‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 130 sur 202 · CHAPITRE V. 4î · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 4î

Lorsque le ciel est bleu, et qu'après le coucher du soleil IWident devient pourpre, on peut assurer que le ^ temps sera beau le lendemain, surtout si l'horizon semble ' couvert d'une légère fumée. Un crépuscule avec des nuages isolés, colorés en rouge, après la pluie, annonce aussi le beau temps. Mais lorsqu'à l'occident on a une i teinte jaunâtre qui s'étend assez loin dans le ciel, alors ^ on peut conjecturer qu'il pleuvra le lendemain. On peut s'attendre à de la pluie et à des orages, lorsque le soleil étant d'un blanc éclatant, se couche au milieu d'une lu-^ mière blanchâtre; on a encore plus de raison pour craindre la pluie loi-sque des cirrus, qui donnent une teinte blafarde au ciel, sont plus foncés à l'horizon, et que | l'on voit un rouge grisâtre au milieu duquel on aperçoit des portions rouge foncé qui permettent à peine de dis- 4 tinguer le soleil : on comprend, en effet , que dans ce cas la vapeur vésiculaire est très-abondante.

Les pronostics que fournit l'aurore sont un peu différents. Si l'aurore est grisâtre, elle présage le beau temps. Cela résulte de ce que cette teinte est due aux stratus | qui cèdent à l'action du soleil levant, tandis que le crépuscule gris provient de cirrus qui s'épaississent la nuit . ^ et annoncent la pluie le lendemain. L'aurore très-rouge est un signe de pluie, car alors il y a assez de vapeur ^ condensée pour donner cette teinte aux rayons du soleil ; .

levant, et il y a des chances pour que, dans le courant de la journée, les colonnes gazeuses ascendantes forment 1^ • des couches épaisses de nuages. ^ f .t

Hauteur de Vatmosphvre^ déduite du crépuscule.--^ Nous avons dit, en parlant de l'atmosphère, que l'épaisseur de la couche gazeuse au-dessus de la terre n'était pas connue avec certitude; en effet, d'après la diminution de densité, à i lieue (de 4ooo mètres) , la densité de l'air est moins de de sa valeur à la surface, et, suivant toute probabilité, i'air a encore une densité sensible jusqu'à

16 ou ao lieues.

Le crépuscule dépendant de l'illumination des particules d'air, il est évident que son étendue est en rela-

AORORE.

tîon avec celle des couches gazeuses qui sont encore assez denses pour réllécliir les rayons lumineux.

Lorsque l'observateur, situé en A (planche I, fig. lo),observe le crépuscule ou l'aurore, la hauteur de l'arc crépusculaire BC dépend de la position des dernières particules C d'air qui sont assez denses pour réfléchir les derniers rayons solaires S'"C tangents à la surface terrestre. Mais la hauteur de cet arc ne peut Otre connue avec certitude; car, s'il en était ainsi , en suivant le crépuscule depuis le commencement jusqu'à la disparition de la courbe crépusculaire C au-dessous de l'horizon, et mesurant à chaque instant la hauteur DC et l'abaissement du soleil, on devrait toujours trouver la même hauteur pour l'atmosphère : or il n'en est pas ainsi. Au moment où la courbe disparaît, conune cela résulte d<» observations de plusieurs météorologistes, le soleil est à 17 ou 18" au-dessous de l'horizon; ce qui donne alo!*s 60000 mètres environ, ou i5 lieues, h la hauteur des dernières couches d'air qui peuvent réfléchir la lun>ière; si l'on calcule ensuite la hauteur de l'atmosphère d'après les mesures qui ont précédé , on trouve que cette hauteur va en croissant à mesure que l'astre s'abaisse audessous de l'horizon, et atteint son maximum lorsque le soleil est à 17** ou 1 8° au-dessous de ce plan. Il est probable que, lorsque le soleil n'est pas encore trèsbas, le ciel étant éclairé, on ne saisit pas bien les dernières traces de l'arc crépusculaire, et que cet arc s'étend un peu plus loin qu'on ne le voit réellement; alors, quand le soleil esta 17 ou 18°, la portion de l'arc que l'on peut apercevoir est plus considérable. D'après cela, l'atmosphère doit s'étendre encore plus loin que nous ne le supposons, car la courbe que nous voyons disparaître à l'horizon ne doit pas être la dernière limite de l'ombre projetée par la terre sur les dernières couches de l'atmosphère. ♦

Cette méthode de calcul , pour déterminer l'épaisseur de la couche d'air qui nous environne, a été employée par Alhazen , auteur arabe qui vivait dans le XV siècle,

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