CHAPITRE II. l5l
plus gi*an^ partie du gl(>l»e, qui l'tait alors sous les eaux, lui souirvre j)ouï- foniiPi' un conlinent. i.c uiotif exprupie poiiivjiioi les terrains |>;irisi»'tis ont })eu (Tetendue. Les (lé|j('>ts de sédiment (jui les composent se trouvent concentrés, «Tune part, dans la Bclgi(pie, l'Artois, la Pieai'die, l lle de France, la Normandie et les côtes opposées de TAuglclerre, et, de l'antre, aux ef>virons de Bordeaux; o»i en trouve à peine (juelcjues traces bien caractérisées, dans d'autres localités; il v avait alors très-peu de mers intcrieui es. 11 ne restait plus du vaste océan des précédenles pér iodes qu'une partie du golfi" limité jadis veis C'ambridge, Oxfoid, l'Acter, Cherbourg , Angers, Poitiers, rétréci en plusieurs points et augmenté ailleurs aux dépens de Tajiclenne presqu'île de Bruxelles. Cet océan communiquait probablement avec des restes des mers du Nord.
Après le terrain parisien eut |ieu le lo* soulèvement (système de Corse) ; pùis parut le terrain de molasse > plac^ y 4^^. ,|f ' au-dessus des gypses, et fojriinlaiiit' sou vent ifés masses de grès dans lesquelles on réncoiiti^e que]quc||bi> dçs coc[uilles du caU caiic grossier, des dépôts lacustres remplis de lymnéeSi de planorbes, etc.; dans d*autre^ contrées, ce terrain n*a plus cette constitution :. il commence ordinairement par des dépots d'eau douce renfermant des lignîtes, et qui sont tantôt calcairesi tantôt arénacés, comme dan« plusieurs parties du midi de la France. Il arrive aussi souvent que le calcaire est subordonné au grès. Ces premiers dépôts sont quelquefois recouverts, comme eu Touraine, de faluns ou détritus de coquilles apparte^ tiant à des espèces dont les ^ix<huit centièmes, iTaprès M. Desbayes, sont identiques avec celles (jui vivent dans nos mers. ■ . ' ^ ' ♦
Ces terrains renferment en outre des espèces de palaeotherium différentes de celles du gypse, des débris de mastodonte, de dmotherium giganteum. Le combustible y est très-abondant et s*y trouve à l'état de lignite, comme en Languedoc, en Proveuce et en Suisse^ il
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provient de conifères. T>ps plantes dicotylédones y sont fort nombreuses. On y trouve des bois à letat siliceux. Dans les argiles qui accompagnent les lignites, on rencontre des empreintes de feuilles de dirot^lédones appartenant à des noyers, ormes, érables, bouleaux entièrement semblables à ceux qui existent aujourd'bui. Des plantes monocotylédones et des bois ayant la structure du palmier se trouvent au milieu des dépôts de combustible, dans les sables et les argiles.
Parle soulèvement des Alpes occidentales ( ii^ système) toute TEurope fut ébranlée. Jje sol compris entre Constance et Marseille prit un grand relief. Ensuite parurent tous les carnivores appartenant aux genres ursus, liyscna, felis , canis, qui habitaient les cavernes; après quoi eut lieu le la*^ soulèvement, celui des Alpes principales.
Le terrain subapennin, qui vient après, a une origine lacustre et marine. La première division, observée
dans la Bresse, est composée de dépots alternatifs de
galets, de sables et d'argiles grossières. La deuxième division, qui s'étend de Tm'in à Textrémité de Tltalie, est formée priiicipaleinent de matières sableuses, au milieu desquellf.s so Irouvcnl des eouelies de marne. Cette division renferme un grand nomhi ede ( (xpiilles n)arines dont la moitié vivent aujourd Inii dans la Méditerranée. Les formations les plus nouvrlKs sont doue celles qui renlérment le plus de coquilles seuiblables à celles qui existent aujourtriiui dans nos mers. Il existe dans ce terrain des lignites qu'on exploite avec avantage dans plusieurs localités. On doit rapporter à cette formation le remplissage du terrain jurassi(jue par des mineiais de fer, drs brèclies osseuses , comme à Olte, Aiitibes, Gibraltar, etc. Dans les formations précédentes, la nature organique se revêt de formes nouvelles qui se rapprocbent de plus en plus de celles de notre époque. Les animaux mammifères ne se montrent en erand nombre que longt^ps après la craie, alors que 1 air ne renfermait plus qu une très-faible portion de gaz acide carbo-
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nique qui ne s*opposait plus à leiir entier développement. La végétation devait être encore néanmoins très-vigoui*euse9 autant quel*onen juge parles grands dépots de lignites que l'on rencontre dans les parties inférieures des argiles plasti({ut's , et qui ne se distin* guent des houilles qu'en ce qu'ils ne sont composés que de dicotylédons ou de conifères.
La période dont il est question , c est-à-dire celle qui a commencé après la craie, a dû être très-longue. Suivant jM. Elle (le lieaumont, elle a été interrompue par le sou- , lèvement des montagnes de la Corse et de la Sanlaigne. Il faut placer ici le i3' et dcrnici" soulèvement. En tlésiguant les soulèvements par des numéros , nous avons en cela suivi l'usage; mais M. Elle de Bcaumont ne l'adopte pas, attendu que des observations ultérieures peuvent conduire à la découverte de nouveaux soulèvements, que Ton intercalera entre ceux que nous con- w naissons et que nous avons décrits.
LEurope, après lapparitiou des Alpes principale^, reçut sa forme et son relief actuels; puis parurent les alluvions anciennes, composées de tous les dépôts qui se sont laits dans les rivières, dans les mers, les lacs, etc., avant les temps historiques. Elles sont le résultat de grandes débâcles ; leurs dépôts dépassent le niveau que les eaux açtuelles ne sauraient atteindre, et couvrent tous nos continents. Ces alluvions ont été rapportées à l'époque du déluge , et ont été appelées , en raison de cela, dilu%fium; mais aujourd'hui, comme l'on sait que les Andes sont le résultat d'un cataclysme plus récent, il serait plus naturel de rapporter le diluvium aux alluvions de cette époque. \
Le douzième cataclysme donna naissance à la mer MéditerranéeyOu du moins à sa communication avec l'Océan. De très-grands courants d'eau sVtablirènt dans toutes sortes de directions, et sillonnèrent les dépôts à découvert. Le volume des eaux fourni par les lacs, dont les digùes l^^i^ifans doute rompues^ n'étant pas en rapport avec la giopd^ des effets produits, il est à croire qu'il
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fut prodigieusement accru par la fonlc suhile des neiges et des glaricrs aceuinulés suv les Alpes occidentales.
(Test lors (le ce cataclysme qu'eut lieu la séparation de la France et de l'Angleterre, aussi l)ien cpie celle d(î 1 Irlande; le golfe de Bothnie s'<\st peut-être produit aussi à celte époque, attendu que les dejtrits coquilliers cpii se trouxuit en quelques points sm* les côtes sont tout au plus contemporains des terrains subapennins.
( >u rapporte à celte épocjue gt-oloi^ique lt;s blocs errât icpjcs et ranéanlissement de races d'animaux (pii s'étaient formées depuis la formation des faluns. Les débris de mammifères trouvés dans les terrains de transport appartierment aux génies éléphant, mastodonte, hippopotame, i hinocéros, tapir, cerf, bœuf, hyène, mégatlierium, etc. On y trouve un mélange de carnivores et d'herbivores; les premiers étaient à peine représentés à 1 époque du gypse. 11 est à remarquer que les animaux des tropiques sont mélangés avec les espèces des zones tempérées, et même de la zone glaciale.
Celte révolution (jui a bouleversé une grande partie du globe, depuis la hauteur de l'Espagne jusqti'au centre de l'Asie, a été accompagnée d'un refroidissement ({ui a donné lieu aux climats actuels. Avant cette révolution, la température moyenne était peut-être, suivant M. Élie de Beaumont, la moyenne des températures qui s'observent, sous les mêmes parallèles, oans les autres partics du monde; tandis que, aujourd'hui, cette température est différente par suite du changement de relief. Quoi qu'il en soit , les palmiers ont cessé de végéter en £urope depuis lors, et les plantes dicotylédones ont considérablement aca*u en nombre. I^es éléphants, les rhinocéros, les panthères, ont cessé de paraître ; la faune a été remplacée par celle qui existe aujourd'hui.
Doit-on rapporter au dilnvium cet ossuaire immense des côtes de Sibérie et des îles adjacentes? Des animaux entiers ensevelis sous les glaces conservent encore leur chair depuis des milliers d'années ; K\s éléphants , les mastodontes et les rhinocéros y sout couverU de poils,