CHAPITRE VI
après l'avoir mis eu communication avec les appareils^ pour voir ceux-ci indi(jiier Tune ou Tautre électricité lorsque le cerf-volant traverse un nuage, en sort pour rentrer dans un autre, et ainsi de suite.
Il paraît que Ton |)eut observer des effets analogue» sans que le cerf-volant traverse des nuages. Nous citerons comme exemple l'expérience faite par Pellier, près de Gîrbeil, le ai avril i84o, par un temps assez beau. (Peltier, Des iwinbcs^ page 7). Il enleva un cerf-volant attaché à un fil métallique dont Textrémité pouvait être mise en relation avec un des bouts du fil d'un multiplicateur de 3ooo tours très-sensible, rauti*e bout communiquant avec une tige en cuivre enfoncée de 3 décimètres dans le sol. Depuis le sol jusqu'à 5o mètres, l'électricité de l'atmosphère était positive , à cette hauteur, l'aiguille du galvanomètre marquait zéro; le cerfvolant montant toujours, l'aiguille indi(|ua une zone négative d'une épaisseur de 'xo mètres, au-dessus de laquelle des signes positifs reparurent; puis au-delà Taiguille aimantée indiqua un accroissement rapide d'mtensité d'électricité positive.
Schubler, dans les observations suivies de juin 181 1 à mai 18 l u, dont il a été question plus haut, a été con? duit aux conséquences générales suivantes :
1° Quand le temps est couvert, l'excès d'électricité qui se trouve dans l'air est encore positif; la force ou • la tension de l'électricité est plus grande en hiver qu'en cte.
2° Pendant les orages, lorsqu'il pleut ou qu'il neige, Télectricité est tantôt positive, tantôt négative; pour 71 jours positifs, il y en a eu 69 négatifs.
3" il arrive souvent que l'électricité change de signe dans la journée par le passage de nuages possédant l'une ou l'autre électricité.
Quelquefois la tension de l'électricité est tellement forte , que la pluie peut être étincelante. On a plusieurs exemples de ce phénomène; nous nous bornerons à rapporter le fait suivant , consigné par Taldo , dans son Es^
47 B DK L*ÉLECTIIICITÉ ATMOSPHERIQUE.
soi. nwtéomhi^iqne ^ P^g<^ î*74 : Le 22 septembre 1773, il tomba dans la Gothie orientale , dans un district nommé Scarra, une pluie des plus abondantes à la(|uelle succéda une cbalcuraccablantequi dura jusquà six lieures du soir; à ce moment la pluie commença h retomber, mais d'une manière très-singulière, car cbaque goutte jetait du feu en tombant sur la terre. • En général, tous les nuages sont électrisés; ils ne dif- (ÏM'ent entre eux et ne se distinguent des nuages orageux que par la tension plus ou moins gi-ande de Télectricité qu'ils renferment. Pour donner une idée de la haute puissfince électrique de certains nuages, même lorsqu'ils ne manifestent presque aucun effet, nous croyons devoir citer les résultats obtenus en 1757, par Romas, avec un cerf-volant de 1 mètres i/3 de hauteur sur i mètre de largeur, lancé dans les nuages à une hauteur de i83 mètres avec une corde dans laquelle il avait enlacé un fil de métal, {.^cadcmie //es srirncrs ^ savants étrangers ^ t. 11, p. 393, et t. IV, p. 5i4.)
<f Les effets électritjues du même cerf-volant ont été « bien autre chose, dans une expérience que je fis le 16 <c de ce mois, pendant un orage que j'ose dire n'avoir « été que médiocre, puisqu'il ne tonna presque point et « que la pluie fut fort menue. Imaginez-vous de voir rt des lames de feu de neuf ou dix pieds de longueur et rt d'iui pouce de grosseur, qui faisaient autant ou plus « de bruit (jue des coups de pistolet : en moins d'ime V heure j eus certainement tienle lames de cette dimen- « sion, sans compter mille autres de sept pieds et au- <f dessous. Mais ce qui me donna le plus de satisfaction « dans ce nouveau spectacle, c'est que les plus grandes <t lames furent spontanées, et que, malgré l'abondance du « feu ([ui les fornnait, elles toînbèrent constamment sur « le corps non électrique le plus voisin. Cette constance a me donna tant de sécurité, que je ne craignis pas d'ex- « citer ce feu avec mon excitateur dans le même temps « que l'orage était assez animé, et il arriva (jue lorsque « le verre dout cet instrument était construit n'eut que
CMAPITIXE VI. ' • 479
li (îcux pieds (le long, je conduisis où je voulus, sans sen- <( tir a ma main la plus petite romniolion, des lames « de feu de six à sept pieds avec la même facilité que a je conduisais des lames qui n'avaient que sept à iuiit « pouces. »
Les nuages plus ou moins électrisés doivent éprouver divers genres d'action de la part des montagnes, qui sont elles-mêmes éleclrisécs différemment. 11 faut prohablcnient rapporter a celte cause les effets observés dans les Andes par M. Boussingault , ([ui a eu occasion de remarquer des nuages parasites inunenses en largeur et venant s^atlaclier à la partie moyenne des cônes de tracliyte; ces nuages y adhéraient, et le vent ne pouvait les en délac^lier; la foudre sillonnait cette masse de vapeurs , et de la grêle mêlée de pluie ne tardait pas à inondei* le, bas de la montàgne. Rien ne s'opposait alors h ce que la grande quantité d'électricité que possédaient les nuages entourant la cime de ces montagnes, n'exerçât sur ces dernières une puissance attractive d'autant plus considérable (pi'elles étaient dans un état électrique contraire.
Des nuages orageux positifs. — On explicpie l'électrisation positive des nuages sans difficulté. Considérons le nuage à l'instant où il se forme dans un air tranquille et possédant, comme on le sait, un excès d'électricité positive; cette électricité se réunit en couches très-minces à la surface Je cha([ue globule vésiculaire que l'on peut considérer comme bon conducteur. Dans le cas oîi l'électricité est faible et où les globules sont peu rapprochés, il n'en résulte aucun effet particulier, et le nuage n'est pas encore orageux : seulement il paraît plus fortement éleclrisé (jue l'air environnant , parce qu'il est plus conducteur; si le nuage est très-dense, les vésicules qui le composent sont plus rapprochées, et on peut alors le considérer comme un conducteur continu : toute l'électricité qui se trouvait dans l'intérieur se porte donc à la surface, oîi elle est tenue en équilibre par la pression de l'air ambiant, il suit de là que lorsqu'urt uuage orageux se forme par la réuaion des globules
48o OB L'^SCraictTfi ATMOSPBiRlQUE.
v^iculaires, il doit renfermer autant (réieciricité que la masse d'iiir (jui lui a fourni tous 1rs globules vésiculaires; le nuage ayant une certaine étendue, on conçoit eoin- • , ment une très-faible quantité d électricité , d'abord disséminée dans un grand espace, acquiert une tension énorme (|uand elle se j)()rte à la surface du nuage.
D'après l'état électiKjue ordinaire de l'atmosplière, les nuages ainsi formés doivent être chaigés d'électricité positive. Quand ces nuages sont poussés par les vents , ils perdent leur électricité dans leur cours, et cessent alors d être orageux.
Des nuages orageux négatifs. — noages orageux pouvant être ou positifs ou négatifs, examinons quelle peut être Torigine des nuages négatifs. Les eifets électriques qu'on observe auprès des cascades indiquent un des modes *de formation de ces nuages. Si Ton présente un électromètre atmosphérique non armé de sa tige métallique à la pluie très-fine qui résulte de rëparpiUe* ment de l'eau dans le voisinage d une cascade, on obtient aussitôt des signes !d*é)ectricité négative. Volta a constaté ce fait, qui avait été observé avant lui par Trallesi noMeulemant HKHlessus des grandes cascades, mais encore près des rmsseiux qui se brisent en tombant sur des rt^bera,IUsiglja(Lto des signes d'électricité négaûvé mj^ parcourant un ravin , là
où^^^^^t était le plus impétueux.
^^j^Sy^Rets montrent que l'eau, en tombant avec une grandé vitesse sur des rochei s, s'éparpille en globules qui emportent avec eux dans l'atmosplière l'électricitt^ uégative inliérente à ces rochers, et par suite à la terre. On ne peut admettre que ce phénomène soit dû au frottement de l'eau sur les rochers, puisque la surface de ceux-ci est constamment humide; du reste, l'eau ne donne d'effet électrique de frottement que lorsqu'elle est a Tétat de vapeur à une tenq^ératurc élevée, et qu'elle vient frapper des corps analogues aux parois métalliques d'une chaudière à vapeur.
Les résultats suivants obtenus par de Saussure