CHAPITRE VI
ce phénomène, elle ne serait qu'un effet accessoire.
Telles senties bases sur lesquelles M. Espy appuie la nouvelle théorie des trombes. Le mouvement de déplacement du météore entier est très-faible relativement à la vitessedu vent dans l'intérieurdu tornado. M. Espy assure avoir constaté que la hauteur du !)aromèlre, dans Tintérieur de ce météore, est quelquefois 60 millimètres plus bas que vers les bords; que sur toute sa périphérie il existe une ligne courbe, fermée, le long de laquelle le baromètre se trouve à sa hauteur normale , tandis qu'audelà, en dehors, la hauteur barométrique est plus élevée de 9,0 millimètres, et do 10 ou 12 pour des météores d'une très-grande étendue.
En examinant les effets produits par le mouvement de translation , on trouve constamment que les arbres renversés , dont la cime est tournée vers les positions antérieures du C(Mitre du tornado, sont recouverts par les arbres tombés dans la direction du centre, à une éj)oque postérieure.
M. Espy assure avoir constaté par l'observation le mouvement de l'air vers le centre du météore, la dépression barométrique dans Tintérieur, le courant central ascendant , la formation d'un nuage à une certaine hauteur et son déversement circulaire quand ce nuage a atteint une certaine hauteur; enfin le mouvement de déplacement du météore en masse.
Pour que le phénomène ait lieu, M. Espy signale commecirconstance éminemment favorable, un air chaud et humide recouvrant une contrée ou une masse liquide suffisamment plane et étendue, assez tranquille pour que le mouvement ascendant de la partie qui est accidentellement la moins dense puisse se produire à une grande hauteur perpendiculaire au-dessus du milieu de l'espace échauffé et chargé de vapeur transparente; enfin, il faut que dans les régions supérieures l'air soit sec et froid, contrastant par conséquent avec celui du courant ascendant qui se dilate , et perde sa transparence par la précipitation de son humidité tout en con-
534 i>K héULCTRlCnÛ atmosphwque.
sflrvaat une densité moindre que Tair eovîronpantx La force asceasîoonelley au lieu de diminuer par refTet de l'ëlëvation de la colonne soulevée | ne fait que s'ac* croître avec la haulonr de la colonne, de mt^me (|irime colonne d'air chaud qui sort d'inie clicniiui^c ou d'un tuyau de poclc s'clèvc (r.iiilaiit plus haut que le tuyau est plus long. Il est nécessaire jiour cela (jue le courant ascendant, cliaud et humide, soit constannnent plus lé- ^ ger dans chacune de ses parties (jue Pair se trouvant à la même hauleiir en dehf)is de la colonne ascendciiitc. M. Espy a, en ( (Tel, clKU'ché à prouver, [)ar le calcul et ^ par lexpérienc e, cpie la colonne d'air luunide, regagnant en température par la vapeur qui se précipite une g9fi%/: tion de la chaleur que lui fait perdre son expansK|M|;^doit rester plus chaude que Tnîr situé à la même hau* teur de cli^ue côté. Il a appliqué sa théorie à la for-.^.^ roatîon d*un nuage analogue au cumulus aussitôt que^ l*air chaud et humide a atteint une expansion telle qu^ . le froid qui en résulte produit la précipitation dei'eau/' Il a expliqué également pourquoi, dans les petits tor-^ nados aont la violence est considérable « il doit se produire à une très-petite hauteur dans le centre du me»^^ téore, une dilatation suffisante pour précipiter de la| vapeur, ' - ; -
Quant ifù di^placement du météore^ M. Esp^ availbè qu'il pourrait dépendre d'un vent ordinaire qui ne trou^ blerait pas le mouvement ascensionnel de la colonne d'air l^mide; ces phénomènes ne se manifestant que lorsque les couches d'air inférieur sont très-calmes, il pourrait se faire que le vent en question régnât seulement dans les régions supérieures de ratmosjihère. Dans les latitudes mf)veîines, ce mouvement doit avoir lieu vers Touest , et dans les régions équatoriales, dans le sens des alises, cVst-à-dire vers l'est.
Enfin M. K'^py tire comme consécpience de sa théorie que dans plusieurs localités, comme à la Jamaïque, les hrises de mer donnent lieu à un mouvement fie l'air semblable à celui qui constitue le tornado^ et qu'il en
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r&ulte également de la pluir, de l'orage, à des heures ^' fixes de chaque jour d'cité ; que de soinhlahles effets se retrouvent dans les éruptions volcaiiiques et dans les grands incendies de forêts, en admettant toutefois det circonstances fiivorabies de calmei de chaleur et d'hii« miditë.
Il serait à désirer oue les principes sur lesquels s*a ppuie M. £spy pour expliquer les trombes fussent vérifié^ par Texpérience» pour savoir jusqu'à quel point sa tliéorie doit inspirer une eotière confiance; oortainement. Il dit possible aue les courants d'air interviennent dans la productiim, ne ces métëorea, mais jusqu'à présent, d'à* près ce que nous avons vu dans la description des phé* nqmf^y on est porté à croire que la cause dëtenni* imle . jàe^jyp^^ proprement dites, est Télectricité, quand on vint surtout cet agent produire des effets tellement analogues à ceux qu'elles présentent, qu'on doit être tout disposé à leur attribuer une origine commune.
^U.^De ia gréU.
La grêle est un des phénomènes météorologiques qui offrent le plus de difficulté dans leur explication. Pour . apprécier la valeur des théories mises en avant, il faut décrire le phénomène et toutes les circonstances qui précèdent et suivent sa production. M. Arago a publié a ce sujet, dans V Annuaire du Bureau des Umgitude4 pour i8'^8, un article plein d'intérêt, auquel nous renvoyons le lecteur, et dans lequel nous puiserons nousmêmes quelques détails. ,
La chute de la grêle est toujours précédée d'un bruis* sèment particulier dans les airs, que l'on compare à celui que fait entendre un sac de noix que l'on agite fortement ; elle est, en outre, toujours accompagnée d'effets électriques^ comme la pluie et. la neige ; le tonnerre se fait quelquefois entendre avant le bruit pré> curseur; Il se fitit entendre aussi pendant la chute même. Il semblerait donc que l'électricité Intervient d'une ma»
5S6 DB L*iLBCTRlCITll ATMOSPffilllQUB,
nîèns quelconque dans la production du phénomène; mais comme de pareils efifets se produisent dans les pluies orageuses, on ne peut en conclure que réellement la grêle ait une origine électrique. Nous ferons observer encore qu'à l'approche d'un nuage de grêle ^ rëlectroniètre change fréquemment de signe, en même temps qu'il indique de grandes différences dans Tintenaité électrique.
' La grêle tombé sous les tropiques comme dans nos climats, mais il paraît que dans les plaines elle est fort rare; ainsi, à Cumana, elle est inconnue, mais à 5oo ou 600 mètres au-dessus du nÎYeau de la mer, elle devient
plus commune.*
Dans nos climats , la grêle se forme le pins ordinairement dans le printemps et Tété, aux heures les phis chaudes de la jouruée ; rarement il en tombe pendant la nuit.
Nous ciLerons à cette occasion le tableau donné par M.Kaemtz, pour représenter la frc(juei)co de la grêle aux diflérentes heures du jour; les nombres (juc ce tableau renferme sont les résultats de toutes les grêles qui sont tombées en x\llemague et en Suisse à la connaissance de ce météorologiste.
On voit que c est vers deux heures de l'après-midi , ou ' au moment de la plus forte chaleur du jour , que la grêle est le plus fréquente, et que le printemps et l'été sont éminemment favorables à sa production.
La grêle précède les pluies d'orage et les accompagne quelquefois, mais rarement elle les suit. Les nuages qui déversent la grêle sont ordinairement trèsépais, et ont une nuance cendrée qui leur est propre ; leurs bords sont échancrés, et leurs surfaces sont remplies çà et là de protubérances très*irrégulières : on a remarqué qu'ils sont en |énéral peu élevés.
Pour donner une idée de l'espace considérable du ciel et de la terre qu'occupe quelquefois ce fléau dévastateur, nous rapporterons (juelques détails sur l'orage qui a ravagé une partie de la France et de la Uol-
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CHAPIXAE VI.