CHAPITRE H. l3l
T.orsqu'on étudie un teri'ain, il serait souvent inij)ossil)l(! de reconnaître son âge relatif ou plutôt son rang de superposition, si les débris orgaiiicjues cpj'il renferme ne servaient pasà lecaractéiiser. Cesdéhris fournissent également des documents j)récieux sur l'épocpie relative de l'apparition des êtres auxquels ils appartenaient, sur le développement de la vie, ainsi que sur les modifications
Su'ellc a éprouvées à la suite de changements sui*venus ans l'état physique du globe. Il existe effectivement une telle dépendance entre les coiulitioas physiques extérieures et les êtres qui existaient à une certaine époque, que Ion peut jusqu'à un certain point, en compnrant la flore ét la faune de ces temps primitifis à celles des temps actuels, avoir quelques données sur les climats sous lesquels ils vivaient. - ;
Comment lâ vie a*t-elle paru sur le globe, ou^ en 'd*autres termes, comment la matièce a-t-elle pu s'or^ ganiser de manière à former des êtres jouissant de la nculté de se reproduire, tant que les conditions dimatérîques n'éprouvèrent pas de changements très-notables? Comment la vie a-t*elie pu se présenter sous dé nouvelles formes quand ces changements ont eu Heu? La science reste muette à ces questions; ne pouvant pénétrer les mystères de la création, elle doit se borner à ' étudier les faits et les causes qui les modifient^ à établir leurs rapports et à en déduire les conséquences les plus immédiates.
ÎAis forces créatrices ne s'exercent j)lus aujourd'hui comme dans les premiers âges du monde, en raison des changements survenus dans les climats et d'autres causes (pli sont inconnues. La vie, efTectivement , ne peut se développer que sous certaines conditions atmosphériques et sous l'influence combinée de la chaleur et de la lumière. Si ces conditions et cette influence sont différentes, les phénomènes de la vie le sont également , et il doit en resullci- des modifications (pielcoiupies dans l'organisme; notre ignorance est telle , au surplus, sur la nature des forces créatrices, que si, par une cause
l32 l>£S ClIANGEJf. SU AV. A. LA SUAF. J>U CLOB£.
uelcoiiqne, tous les êtres étaient détruits, les substances
iverses composant la croûte terrestre volatilisées par un
excès de elialciir, el \ eut ensuite un refroidisse-
ment f^raduel, les composes inort;ani{|ucs et les divers teri'iitiis se reformeraient d'après les lois qui régissent la matière, tandis que nous ne vovons pas comment les germes des animaux et des végétaux pourraient se reproduire.
11 faut donc admettre l'existence d'une puissance créatrice, (jui s'est manifestée à de certaines époques, qui n'agit plus aujourd hui «puî pour perj)étuer les espèces actuellement vivantes, et non pour former de nouveaux germes; mais, si une nouvelle révolution avait lien, les organes de l'iioujme, des animaux et des plantes se ujodifieraient peut-être pour fonctionner dans des conditions difléreiite^; des espèces disparaîti*aient, d'autres nouvelles peut être aussi se montreraient.
Lorsque la matière a commence à s'organiser , tout porte à croire qu'il a dû se former d'abord des corps mous et gélatineux, de l'organisation la plus simple, représentant, soit des zoophytes, soit des matières végétales, qui auront été promptement détruits, en raison même de leur constitution, de la température élevée des milieux ambiants et de la nature des eaux de cette époque. Il est à présumer que cette première organisation a dû se ikiredans les eaux dont la température était de 8o<*à puisque nous voyons des conferves se développer et vivre dans des eaux thermales ayant cette température. Nous citerons encore, d'après M. de Humboldt, d'autres limites qui doivent être prises en considération ; ce célèbre voya* geur a vu des plantes herbacées supporter une température de 52** dans les plaines de l'Orénoque, et d'autres croître dans un sable noir ayant une température de 60**.
A Tépoque où s'est formé le terrain cambrien, le plus ancien des terrains sédimentaires, composé de grauwackes schisteuses et de différentes couches de calcaires, il existait déjà des brachiopodes , des entroques et des polypiers, eu petit nombre à la vérité, à en juger par les débris que