CHAPITRE I
près à leur poinl de départ, eoinme cela est arrivé pour les Alpes. i)n ne [)cut douter, en effet, que les blocs que l'on retrouve à une certaine distance, jusque sur les pentes du Jiu a , ne proviennent de fragments détachés de ces premières niontagnes. Ces fragments ont-ils été amenés par des débâcles et transportés par les eaux, ou sont-ils des moraines de grands glaciei's alpins qui ont disparu? M. Cliarpcntier , en admettant la seconde hypothèse, a montré que, pour cette région, ce fait s'evpliquerait facilement en supposant que toutes les Alpes se fussent abaissées, les glaciers ayant dû, avant cet abaissement, s'étendre plus loin qu'aujourd'hui. . ^
On a émis une autre opinion^ (|ui consiste à supposer que la terre s'est trouvée jadis dans une phase de refroidissement, pendant la({uclle les glaciers des hautes montagnes du globe ont avancé davantage; et qu'ensuite, s'étant échauftée, ils ont rétrogradé. Si ce fait était constaté, il viendrait à l'appui des vues émises par M. Puis* son sur l'origine de la chaleur centrale (Voyez pag. 39).
M. Martins pense qu'il ne suffirait pas d'admettre un abaissement de température considérable pourexpliquer l'ancienne extension des glaciers. En effet, la température moyenne de Genève est de 9**,56. La limite inférieure des neiges éternelles dans les régions environnantes est de 2700 mètres au-dessus du niveau de la nier, et les grands glaciers de Chamonix descendent en moyenne à i55o mètres au-dessous de cette ligne. Si l'on admet que la temptTature moyenne de Genève s'abaisse de 9-**, la limite des neiges s'abaisserait de mètres, et les glaciers qui sont à ii5o mètres audessus de la mer descendraient également de la même quantité. D'un autre côté, un glacier descendant d'autant plus bas (|u'il vient de plus haut et que raccuniulation des neiges est plus considérable, le pied des glaciers serait à /joo mètres, au lieu d'être à i 1 5o mètres au-dessus du niveau de la mer. Un abaissement de 4" dans la température nioyenne de Genève, qui deviendi'ait alors celle de Stockbolm , ferait donc arriver les
ia9 Dtt GLàCIBRS.
glat icrs (lu Mont-lilaiir jiis(|u'an lac do (iont've. C'est cet abaissomeiit do toinporatuio {|ui est admis par les j»«*oiogiK's pai'lisaiis do la |)(M i()d<» glarioro.
On a aussi iiivcxjiio, on favoiir de celle second(^ livpnthoso siH" le Iransport dos blocs erratiques, les slins parallèles croiiscos sur des roelies, (pie l'on oIjscm vo eu plusieurs points du t^lolio, niais principalement dans les Alpes, oïl le pliénomcne a été le mieux étudié , stries qui sont analogues à celles qui provîeaueot (lu frottement des glaciers.
Si les blocs erratiques et les stries creusées par leur transport ne provîenneat pas de débâcles, et sont dus à d'anciens glaciers plus étendus que ceux qui existent à présent y il a fallu qu'un changement physique très» grand se soit produit à la surface de la terre; néanmoins cette manière de voir est encore un sujet de contro« Yerse. Il est nécessaire que de nouvelles observations vîennentéclairer ce point important de physique terrestre, et jeter quelque jour sur les changements climaléliques qui ont eu lieu lors de la dernière révolution du globe, avant Tapparition de Thomme sur la terre.