CHAPITRE \l
nent encore prouver que des vapeurs ou (]qs nuages qui s'élèvent de la terre peuvent être électrisés. De Saussure se trouvait, le 29 juin 1 7(^6, sur le sommet du môle, à dix lieures du malin ; le vent venait clu sud; le temps («tait serein , à Texception de (juelques h'gers nuages répandus rà et là. Il avait remarqué que le soleil, dont les rayons frappaient la montagne , faisait sortir de son pied et des prairies adjacentes de pelits nuages hlancs qui s'élevaient et se dissipaient bientôt après, ou allaient rejoindre d'autres nuages qui llotlaient au-dessus de sa téte. Quand aucun nuage ne passait auprès de son éleclromèlre, il n'observait aucun signe d'électricité. Il en était encore de même lorsqu'un de ces nuages était assez grand pour envelopper tout le coiulucleur depuis sa pointe jusqu'à la terre; mais aussitôt qu'il venait raser la pointe du conducteur, ou même passer un peu au-dessus sans louclier en même temps à la terre, il obtenait des signes d'électricité, faibles à la vérité, mais non équivoques. Les nuages ue donnaient aucun signe d'électricité au conducteur quand ils comminii(|uaient avec la terre; dans ce cas, la décliarge s'opérait immédiatement dans celle-ci. Ces faits indiquent que les nuages ([ui s'élèvent de la terre peuvent être électrisés de même que le sont les goullelettes u'eau qui se trouvent dans le voisinage des cbutes d'eau, et tendent à monlrer, comme il a déjà été dit page 471» que les vapeurs qui se foi inent à la surface du globe euqiorlent une partie plus ou moins considérable de l'électricité négative que possède ordinairement la terre.
On peut se demander maintenant s'il ne se forme pas spontanément dans l'atmospbère des nuages cbargés d'électricité lU'gative en raison d'action par influence, comme on Cîit porté à le croire , lorsque l'on voit, dans les temps d'orage, les nuages positifs et négatifs se succéder rapidement. Celte influence nous est démontrée surtout par les effets tju'on appelle cboc en retour, dont il sera question plus loin, et qui montrent que la terre peut être dans un état électrique autre (jue celui qui lui est propre, en ruisou d'une action exercée par un
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nuage ëlectrisë. Rien ne s^oppose donc à ce qu'un nuage dense et foi'tcineiit positif (*xerce une action à distance tur un nuage faiblement électrisé, ou qui ne l'est point du tout, et en conunuuication avec la terre; dans ce cas, l'électricilc positive de ce second nuage est cliasséc dans la terre, tandis que IVleclricilé négative est transportée 8ur la surface la plus voisine du nuage dense; si alors une cause quelconque vient à rompre la communication avec la terre, ce nuage se trouve clectrisé nëgativenicnt.
Le dégagement de l'électricité par influence peut encore intervenir comme il suit, pour donner lieu à des nuages négatifs : La terre exercjant toujours une influence négative et Tatmosphère une inflence positive sur un nuage, il s'ensuit que ce dernier, quand il est à peu de distance de la terre, doit être plus fortement négatif à sa partie supérieure que dans les parties moins élevées ; une augmentation de température pouvant dissiper la partie inférieure du nuage, la partie supérieure restera éleclrisée négativement, et cette fraction de nuage, repoussee par la terre, constituera un nuaj^e négatif.
D'après le mode de formation des nuages positifs et " négatifs, il résulte qu'une condensation de vapeui*sest. toujours accompagnée d'électricité, et que la pluie doit toujours manifester des signes électriques.
Hauteur tics nuaifcs oruifeux. — I^es nuages orageux sont situés à des hauteurs diverses; certaines roches qui forment la partie culminante des plus hautes montagnes, portent souveiït les traces de fusion et de vitrification opérées par la foudre ; ces effets de fusion ont été observés au sommet de la montagne de Toluca, par M. de llumboldl, à /^Ouo mètres au-dessus du niveau de la mer. On peut donc dire que des orages peuvent se former à cette hauteur et même au-delà. On comprend aisément qu'ils puissent être assez élevés, quand on remarqne qu'en été ils commencent habituellement par des cirrus. (^Voycz page 386.)
On dit cependant, en général, que les nuages orageux, sont a&fiez bas j mais il ne faut pas couibndre le