‹ Éléments de physique terrestre et de météorologieChapitre 31 sur 202 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

terres « «Ne & jusque yen 49** ^ même 5o* ao'; à

Cologne, eu Allemagne, elle ne dépasse pas 5i^.

Dm lignes isothermes > — Les températures moyennes annuelles sont inflaencées, à latitude égale, par nn grand nombre de causes que nous n'indiquerons qu*après avoir exposé les lignes isothermes; mais comme celle UinpiTature varie dans le même lieu avec la hau« leur, on est forcé de la réduire au niveau de la mer, suivant l élévation dos points que l'on considère : réduction ([ui exige que l'on connaisse la loi de la diminution de la température avec la hauteur, et dont nous parlerons dans le paragraphe suivant.

\je premier tracé des lignes isothermes est du à M. do llumboldt, qui a renchi un grand service à la météorologie en fournissant un moyen de suivre les lois de la distribution de la chaleur sur la surface du globe. \ l'i* poque oii il publia son travail, les ohservations n\'taient pas encore assez nombreuses, surtout dans les régions polaires el. à la surface des mers, pour que Ton pût y accorder une fptière confiance. Aujourahui, grâce aux expéditions scientifiques qui ont sillonné les mers et nous pouvons ajouter les terres dans tous les sens, on a réuni un grand nombre de matériaux qui permettent de compléter ce travail. M. de Humboldt a divisé Thé* nùsphère boréfil^^sous le rapport des lignes iaothermeS| depuis réquateur jusqu'au pôle, eu dix MIK

1*^ zona de à aS'' de température oentigrade.

zone de à ao^

3* — de 20** à i6**

4* — de. iSn lo** ^ èt lo^à 5**

6' — de 5* à

/ de o^4^ 5*

8« de-. à^io""

9*^ — de— lo*' à--i5^

lo*^ zone comprenant les régions polaires. Cette grande division est adoptée aujourd'hui et nous

[uorx^ torride.

lOO DE LA TSMP. D£ LA TERRE.

servira de guide dans la description des lignes isothermes.

M.Kaenitz avait donné, en i83iynne nouvelle carte de lignes isothermes ; depuis cette époque , il a modifié son travail en proGtant cies observations ikites dans Tinté* rieur des à>ntinent$ et dans les régions polaires. M. Berghausy en i838, antérieurement à ce dernier travail, a publié, dans son Jtlas physique^ une carte des lignes isothermes , sur laquelle se trouve le tracé de M. de lluinboldt, modifié par un grand iionihre (rol)strvations faites depuis. La planclie V , (|ui csl relative aux. courants marins, représente aussi les isothermes de M. Berghaus, tracées sur une carte suivant la projection de Mercator;en suivant leiu* courbure, on voit l'influence énorme qu'ex(Mcent les conllnents sur leur dirtn lion. T.a lii;ii<* ponctuée est récjualeur de cli.ilcur, forme de la rciiinon de tous les points dont la tem|)('ratin'e est un maximum. Cette ligne s'écarte peu de l écpialcur terrestre et le coupe en deux points; son trac<% vu le mauque d'observations, n'est pas encore bien arrêté. Sous l'équateur, la température moyenne est de 27",5; sur les cotes ceci* ( dentales des deux continents, elle est un peu moindre; dans Tiptérieur des terres , elle est plus élevée que sur les côtes, parce que les pluies sont moins abondantes, le r iel plus serein , et par conséquent Tinfluence du soleil plus énergique. £u Afrique, où IW est échauffé fortement par de vastes déserts sablonneux, cette différence est .notable; la température de l'équateur s'élève à ap** et au-delà pour des points situés à plus de âoo mètres audessus du niveau de la mer.

Nous donnons ici la description nouvelle des lignes isothermes de M. Kaemtz, postérieure à celle de M. Berghaus, qui est de 1838, mais que Ton peut suivre néanmoins à peu près sur le tracé de la planche Y.

<c L'isotherme de coupe la côte occidentale de « VAmérique, un peu au nord d'Acapulco; elle passe par « la Véra-Cruz , et un peu au nord de la Havane ( ternie pératurc a5'\o ). A Test du méridien de cette ville,

• " Digitizoa by CoOglc

GHAPITBZ I. lOr

ic elle forme une légère convexité vers le nord , et s'ait baisse sur la côte occidentale de TAfrlque , qu'elle «coupe entre le cap Blanc et l'eniboucbure du Sénégal, « vers iS** et 19*" de lat. N. De là elle s'élève brusque- « ment vers le nord, passe par le nord de la mer Rouge, « puis par Abuscheher, sur le golfe Persique( lat., a8° « f5'; temp., a5%o), et atteint pmhablement ici son « point le plus septentrionnal. Plus à Test, elle descend

• « vers le sud , coupe le groupe des Philippines dans la « partie boréale de llle de Luçon par 16^ à 17^ de lat. « N. (Manille, lat., 14*» 36'; lemp., a5**,6).

<c L'isotheime de ao^ coupe la cote O. de l'Aroéri- « que, au milieu de la Californie, par 28^ et 39** de « lat. N. £lle s*élève un peu vers le nord ; puis elle mar^ ff che parallèlement à rec[uateur, jusqu'à ce qu'elle at- <r teigne la côte orientale d'Amérique, dans la Caroline

, « du Sud, par 32** de lat. N. ( Fort-Johnston, lat., .34**o', u teinp., i9",'>-; cantonnement Jésup, lat., ^i" 3o', temp., a 20", A j. J:^lle s'abaisse un peu vers le sud, lai.sse les « Bermudes (lat.,3'>." uo'; temp. , au nord, et

« passeentre Madère et Ténérinb ( Funclial, temp,, 1 8**,^; a Sainte-Croix de Ténérifïe , 2f",9). lin Afrif[ue, elle « monte brusquement vers le nord, passe près de Tunis « et d'Alger; là elle semble suivre la direction de la « cote, (|ui court du nord au sud, et passe entre l'île de « Candie ( lat., 3.5" 9.9'; temp., ly",*) ) et le Caire ( lat., « 3o",ui temp., 22'*, 4). Il est probable que dans l'inté- « rieur de l'Asie elle s'élève de nouveau vers le nord « pour s'abaisser ensuite vers la côte orientale, qu'elle « coupe dans le voisinage de Formose.

« L'isotherme de i5" coupe la côte O. de l'Amérique, « près du fort de San-Francisco, dans la Nouvelle-Ca« « lifornie; elle marcbe droit à l'est , et atteint, dans « l'état de Delaware , une latitude 4e 37" à 38'* (Fort- « Savern, lat., 38** 54'^ temp., i3°,9; Cbapel-Hill, lat, it 35** 54', temp., i5**,7; INashville, lat., 36® 5', temp., « i5*',4)* 1^ là elle s élève vers le nord et atteint la « cote O. de l'Europe , à la limite de TEspagne et du

lOa DE L4 TlîMP. 0£ LA TEBR£.

« Portugal ( Lisbonne, lat., 38° 4^' » temp. , 1 6°,4)î P'»'?^ (c elle passe au iiui d de Jiume ( temp., i5",4) t*t traverse « la partie septentrionale de la Turquie. Cette ligne atu teint la côte orientale de l'Asie , dans la partie méri- « dionale de la Corée et du Japon (Nangasuki, lat., 32^ •c 4^^' » temp., iG",o).

«L'isotherme de ro" coupe la côt»^ occidentale de « l'Aniériquc à remhouclinre de la Colombie (Fort-Geora ges, lat., 4^" ^^'i temp., lo", i; Fort-Vancouver, lat., M 45° 36' N. , temp., 1 i",5 ), s'abaisse vers le sud, tra- « verse la partie septentrionale de l'État d'Ohio, et at- « teint près de New- York Hat., 4i" 55', temp., io**,o; < Norih^âalone, lat. 4 1*' ^0 % temp., 8%^ ).lci risotherme «de 10^ présente une grande convexité vers Téquateur; « puis elle s'élève brusquement vers le nord^ passe dans « le voisinage de Londres(ial., 5i® 3i', temp., io",4); ce Dublin (lat.| 53^ai^ teinp.,9'',5). C'est la plus haute a latitude que cette isotherme atteigne; car elle s'abaisse « ensuite vers le sud, passe par la Bohême (Prague, lat., « 5o** 5i', hauteur au-dessus de la mer, 196 mètres, « temp., 9^5); Dresde (lat. 5 1 ^3', hauteur, 1 17 mètres, « temp., 8^5) ; la partie septentrionale de la mer Noire a (Nicolaîeff, lat., 46** 58', temp., p^3; Sëbastopol, lat., «44^ 35'| temp., it^tS). Cette isotherme coupe pro- « bablemeat la cote Ë. de TAsie au nord de Tile Nipon.

« L'isotherme de 5^ coupe la c6te occidentale d'Ainé- « rique au nord de la Nouvelle^Archangel , sur File Fit- « cha (lat., 57°, temp., 7*^, 1). Toutefois, elle semble venir « du sud; car Boulouk, sur File OunaUsclika, et par la « latitude de 53^ 53', parait n'avoir qu'une température « de 4^- ËHe descend ensuite vers le sud , coupe le lac « Miciiigan ( Fort-Brady, lat., 46" 39', hauteur, 180" , « temp.,4",9),et la cote O. de rAinérique, dans l'État '^u « Maine (Eastport, lat., 44 54'> temp., >/*, 4 ; Halifax, «r lat., 45° 44 1 temp., G*^, u ). Elle traverse ensuite la para tie méridionale de Terre-IVeuve , passe au nord des « Feroë , coupe la côte noi Nvégiennc à la hauteur de a Drontheim ^lat., 63^ a(>', temp., 4%5) Dès quelle a

CHAPITRB II Io3

«f traversé les Alpes Scandinaves , elle s'abaisse ters le « sud, passe au nord de Christiania (temp., 5°,4j m Stockholm (temp., S^^^ô), au sud de Kasan et de Mos- « cou, et atteint la côte d*Asie an milieu de la chaîne des «r Kouriles.

« L'isotherme de zéro ^ en partant de la cote O. de « rAmérique , se dirige vers le sud , passe par la partie c méridionale du lac de Winipcg, et coupe l'angle S.*£. et du Labrador. De là elle s*élève brusquement vers le « N.-£.> touche le cap Nord de la Norvège (cap Nord, «lat., ni^ io\ temp., o%i), descend brusquement vers « le sud dans l'intérieur de la Laponio, parallèlement à ff la cliaîne Scandinave, traverse Vextrémité septentrio- « nale du golfe de Bothnie ( Uleaborg , lat., 65",o, « lemp., o^*,^), passe au nord de Rasan, Slatoust ( lat., a 5.)", 8, hauteur, 3()o"\ IcMup., o",^), et Ik'rnaui ( lat,, « 53*^*20', h;iuteur, 118", teiiip. , i",7), s'élève sur la « c(')to orientale de l'Asie, vers le N.-E., et la coupe vers «le .)G' parallèle au milieu du KLaïutschalka ( Pétro- « paulavsk, lat., 53", temp., 'x\ot\).

« Les isothermes j)re(:etleiiles auraient pu éti'C tracées « sur une carte, suivant la projection de Mercator, tan- « dis (pie celles (|ui suivent ne peuvent être suivies dans « tout leur cours que sur une sphère terrestre ou sur « une carte de projtM tion polaire , puisqu'elles ne font « plus le tour de la terre, et forment dans chaque con- « tinent deux systèmes de coui hes concentriques.

a L'isotlierme de — 5° commence probablement vers « Fembouchure du fleuve Mackensie, pénètre dans Tin- « lérieur du continent d'Atnérique, et atteint vers 92^ a de long. O. et de latitude N. son point le plus mé- « ridional. Se dirigeant ensuite vers le N.-E., elle passe «par les parties septentrionales du Lahrador( Naiu^ « fat., 57"3o', temp., — 3%6; Okak, lat., 57® o, temp., « — 3%6), et coupe la côte occidentale du Groenland à « la hauteur du cercle polaire. Dans notre continent, cette « ligne se trouve entre la mer Blanche et la Nouvelle « Zambie; elle passe à plusieurs degrés au nord de To-

Io4 OB hk TBMFr DB T.â TERRE.

« bolsk, atteint sous le méridien dlrkotzk son point le «t plus méridional, puis s'élève do nouveau vers le N.-E., a et traverse la côte orientale de T Asie^ dans le pays des « Jakoutes.

c L'isotherme de — i o** coupe la partie septentrionale « du lac de l'Ours ; puis elle passe dans le voisinage du «• Fort-Relîance (lat., 60.^ temp., — i o^,a),et s*élève « ensuite de nouveau vers le nord. La courbe du vieux « continent traverse la Nouvelle-Zemble (Felsenbai, lat., «70® 37',tenip., ()*^,4f ^ft^otschkin-Schar, lat., 73** i5', « teinp., — 8'',4)) passe dans le voisinage de Jakouzk (lat.» • 62",a,haut., 1 15", lerap., — 9^,7); puis, s'ëlevant vers « le N.-E., elle atteint Nischni-Kolymsk (lat., 68** 18', « temp., — io",o). •

a I/isothenne de — 1 passe au sud de l'île de Mciville « parle Porl-Elisabelh , dans l'île de Bootliia ( lat., 65° « 59', teinp., — 15",7), puiss élève au nord de l'île Igloo- « lik (lat.,6c)"uo', tenij)., — i6'V) ), la cote seplenlrionale « (le la Sibérie. Cette ligne paï aît couper la côte à place sieurs degr(\s à l'ouest du cap Taimura : elle passe « peut-élre aussi par Ustjansk. »

Il n'a été question dans ce qui précède que des lignes isothermes situées au nord de ré(juateur; quant a celles qui sont au sud, et dont JNI. Herghaus a fait le tracé, comme on peut le voir planche V, elles inspirent peu de confiance à cause du manque d'observations. Nous ferons remarquer toutefois que, dans l'hémisphère austral, où il existe moins de terres que dans Tautrè hémisphère, les causes locales exercent nécessairement moins d'influence sur la température moyenne; aussi les lignes isotliermes diffèrent-elles moins des parallèles terrestres.

§ 111. — Des causes (fui influent sur la température inojenne. — Température des pédes,

La température d'un lieu dépend d'une foule de causes que Ton peut di viser , comme Ta fait M. de Humboldt, en causes générales et en causes particultèm.

Les causes générales sont : la latitude du lieu ; son éléva^

CHAJ>1TK£ 1. 105

don au-dessus du niveau de la mer; la position relative, à latitude égale, des continents et des mers, qui n*ont pas les mêmes pouvoirs absorlMint, émissif et réflecteur.

Les causes particulières peuvent être partagées ellesmêmes en causes terrestres, atmosphériques et maritimes. Parmi le» causes terrestres, nous citerons: Tin égalité des terrains; la direction des chaînes de montagnes; Tétat de la surface terrestre, selon qu'elle est dénudée ou couverte de végétation; la forme et la masse des terres; leur proloiij^enunt vers les pôles; la quantité de neige qui les couvre en hiver; eniiu, les cliangements résultant (le la culture.

Les causes atniospliériques sont relatives à l'humidité de Pair; aux variations harométri(jues; à la tranquillité ou à l'agitation de l'atmosphère et h sa pureté, etc.

Les causes maritimes, dans les régions tempérées, sont relatives à la configuration des côtes, à l'est ou à l'ouest des continents; à la présence plus ou moins prolongée des glaces polaires; aux courants marins dirigés des basses vers les hautes latitudes, ou réciproquement. Toutes ces causes tendent à élever ou à abaisser In tempév rature moyenne. Parmi celles r(ui élèvent dans nos climats cette température, ou distingue parti(^ulièrement l'absence de glaces polaires; les chaînes de montagnes abritant ou garantissant des vents froids; la rareté des marais, le déboisement d'un sol aride et sablonneux; la proximité d*un courant marin ayant une température plus élevée que celle des mers environnantes.

Parmi les causes qui abaissent la température moyenne d*un lieu, on peut citer l'élévation de ce lieu au-dessus du niveau de la mer avec l'absence de plateaux étendus; la proximité d'une cote orientale dans les latitudes hautes et moyennes; la conliguration sans sinuosités sensibles d'un continent vers les pôles jusqu'aux glaces perpétuelles; les chaînes de montagnes mettant obstacle à l'arrivée des vents chauds; le voisinage de pics élevés le long des pentes desquelles il se produit des courants descendants d air froid pendant la nuit; de vastes forêts;

tq6 DE LA mÊWé VE hk TBRRB.

de nombreux martMi un ciel bruineux qui s'oppose à U radintion solaire | un ciel serein hivernai favorisant sin»

gnlièrement le rayon netneot terrestre.

Le soleil agissant d autant plus obliquement sur une contrée que sa latitude est plus élevée^ la température moyenne, pour une même élévation au-dessus du niveau de la mer, toutes choses égales d^ailleurs, doit donc dé-» croître de Féquateur au pôle. Ce dëcroîssement suit une loi très-complexe, en raison des causes nombreuses qui interviennent pour le modi6er.

Sous les tropiques , où la hauteur du soleil est tou-« jours considérable dans le cours de l'année , la dififi»* rence de latitude a beaucoup moins d'influence que dans les riions tempérées; du reste, les courants marins et aériens qui régnent constamment contribuent encore h égaliser les climats.

Dans les latitudes moyennes il n'en est plus de môme. Il est hien dilTicile de suivre le dt'croissement progressif de la ten)pérature de r('(|uateur au pôle, par la difîicullé de se mettre en garde contre l'inHuence des causes secondaires perturbatrices; cependant on a déjà recueilli quelques données (jiii laissent eiitievoir la marche (ju'il suit sous certaines latitndcs. Ce dccroissement paraît être le plus lapide, comme le fait remarquer M. de Huniboldt - {/isie reiitrale^i. III, p. if)o), dans les deux continents entre les parai IMes de [\o et /|5** : « Dans le système des « climats de l'I^urope occidentale , la température « moyenne qui correspoiul à cette latitude est de i3" à « i3", 8, et le mois le plus froid y atteint encore 3 et a 4" <lc température movenne; c'est la belle et fertile « zone qui traverse le midi de la France, entre Valence ft et Avignon, et l'Italie entre Luoques et IMiian; c*est a la zone dans laquelle la l'égion des vignes touche a celle « des oliviers et des citronniers, ^uile part ailleurs, en « avançant du nord au sud, on ne voit accroître plus « sensiblement la température; nulle part les productions « végétales et les objets variés de Tagriculture ne se sue- . « cèdent avec plus de rapidité. »

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