CHAPITRE VI
non vaporisées, qui se transforment alors en flocons do neige. Chaque flocon, chaque parcelle de neige, chargé d'éleciricité et d'humidilé prise au premier nuage , est attiré par le second et emporté par lui. Pcndnfit celle excursion , il y a perte d'électricité par rayonnement, puis évaporation d'une partie de la couche humide, d'oîi résulte un aijaissenient de températui*e et par suite solidiflcation de la portion restée liquide autour du glohc neigeux. La tension électrique étant diminuée par cette influence, le glohule est moins attiré, tombe dans le premier nuage, s'y recharge, s'y mouille, ainsi de suite jusqu'à ce que les grêlons aient acquis assez de densité pour toml)er vers la terre. Suivant cette hypothèse, le bruit qui accompagne le phénomène de la grêle n'est pas dû au choc des grêlons, mais aux dérhai*ges électriques; le choc seulement pourrait l'augmenter. Le rayonnement électrique, ainsi que l'évaporalion de riuimidité des gré- Ions, contribue à donner des formes anguleuses aux grains. 11 faut donc, pour (pi'il y ait formation de givle, deux nuages chargés d'électricités contraires dont les particules vésiculaires possèdent une grande tension électrique et ne cèdent que lentement leur électricité à 11 périphérie. La température ne doit pas être de beaucoup supérieure à zéro, et les échanges électriques doivent produire une rapide évaporation. Cette théorie rentre dans celle de Voila, sauf la cause du refroidissement des nuages; les mêmes objections s'y appliquent.
M. Kaemlz pense que la formation de la grêle tient simplement à la basse température des hautes régions', où les particules d'eau se solidifient. Il admet que, lors du grand échauffement du sol, les colonnes ascendantes humides viennent se condenser dans les régions élevées en petits cristaux de neige; à mesure que cette couche de cirrus devient plus dense, quelquefois des cumulus se forment. Si les particules neigeuses emportées par les vents traversent des espaces humides, alors elles s'accroissent et forment du gr(^îil ; ensuite leur chute dans les parties basses dépend de la constitution du reste de lat- •
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niosplière. Si les gréions sont petits, et que la tem- ^ përature des régions supérieures soit encore élevée, les grêlons pcuvenl fondre pendant leur chute; toutes les gouttes de pluie qui en résultent condensent à leur surface une grande quantité de vapeur d'eau : de là ces gouttes larges de pluie cjui précèdent les orages et qui tombent par pelitts averses comme la grêle. La température est-elle très-basse , si les gréions sont chassés borizonlalement , il se précipite sans cesse à leur surface une nouvelle (|uantité dVau, et leur volume s'accroît.
Le décrofssement rapide de la température est donc, suivant M. Kaemtz , la principale condition de fonnation de la grêle. Cependant, suivant cette manière de voir, on ne conçoit pas pourquoi les chutes de gréie s'étendent sur un espace fort long et très-peu large , comme dans l'orage de 1788. C'est, du reste, ce que l'on n'a pu en- ' core expliquer.
11 résulte de ce qui précède, que l'on n'a pas d'expli* cation sa'tisfiûsante du phénomène de la grêle, et qu'il est nécessaire que les physiciens recueillent de nombreuses observations pour en interpréter toutes les phases.
SECTION V
M L*ou«in DB L*iLamiciii AniosniaiQi».
Nous avons vu que l'intensité de 1 électricité positive
de l'atmosphère va en augmentant à mesure que l'on s'élève au-dessus de la surlace de la terre, et que, au contraire, lorsqu'on cherche à reconnaître Télectricité inhérente au globe, on a des signes d'électricité négative; d'après cela, l'on peut concevoir que la terre et l'atmosphère sont constituées dans deux états électriipies différents, ou bien que la terre et l'atmosphère sont toutes deux électrisé("s de la même nianièrt^ niais avec des tensions différentes. Dans le premier cas, les effets observés s'expliquent facilement; dans le second, leiectrisation peut être positive ou négative : si elle est positive, la