CHAPITRE II
soulèvements du Hainaut, de quelques parties de la Saxe et du Harz. La formation de calcaire cessa et fut remplacée par celle du grès vosgien , dans lequel on n*a encore trouvé qu'un très-petit nombre de fossiles, consistant seulement en empreintes rares de calamités et de conifères.
Le grès bigarré , qui vient après , comme en Amé» riquCy conserve des empreintes de pas d*oiseaux, et celui de Hesse des pas de batraciens.
' Après le grès vosgien eut lieu le cinquième soulè* vement; ensuite commença la période du trias, ter* rain formé, comme son nom l'annonce, de trois parties : le grès bigarré , le calcaire conchjlien , et les marnes irisées qui occupent la partie supérieure. Il faut aller jusqu'au calcaire pour trouver des débris organiques appartenant à un grand nombre de'coquilles, l'ammonite è nœuds, la possidonia minuta, des encrines, des trigonies que l'on voit pour la première fois , et qui se retrouvent dans les terrains supérieurs jusque dans la craie; les produclus sont remplacés par les grypliéos, etc., etc. On rencontre dans quelques contrées, comme à I^unéville, dans le Wurtemberg et dans le pays de Hareutb, de grands sauriens. Le règne végétal est représenté par des fougères d*espèces particulières, des cyc4dées, et par des plantes nouvelles.
Pendant cette période, l'apparition de nouvelles sources ealearifères produisit encore un dégagement de gaz aeide earbonlcpie , suivi d'une végétation vigoureuse et d'une nouvelle formation de bouille.
Nous arrivons à la période jurassique, pendant laquelle, en raison de sa grande durée, la vie s'est développée trancpiillenient, aucune grande catastrophe n'étant venue l'interrompre. T es terrains auxcpiels elle a donné naissance se composent de dépôts alternatifs, d'argile, plus ou moins sableuse, et de calcaires de diverses espèces, souvent oolitiques. Les dépôts d'argile ont été formés probablement à l'emboucbure des fleuves, et ont constitué ainsi des deltas. Dans la partie inférieure de cette forma*
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tion se trouve le lias, ou calcaire à grypliée arquée, ainsi apprlé à cause du grand nombre de coquilles de ce nom qu'il renferme. Les parties inférieures présentent parliculièiement diverses espèces d'éciiinides.
Les grvpliées se rencontrent dans les parties moyennes, et lesbélemnites que Ton voit, pour la première fois, dans les pai'ties supérieures. Celle même for*mation renfcM'me, en outre, un ^rand nombre (rammonites de diverses espèces, et des eocpiilles nouvelles qui disparaissent bientôt après. Le lias eonunence à nous montrer les ielitlivosaurns et les plesiosaurus , (jui tiennent à la fois du lézard, du cioeodde, (lu poisson et des mamuiifèies. La longueur des premiers pouvait aller jusqu'à sept mètres; celle des seconds, jusquà ([ualre. On voit paraître également, pour la premièie fois, les ptérodactyles ou sauriens volants. Tous ces fossiles sont accompagnés d'une quantité innombrable de coprolites (pii en provenaient. Les débris de poissons et de reptiles trouvés au milieu de leurs squelettes prouvent que ces êtres se nourrissaient d'animaux aquatiques.
Parmi les sauriens de cette époque, on cite le megalosaurus, tenant à la fois du crocodile et du monitor, et dont la longueur pouvait aller à quinze ou vingt mètres.
Les conifères déjà signalés sont rares dans le lias. Sa flore était formée de cycadées et de diverses espèces de fougères, qui produisirent quelques dépôts de combustibles.
Au-dessus du lias se trouve le système oolitique, composé des quatre groupes suivants, caractérisés chacun par les fossiles qui leur sont propres.
I** Groupe de la grande oolitique. Ce groupe renferme la grypbea cymbium, Tostrea açuminata, aestérébratulesy diverses espèces d'ammonites, et une grande quantité de coquilles variées. Dans les manies à calcaire nssile« des mammifères, représentés par des marsupiaux et de grands cétacés.
Les conifères y sont plus abondants que dans le calcaire conchylieu , et sont accompagnés de cycadées et de fougères différentes des formations précédentes.
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a** Croupe oxfordien. Il renferme abondamment des ammonites, et une espèce nouvelle de gryphéos, Toitrea Marshii, etc.
3** Groupe corallien. Il est raiaetérisé par de nombreux polypiers et des inatlrepores d'un giand nombre d'espèces, el par un nombre eonsitlérable de coquilles, parmi les(juelles nous citerons des nérinées, des astartes, des éelunodermes , etc.
4** Groupe portlundie/i . Ce gr()U[)e renferme une immense quantité d'huîlres et d'exogyres d'espèees particulières, des anunonites. On y trouve aussi, comme dans le précédent, de j)etlts amas de cond^istible.
Ces doiuiées sufllsent pour avoir une idt'e du climat de l'Europe occidentale à cette époque; mais avant d'en parler, nous indiquerons quelle était, la configuration de cette partie de la surface du giobe. Pour bien se i*endre compte des changements ojpéréSy il faut reprendre la carte, planche 111, fig. qui représente la formation carbonifère, et la comparer à celle que nous allons décrire fi g. 1 de la même planche. Les parties légèrement ombrées représentent les mers , celles qui le sont davantage se rapportent aux terres situées alors hors de l'eau.
Le soulèvement du Thuringerwald, en exhaussant le terrain triasique sur différents points, avait rattaché des portions de grès bigarré au plateau central delà France, entre Moulins et la Châtre, entre Brivcs et Tulle, aux environs de Rhodez, de Satnte-Affrique et de Lodève. Ces mêmes grès y ainsi que le calcaire conchylien, avaient concouru aussi à augmenter l'île da Yar. Les Vosges et la forêt Noire prirent également de l'extension , d'une part à l'ouesl , dans la Lorraine, de l'autre à l'est, et rattachèrent ensemble plusieurs parties séparées. Tous les îlots qui marquaient la place de la Grande-Bretagne furent réunis par le soulèvement du terrain triasique. Eu même temps que de nouvelles terres surgissaient au-dessus des eaux, d'autres s'affais* saient; celle qui s étendait de Cherbourg à Perpignan
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fut coupée vers Poitiers , en formant un détroit où l'on trouve aujourd'hui la fornialion jurassique , puis morcelée sur les bords et réduite à un isllnno tiés-étroit vers Ilhodez. Tout ce (jui était compris eutic Nice et Inspruck fut coniplétcineut enfuncé. Les portions de tfire qui pouvaient exister dans les lieux où se trouvent Paris, Londres , etc., à l'époque houillère, avaient probablement dispaiu, attendu que le terrain jurassique parait se prolonger partout au-dessous du sol où sout situées ces capitales.
Quant à la Scaudinavie, nous n^avons à signaler aucune formation nouvelle ni les etfets d aucun cataclysme, puisque sa constitution physique n*a pas changé.
]>a configuration des terres se trouve assez nellement • indiquée sur la carte jurassique, pl. 111, fig. L espace occupé par la mer est précisément celui dans lequel se • sont déposés les divers terrains jurassiques.
A l'époque jurassique, il y avait encore une grande uniformité dans la température terrestre , car les dépôts sédimentaii'es s'étendaient dans Tintérieur de la Russie, jusqu'au delà du cercle polaire. Cependant les dépots cfargiie ont une telle puissance , que les fleuves qui les ont formés à leur embouchure devaient avoir une grande force. L'abaissement de température devait rendre les pluies plus abondantes, et auginenter par suite Tctendue et la violence des cours d'eau.
Les continents commençant à prendre de l'extension, et la terre continuant à se refroidir, le climat continental devait présenter des différences avec celui des c(Ues, ce qui n'avait pas eu lieu d'une manière aussi scnsihh- ])endant la piw iode houillère, oii faction des r<)r( (\s organi(|ues paraît avoir été à peu pics la même sur tous les points de la surface du globe.
Les iciithyosaurus, plesiosaurus , pterodact) lus , etc., fpil j),H'aissaient pour la prenùére fois, vivaient alternativement comme les crocodiles, dans la mer, dans feau douce, et sur terre. Ces animaux devaient donc se ti onver à l'eiubouchuic des lieuves : aussi la présence de
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leurs ossements ilans une localité anuonce-t-elle le voisinage dim ancien continent.
Les terrains liouillers étant d'une formation d'eau doure, il est à croire que Vvldl du globe aux épo(jues les plus anciennes, était analogue à celui des temps jioslérieurs , sauf les diOérences provenant de la diversité des elimals; aussi les terres étaient sillonnées par des courants d'eau douce, comme elles le sont aujourd'Inii. En raison du peu de relief des continents, les eaux de la mer devaient se mêler aux eaux douces et les rendre saumâtres. Les mollusques et les zoophytes étaient en si grand nombre^ que leurs dépouilles forment des couches entières.
Lors de la formation houillère , il existait déjà plu* sieurs ordres d'insectes que l'on retrouve encore ça et là dans les dépots jurassiques.
Quant à la flore, les cycadées, qui avaient acquis de grandes dimensions, formàient la moitié des plantes connues de cette époque. .
La période jurassicjue étant accomplie, de nouvelles conditions atmosphériques et terrestres, par suite du soulèvement du système de la Côte-d'Or, amenèrent la formation du terrain crétacé inférieur, dans lequel les polypiers, tes radiaires et les InoUusques continuèrant à se montrer abondamment, et auxquels tl fiiut ajouter un grand nombre de genres et d'espèces nouvelles. I^s gryphées, remplacées par les exogyres, cessèrent de se montrer, et Ton vit pan^tre de nouvelles espèces do bëlemnites et d'ammonites. Les premiers dépots crétacés renferment des paludities, dont la présence annonce des afiluents d'eau douce dans la mer où ils se sont formés, et des lignites provenant de conileres ; les dicotylédons n'existaient pas encore.
Dans le grès vert et la craie tufau , les déhris organi(|ues y sont très-abondants ; nous mentionnerons, pnnm les poissons, les scpiales, qui ont remplacé les poissons sauroides et les sauriens nageurs.
Le terraiu crétacé supérieur , dont la craie propre-
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mciil dite fait partie, est eomposé, comme dans quelques localités, d'une immense quantité de coquilles microscopiques appartenant au groupe des foraminifères. On y rencontre des bélemnites d'espèces particulières, etc., et| dans la partie supérieure, Tanimai de Maëstricht, énorme saurîen , ainsi que des débris de mammifères cétacés , tels que lamentins et dauphins. Les deux tiers des espèces de la craie appartiennent à des genres qui ' n'existent plus aujourd'hui.
Ijl flore de la craie proprement dite ne présente qu'un petit nombre d'espèces appartenant en général à des plantes marines; tandis que, dans la formation crayeuse en général, on cite parmi les espèces recueillies: des fucoîdes, des fougères,' une cycadée^un conifère, etc.
.La carte de la mer crétacée (planche lY , fig. i), que nous devons encore à M. Élie de Beaumont , fiiit connaître la configuration et l'étendue relative des terres et' des mers dans l'Europe occidentale pendant le dépôt du terrain crétacé inférieur. Les parties les plus fortement ombrées sont les terres; celles qui le sont moins, représentent des mers.
Une portion des dépôts jurassiques ayant été soulevée au-dessus des mers par le système de laCôte-d'Or, la forme et la disposition des continents furent considérablement changées. Les contours des terres ne sont autres que les limites inférieures de la craie.
A répo(|ue précédente, l'Europe formait trois îles séparées ; dans cette période, ces trois îles sont réunies et leurs contours sont changés. Bruxelles , ({ui était au milieu des terres, se trouve ici sur la côte; Arras, Dunkerque, Maëstriclit, Paris, (|ui étaient au-dessus des eaux, sont maintenant au-dessous. Kntrc Dresde, iierlin et Prague, se trouve un lac; entre Perpignan et C>arcassonne , un dclioit. La faible portion des Pyréuées déjà existante est en partie submergée.
Les Vosges, qui formaient des côtes, se trouvent au milieu des terres ; la mer qui les séparait est comblée.
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Langres, Nevers, Lyon, Toulouse et Osford se trouveut en terre ferme. Vers Poitiers il existe un istlime; de Perpignan à Cracovie , il y a une suite continue de côtes ; entra Bruxelles et Oxford, un vaste golfe ; entre Saltzboure et Avignon, il existe une grande île qui occupe la place future des Alpes ; à la place que doit occuper la Suisse se montre un canal qui sépare cette île de la terre ferme; Toulon forme une petite île, et la place de ÎNIarseilie est occupée par des îles de très-peu détendue.
La chaleur centrale continuant à diminuer, Tinfluenoe des saisons devait être plus sensible, et d'autant plus que la croûte de la terre, augmentant en épaisseiu', s'opposait à la transmission de la chaleur centrale. Après la craie eut heu le soulèvement des Pyrénées. Avant d'arriver au terrain parisien, au-dessus de la ciaie, le 8'' et le f)^ souh venient s'étaient effectués. I^es terrains tertiaires supérieurs ne se formaient plus (ju'cntre certaines limites qui ne dépassaient pas le )o" de latitude, quant auv terrains calcaires, car lelativemcnt aux formations arënacées , les dépôts se sont effectués jusqu'au cercle polaire, comme la Norvège en offre des exemples.
Ces terrains commencent par des argiles dans lesquelles on rencontre pour la première fois, avec des cbnifèreSy des phanérogames monocotylédons, des palmiers, des dicotylédonsy des coquilles d'eau douce , et, dans la partie supérieure, des coquilles marines. Audessus des argiles se trouvent des bancs puissants de calcaire grossier renfermant une immense quantité de coquilles, particulièrement de cérites d'espèces dififérentes de celles actuellement vivantes , des madrépores et des restes de cétacés ayant leurs analogues dans nos mers ; vient ensuite le calcaire siliceux, dont les parties inférieures renferment beaticoup de coquilles fluviatiles^ telles que lymuées et planorbes. Après se présenté la formation gypseuse; la faune de cette époque avait plus de ressemblance avec celle de Tépoque actuelle, pkr cela mèmé' qu'elle renfermait un plus grand noinbre de
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mammifères. Ces derniers appartenaient au genre palœotherium, anoplotlierium , ayant de la ressemblance avec le rhinocéros et le laj/n , etc. Les oiseaux .ctaieut en moins granid nombre que les mammifères; peut-être leurs organes étaient-ils trop sensibles pour vivre dans un^. atmosphère qui n'était pas encore entièremept épurée ; cependant, nous devons &ire observer qu'il en existait avant, puisaue dans le grès bigarré, en Amérique, 011 a trouvé des pas d*oiseaux de graïuir dimension , et des ossements de cette classe danimaux, dans les parties les plus infi'rieures du terrain crétae(''. Quant aux poissons, ils avaient la plus grande ressemblance avec^ ceux des mers aetuelles.
Après rarn;il<''plasll(jue, on ne reneoutre plus (jut; des débris (Tun nombre assez considérable de véizt'taux disséminés çà et là, et appartenant soit à des phi n tes marines, soit à des j)lanles terrestres, comme les palmiers, ou représentant seulement des ei}ipreiutes de dicotylédones.
T.es débris organiques renfermés dans le terrain parisien prouvent , d'après M. Elie de Beauniont, que la température de la terre h l'époque de la formation de ce terrain , dans nos contrées, était encore celle de TÉgypte. L'abondance des pluies y ctait telle, qu'il devait se former de grands fleuves. Les eaux des continents devenaient plus pures, puisque les dépots marins sont plus nettement séparés que dans les formations précédentes.
M. Elie de Beaumont a représenté dans la carte, planclie IV, fig. 2, la configuration de r£uropc continentale à l'époque de la formation du terrain parisien. Im partie ombrée indique les mers qui existaient à cette époque et dans lesquelles cette formation s'est effectuée.
La constitution géogi apluc^ue de TEurope occidentale, après la période jurassique, fut changée par le soulèvement du mont Yiso et par celui (pii produisit- ensuite les Pyrénées, les Apennins et toutes les chaînes parallèles. Le premier ébranla tellement l'Europe , que la