CHAPITRE 11. l
recèlent les diverses parties de ce terrain. Ces espèces étant déjà composées dans l'échelle des êtres, il est prohahlo que la vie avait dû paraître depuis longtemps sur la terre. Entre le terrani caiiihrieu et le suivant eut lieu le soulèvement du liundbi uck.
Pendant la formation du tiiraii» silurien, postérieur au terrain cambrien, et composé de calcaires et de schistes micacés, on voit apparaître des trilobites, des productus, d(\s térc'hratules , etc., et dans le règne végétal, des fucoïiles, piaules aciuaTupies, elc. Acetteépo- (pie, la terre devait être couverte de mai écages: aussi les premiers êtres formés ('laient-ils organisés de manière à vivre dans les eaux ou les tei-rains humides.
Dans les premiers terrains de sédiment on trouve des débris des deux règnes organiques; on se demande dès lors si les animaux ont été créés avant ou après les végétaux^ ou simultanément avec ces derniers? Les naturalistes n'ont pu répondre encore à cette question, attendu que ces débris organiques sol^t presque tou* jours mêlés ensemble. On est porté à croire néanmoins *'que la vie a dû commencer par les végétaux, attendu que les animaux se nourrissent de matières organisées, et les premiers peuvent prendre seulement dans latmosphèreet dans Teau leurs principes nutritifs.
Le terrain devouien, qui comprend le vieux grès rouge, des grès divers et surtout des schistes anthraciteux , nous apprend , par les débris organiques assez nombreux qu'il renferme, que la faune de cette époque se composait de polypiers, de différents genres de mollusques plus ou moins analogues à ceux qui avaient paru précédemment, de radiai res et de nombreux poissons; et la flore, de fougères, de calamités et de plantes peu différentes ie celles qui devaient concourir à ja formation de la houille, et dont les débris ont servi à constituer les plus anciens dépôts de combustibles.
La vie avait donc déjà une grande puissance; sauf quelques genres, les espèces qui existaient alors sont éteintes, ce qui fait supposer que les conditions climaté-
l34 DES CHAN6CM. SURV. A LA SURF. DU 6LOBK.
riques étaient tout autres que celles dans les({uelles nous nous trouvons. En général, on rencontre peu de débris de végétaux dans les premières formations; peut-éti'c u'exis» tait-il pas encore dans Fatmosphère une quantité sufïïsanté cl(' gaz acide carbonique pour que la végétation pût se développer avec force. On est d'autant plus porté à le croire, que Tanthracite, dont l'origine végétale ne saurait être mise en doute, ne tarda pas à se montrer aussitôt après l'apparition des premiers dépôts calcaires*
Les dépôts calcaires étaient dus probablement à des eaux thermales chargées de bicarbonate de chaux et d'autres sels de même base qui sortaient des fractures produites par la dislocation du sol. Une portion du gax acide carbonique s'échappait dans l'air, tandis que l'autre restait en dissolution: une partie du carbonate de chaut se précipitait, et l'autre partie, ainsi que la chaux des autres composés, servaient à la formation du test des mollusques et des polypiers , (|ui ont concouru ensuite h la constitution des terrains calcaires, fja composition de l'atmosphère devait donct^lre différente de ce qu'elle avait été avant. La végélation devint alors plus vigoureuse, et le biunnc qui colore les premiers calcaires niuntre bien rabondancc des matières végétales. On plaeeà cetlcépoqne le deuxième soulèvement, celui des ballons.
ISous aiiivons à la Ibrmation de la bouille, sur laquelle diveises opinions ont été émises; mais les géologues ont adopl<^ assez généralement celle de Dehic, <|ue M. Adolplie lîrongniart a apj)ii}ée de preuves, et qui consiste à considérei- les bouillères comme analogues à d'anciennes tourbières, dans Its(juellps les vé- • gétaux, entre autres les é(|uisétace.s , les sigillaria, etc., ont été enfouis sur place; par suite d'un abaissement grailuel du sol, le lieu s'est rempli d'eau, puis de détritus de rocbes, qui ont formé le grès bouiller et les schistes argileux; les excavations étant comblées, une nouvelle végétation s'est développée, ainsi de suite, de sorte que Ton a eu des alternatives de bouille et de grès. On est d'autant plus porté à admettre cette opinion, que
CHAPITBS II. l35
Ton trouve clans des houillLTcs des troncs verluaux cr(îu\, dont riiiltTiinu- est rempli d\in grès qiicl(|uel()is difïérenl de celui qui entoure la périphérie. Cet l'tal de • choses indiipie nécessairement une formation de hoiiille à 1 endroit même où la végélalion s'est développée.
La houille disséminée dans le grès houiller est formée de la jvunion d'un grand nond)re de végi'laux qui ont conservé leurs earac U res dislinctifs après leur décoinpusition. Les grès suhordomiés renferment des troncs et dos liges /les schistes les empreintes dv> feudles. D'après M. Aihdphe Bi'ouguiart , la ilore houillère se compose de cryptogames vascuIaireS| fougères, lycopodiacées, équisélacées, ou familles analogues, et de phanérogames» gymnpsp€inDè|, couêlitiiaut la plupart des familles détruites, voisines des conifères et des cycadées. lies fougères en forment la^moitic environ, les lépido- . dendrees (analogues aaxlycQpodiaçëes)» près d'un quarts le reste se rapporte aoK conifères et aux familles gymnospermes actuellenneni 4^.MrilitiB^ ^sigiliarû^y stigmariai
noggerathia, etc.). De to|^^é(|%.^i(4tP^""^> "® ^ trouve maintenant d'analogttèsy' presque identiques, que quelques fougères qui croissent dan» [es régions tropir cales et dont plusieurs sont arborescentes. Les monocoiylédones et les dicïotylëdones vasculaires ne paraissent pas avoir de représentants daâjj^feUe floreu .:,t>^^-.
Arrétons-nous un instant péur signaler un^M-^m' ractëristique de cette époque, lit. ïaméson a constaté que les plantes des kouillères des contrées boréales de 1 Amérique sont semblables à celles qui se trouvent dans nos dépots houillers. M. Robert Brown a trouvé, de son côté, (|ue les fougères des houilles de la Nouvel^ le-Hollande sont du même gemc que celles de notre continent. Doit-on en eoneluri' (pie la végétation était uniforme sur loule la surlace de la terre, pai' cela même que la chaleur centrale exerçait encore son action à Textérieur d'uiu; manière assez marquée poui- que la différence des saisons et des climats ne fiU pas encore hien sensible^ et que la température, p^r cvuséqueul , était à
l36 DES CHANGCM. 8UBV. A LA 817RF. DU GLOBB.
peu près la mêiiuî sur loiis les points de la surface terrestre? Celte consécjuenee j)araîl assez naturelle; mais M. Alphonse de Candolle ne l'admet pas. Comment, dil-il, les mêmes végétaux ont*ils pu vivre à température égale sous la lumière intense des régions équatoriales et dans les contrées horéales qui en étaient privées pendant une grande partie de Tannée? La lumière étant indispensable aux fonctions respiratoires et exhalantes des plantes quand la végétation est bien développée , on ne pourrait admettre que celles qui conservent leurs feuilles et ouvrent leurs stomates à la lumière douze heures sur vingt-quatre, eussent pu supporter une obscurité complète pendant plusieurs mois.
M. liccoq a combattu cette objection. Suivant lui, beaucoup de plantes vivent dans robscurité et à la lu- • . mière , comme les fougères que Ton rencontre au fond des puits avec leur couleur verte; il suffit donc d'une iàible lumière diffuse pour entretenir les phénomènes de la vie dans ces plantes. D'un autre côté, les forêts nourrissent des v^étaux qui sont privés à peu près de l'action solaire par l'ombrage des arbres. T^a même chose a pu avoir lieu h répo(}ue de la végétation houillère. Plusieurs espèces, abritées sous les larges feuilles impé* nétrables des grands végétaux, devaient parcourir toutes les phases de leur existence en ne recevant qu'une faible influence solaire; ces mêmes végétaux pouvaient donc vivre aussi bien à leiupératui e sensiblement égale sous Téquateur que dans les régions j)olaires. Ces raisons seraient de natui-e à réfuter robjection de AI. de Candolle s'il ne s'ai^issait, j)onrla flore liouillère , que de plantes herbacées, d'arbustes ou d'arbres de moyenne grandeur. Mais les observations de MAÎ. Jameson et Robert Hrown portent principalement sur des fougères qui, en raison de leurs dimensions colossales, devaient être exposées sous l'équateur à une vive insolation. Cette nouvelle difficulté pourrait être néanmoins cond)attueen disant (ju'il a bien pu se faire que la haute température de cette épo(|ue pi*odui$it une atmosphère vaporeuse, un voile épais