CHAPITRE JI
térieiires n'ont pas cessé, et que certaines parties du
globe, telles que les côtes de la Baltique , sont soulevées contiiHiellenient. Si l'on fait attention en outre qu après le soiilèvcuieut des Alpes occidentales, le climat de l'Europe fut nindifie, on ne peut prévoir, les changements qui s'opéreront uïi jour sur la surface du globe, puisqu'ils (It pendront de la eoniiguration des continenls; il pourrait donc arriver que, par suite d'un exhaussement , la France eût le même climat que celui du Ca* iiada.
j II. — Époque de la dernière révolution du i^lobe,
A-t-on des moyens de supputer l'époque cNî la dernière révolution du globe (|ui a mis les mers dans leurs bassins actuels? Dans l'impossibilité où l'on est de préciser cette époque, on en est réduit h évaluer approximativement le temps qui s'est écoulé depuis qu'un changement déterminé sous les influences atmosphériques ou autres y et qui continue encore de nos jours , a commencé à se produire.
Pour remonter aux époques géologiques qui précèdent les temps historiques , on consulte les débris qu'entraînent les fleuves, et qu'ils déposent sur leurs bords ou à leur embouchure , et on suppute le nombre de couches dont les dépôts sont formés, comme on le fiiit à l'égard des cercles concentriques qui forment un tronc d'arbre dont on veut connaître Tâge.
On pense généralement, et c'est une croyance trèsancienne, que le delta du Nil occupe l'emplacement d'un immense golfe; ce delta, qui est un atterrissement du Nil, est aujourd'hui la province la plus féconde de rÉgypte. Les fouilles qu'on y a dites ne laissent aucun doute à cet égard. Bamiette, ou débarqua saint Louis en 1 a49 , est aujourd'hui à une lieue et demie de la mer. £n admettant que ces accroissements soient proportionnels aux temps qu'ils ont mis à se iaire, on en a conclu que le delta, qui a environ 5o lieues de profondeur, avait mis 1 8uuo ans à se former. Mais cette oondusion
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. n*est pas admissible, attendu que les alterrlsscineuts ne sont pas soumis à une inarclie régulière; eu effet, Dolouiieu sVxpriuie ainsi cii j).irlant des atterrisseuienfs du K\\ { Joianal de Physiciur ^ t. XfJI, p. 47): « Je n eonijjtc uiruic me servir de ces atterrissements , et de a leur peu d'eteudiu» eu comparaison de ce qu'ils pourc raient être (Kapiès leur accroissement journalier, s'ils a avaient coniincncé depuis beaucoup de tuiliiers dan- « nées; je les emploierai, dis-je, avec beaucoup d*au* u très faits analogues, pour soutenir mon^opinion sur « le peu d'ancienneté de Tétat actuel de notre globe, et « pour rapprocher de nous IVpoque du dernier cata- « clysme, contre le sentiment de plusieurs hommes illus* «t 1res. «
M. Ëlie de Beaumont, ayant cherché à appliquer les remarques de Dolomieu aux alluvions du Mississipi, qui se déposent arec beaucoup plus de rapidité qu'aucun autre fleuve, a rencontre des difficultés telles, qu'on arriverait à cette conséquence, qu'il regarde lui-même comme absurde, que le delta de ce fleuve aurait commencé à se former à une époque postérieure aux premiers siècles de l'ère chrétienne. Ce résultat parait prouver que la rapidité actuelle du progrès du delta est une anomalie liée à l'endiguement du fleuve et aux grands défrichements de l'Amérique du Nord.
Le Pô présente une semblable anomalie : M. Ëlie de Beaumont , en soumettant au même mode d'investigation les deltas du Rhin, du Rhône, du Nil et du Gange, a reconnu que Thistoire de la formation de ces deltas peut être partagée en deux périodes (^Levons de Grolo' gie^ t. I. p. ff Pendant la première, le fleuve
a s'est formé un premier lit dans les lagunes qu'il a « comblées; dans la\secoude, il a abandonné ce premier « lit , déjà trop exhaussé, et il s'est déversé latéraleiiu'ut « en se formant de nf)UV(Mux lits, dont plusieurs lui « servent encore aujourd luii. Le travail de la deuxième « piMMode a été accéléré par l'effet des défrichements, « mais pendaul quelques siècles seulement^ et peut-cire