CHAPITRE II. l
indices qui portent à croira qu'ils étaient destinés à vivre dans des climats glacés. Ces animaux ont pu êtise surpris lors de débâcles occasionnées par un soulèvement, et entraînés à plusieurs pieds de profondeur dans un sol constamment g( lë. Ils ont pu aussi être entraînés très-loin par les rivières, qui les ont abandonnés au milieu des sables où le froid les a promptcMucnt saisis. Ivour (Itslruction , en tout cas, est refîet d'une révolution subite.
Nous ari lvons à l'époque de Tapparition de rijoiniiK; sur la terrt;, dernière œuvre de la création. Cette apparition est-elle contemporaine de celle des grands paclivderines, ou bien l'a-t-elle suivie? On Tignore. L'absence d'ossements fossiles butnains dans les alluvions anciennes fait suppose!" fjue I boimne ne parut (jiie lors- ([uc la terre fut à l'abri des grandes révolutious qui avaient si fréquemment botdeversé sa surface.
Depuis , les volcjuis, les tremblements de terre, con* linuent h agir; certaines contrées se soulèvent journellement; des volcans sous-marins se font jour malgré * les eaux; les forces organiques produisent des îles ou des bancs de coraux; mais tous ces phénomènes n'ofit pas réagi sensiblement ni sur la configuration générale^ ni sur le climat des continents.
Des terrains de sédiment ou alluvions modernes sont formés, depuis les temps historiques, à l'embouchure ou le long des fleuves, dans les lacs et les mers, qui se remplissent peu à peu de tous les débris que leur apportent les eaux; dans les marais, où se forment des tQurbes, et oîi se. déposent du fer limoneux et des carapaces d'infusoires. Dans tous ces dépôts^ il se produit souvent dçs tuCs calcaires. On doit rapporter encore k cette formation les dépots roquilliers marins, dans lesquels on trouve des restes de nndustrie humaine , comme on en voit sur les côtes de la Sicile et de Fltalie, et les brèches k osse* ments humains de la Guadeloupe.
En résumé, la matière organisée s'est mo^lvéç, dans les premiers temps de la formation de la terre , sous des
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formes d'abord peu variées mais déjà composées. A répoque des houilles, la famille des fougères formait plus de la moitié de la flore. Lors de la formation jurassique, les cycadées et les conifères se montrèrent eu très-grande proportion; les espèces, les genres, les familles, devinrent ensuite plus nombreux jusqu'à l'époque actuelle. Le règne animal a suivi la même marche. D'abord des zoophytes, des mollus(|ues, des crustacés et des poissons, qui s'associent aux insectes, aux reptiles, aux cétacés, aux mammifères et aux oiseaux. L'homme parut en dernier lieu.
11 ne semhle pas y avoir eu d'interruption dans la série des créations : les forces organiques ont toujours agi, en procédant du simple au composé. Jusqu'à la formation houillère, il y avait uniformité de températurc sur toute la surface du glohe, et par suite uniformité de création pour tous les êtres qui exigeaient une égale action solaire; mais des changements étant survenus peu à peu dans l'état calorifi([ue, l'humidité et, dans la composition de l'atmosphère, les forces organiques furent nécessairement modifiées ; de là le développement incessant des deux règnes. A l'époque actuelle , où la chaleur intérieinv n'exerce plus d'influence sur les climats, oîi la configuration du globe ne change plus sensiblement par suite de violentes commotions intérieures, et où la composition de l'atmosphère ne semble pas éprouver de variations, les modifications dans l'organisme ne paraissent plus porter que sur les variétés.
L'état calorifique de notre globe est aujourd'hui à peu près statiotmaire ; mais en sera-t-il toujours ainsi dans la suite des siècles, cela est douteux; car les grandes révolulioiTs ayant eu lieu à des époques extrêmement éloignées, rien ne nous prouve (ju'il n'y en aura plus de nouvelles. A la vérité, la croûte ayant acquis plus d'épaisseur est moins exposée à se rider que par le passé ; mais il n'est pas dit pour cela qu'aucun plissement ne se reproduira plus , surtout quand nous voyons , par les tremblements de terre et les volcans, que les actions in-