niveau de la mer.
i** Le soleil étant à la^ au-dessous de riiorizon, 4^ minutes a vaiit le lever du soleil. — A Torient, une bande rougeâtre ou orangée^ dont la hauteur est à peu près o. On ne distingue encore aucune teinte au-dessus de cette bande orangée; la hauteur de la courbe crépus» culaire est de 7^. Le fuseau compris èntre ces deux arcs est d*un bleu btandiâtrc plus clair que le reste du ciel«
a** Le soleil étant à 10^ an-dessous de Thorizon. — , \a hauteur de la zone orangée est de i** au-dessus; la jaune commence à paraître, et sa hauteur atteint a® dans le vertical du soleil; on ne voit pas encore de vert. La hauteur de la courhe crépusculaire est de i a®.
3** Le soleil étant à S*' au-dessous de l'horizon. — La partie teinte de rouget s\'tciid (lej)nis l'horizon jusqu'à 1° I V. Au-dessus, teinte jaune juscju'à 3° lo'. Le vert commence à paraître sur le jaune; la bande verdâlie ne dépasse guère o** de hauteur. Au-dessus , nuance bleuâtre faible jusqu'à aS*', où se trouve la limite du crépuscule.
4** Le soleil étant à 6" au-dcssoiis rie l'horizon. — L'élévation des zones orangée et jauue u'a pas changé.
La teinte verdâtre règne jusqu'à une hauteur de j®, La courbe crépusculaire gagne rapidement le zénith; sa hauteur est de 70*^. Le ciel, vers le couchaat| n'offre encore aucune trace d'éclairement.
5"" Le soleil étant à 4° ili-dei^ils de i'hMÎzon. < — L'élévation des zones orangée et jaune n'a pas changé. La zone verdâtre atteint 1%, Au-dessus d'elle commence à se montrer une zone purpunner^^du moins si les cir^ constances sont fiivorabies; elle ne persiste que pendant quelques minutes,' et se forme après le passage de fejip courbe crépusculaire par le zénith. Le soleil est alors en tre 5** et au-dessous de Thorizon; jamais elle n*a lieu ni avant ni après. C'est vers de hauteur que cette teinte rosée a son maximum d'intensité, et elle ne dé> passe pas 4^*** On n'observe ps de liseré jaunâtre qui la sépare de la région verdâtre située au<lessous. La teinte du zénitti est bleue, quelquefois même légèrement teintée dé veirdâtré à l'horizon occidental. L'arc anti-cré-
Susculaire se dessliîe Vèra 10^ de hauteur; il n'offre pas e teinte rouge bien ardente , mais un ton bleuâtre sombre, avec une nuance purpurine plus ou moins pro-* uoncce. En dessous, le ciel paraît plus clair. ' ■ • - ' 6" Le soleil vUnt h !>/* au-dessous de l'horizon. Le rouge oriental coninience à jaunir; sa liaulcui- reste la menu*. La limite supérieure de la zone jaunâtre est toujours égale à 3** ou 3" 1 5'. De là jusqu'à 18" de hauteur, coloration verte plus intense que dans les périodes précédentes; la teinte purpurine secondaire a eonipK'lenicnt disparu. A l'horizon occidental, la hauteur de Tarcanticrepusculaire est de 3**; la coloration en rouge s'étend de 3" jusque vers i 5" de hauteur; le rouge offre souvent une teinte violâtre ou du moins purpurine. Audessous de l'arc anli-crépusculaire , on n'a pu découvrir le liseré blanc-jaunâtre signale par M. Kaemtz ; mais le b|eu du ciel y paraît faihtement vert, probablement par un effet de contraste. Au-dessusdu rouge règne le bleu ordinaire sans autres nuances intermédiaires perceptibles. ' * '
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Y M «Pleil jéjtaiit |t l'horizon. — foUil est l^vë.
son'disfjue et les portions voisines atmosphérique^ offrent assez souvent une teinte jaunâtre .et plus soiiyen( enaore orangée; la bandeffifappëe quj stationnait à Tho-^ rizon oriental ^ç'efTace ;^^^fe disparition , lorsqu'elle a ëjté la plus tardive ^msible, s*est faite lorsque lu soleil a été à 1** ou 1**, 5 au-dessus deriiorizon. Le jaune persiste justjifà 3" de hauteur; de là, jusqu'à 22**, le verdatre est bien marqué. Le zénith est bleu. A roccident, l'anli-crépuscnhure a gagné l'horizon; la teinte rouj^e s*élève jusfju'à 4" ou 5" de hauteur. Ijc jaune, qui a commencé a paraître au-dessus lorsque le soleil était q\\ arc à au-dessous de l'iiorlzon, s'élève maintenant jus-
3u a 6" ou y° de hauteur. Au-dessus du jaune^ un j>eu p verdâtre commence à paraître.
" 6"* Le soleil étant à au-dessus de Thorizon. — rouge a entièrement abandonné l'horizon oriental, le jaune seul subsiste et s'affaiblit de plus eu plus; la teinte verte suruionte le soleil et s'étencl jusque vers a^** de hauteur; le ^uith est bleu. A l'occideu^^ Tare anti-crér P4sculairje a coipplétement disparu; le jaune persiste encore^ «a limite supiérieure ne dépasse pas Z\ vert^ qui le surmonte , offre son maxinuini d'intensité vers ou 6% de là il s'étend jusque vers lo** de hauteur ou même au delà. Il est difficiie de mesurer la hauteur du point de partage de cette zpffe d*avec le ble,u d^ la paiv tie zénithale du ciel.
Cl* Le soleil étant à 4^ au-d^iis de Thorizon. — tj(| 'm^np a lul-m^i^ difparif ; mais )e verl subsiste encore fr^uemment ^ surtout dans la partie du ciel opposée au soleil : ce derni.er yeslige de la coloration cnée pusculaire ç'eff^ce de plus en plus. , "
CeUe succession de couleurs indique seulement ce qui $e passe {dans le vertical du soleil. jOans les régions la.térales, en général, les lignes de démarcation entre les teintes s'abaissent vers rjiorizon; mais, cepeudant, cette rè^je souffre des exceptions: le rose y est moins intense^ mais quelquefois le vert Temporle sur le vert des .Jmtrc§
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parties du ciel, du moins (^uelque§ iosUuU av^ul !«•
Vjer du soleil.
11 eu est de même pour l'aurore comme pour le crépuscule du soir ; ia durée du phénomène dépend de la hauteur de celles des particules d'air qui sont assez denses pour envoyer de la lumière réfléchie, et varie j^vec l'état de l'air; elle est, en général| plus grai^d^ ppujr le crépiu^uk que pour ('aurore.
§111. — Apparences crépusculaires et pronostics.
Nopig avons parlé plus haut des principales teintes dc^ut se colore i'atinosphère lorsque le soleil disparak ou s'élève au-dbisu# de rjiorizpn ; ces teintes jaunes eC rouges proviennent du passage de la lumière à trav^ des couches d'air mêlé de vapeurs suffisamment denses, et la ieinte verte dn mélange de jaiyne et de hlcu céleste. Ii»nqiie )e ciel est nuageux au coucher du soleil, alors on (wut aperqsvçfF les ffuegies colorés puL^mà^itBi^ par les rayons jaunes on rouges du soleil oouchapt s'ils sopl peu épais , ou bien leurs liords seuleroof^ s'ils spul trèsnJepses; dans \p derniep cas » ils peivr^nt préipntev une teinte violâtrs provenant du mélange de gris bleoâH» avec le vert dû au contraste du rouge. On conçoit f du reste y combien d'effets dè lumière doivei^t quelqfie^ (ois se manifester dsns des masses nu^f^soses inégalement denses édairées par les rayons eolorés du soleil concbant et par les diverses parties d^ l'Iiorizon au piomei^t ou 1* soleil disparaît aux yeux de l'observateur.
On remarque quelquefois des colonnes lumineuses nommées rayons crcpusculaires , qui sont dues à Tillumination de Tatmosphère, lorsque des cumulus ou dej» cumulo-slatus flottant dans l'air sont interrompus par des éclaircies, et que le soleil luil à travers; ou pourrait aussi bien dire que ces rayons sont dus à des cylindres d'ombres projetés dans l'atmosphère éclairée. Si le soleil est peu éle\é sur l'horizon, les rayons crépusculaires parti;nt du soleil; s'il est au-dessous de l'horizon, ils s'élèvent daus l'atniosp^^c ^o^s f9rm^ ^j^^os^ 4^ g^andft