CHAPITRE If
nous y voyons, depuis !e ^a** degré jusqu'il rexti'émité méridionale, une flore spéciale; plus des neuf dixièmes des espèces, dont plusieurs constituent des Êimilles distinctes, n*ont encore été trouvées que dans celte contrée. Dans la partie septentrionale, la végétation a de la ressemblance avec celle des tropiques; la moitié des espèces appartiennent à des royrtacées , des légumineuses, des eucalyptus, des acacias, dont les feuilles sont réduites à des pliyllôdes.
Dans les îles de la Nouvelle-Zélande, à peu de dis* tance où se trouve Tantipode de Paris, la végétation a de la ressemblance avec celle de la Nouvelle-Hollande, et diflei*e, par conséquent, de celle de nos contrées, même du midi de la France, puisqu'on y trouve des palmiers, des fougères, des dracenas eu arbres, etc.
Au cap de Bonne-Espérance, la flore a de lanalogie avec celle des tenues australes.
lia végétation des îles diffère de celle des continents, h cause de leur climat spécial; mais quand elles ont une certaine étendue, leur flore s*en rapproche Ixaucuup; néanmoins, en raison du plus grand développement relatif de leur littoral, il s'y trouve une plus grande jjroportion de terrains participant aux elunals marins. On v i t'iicunlre abondamment des acot) lëdonees cellulaires et des fougères.
Les exemples suivants servii ont à montrer Tioflueuce de l'étendue des îles sui" la flore.
Dans la grande île de la Janiaï((ue, le nombre des fougères est à celui des espèces phanérogames dans Je rapport de i à lo; dans les îles de France et de Bourbon, ce rapport est celui de i à 8 ; dans la Nouvelle-Zélande, comme i est à 6; à Otaïti, comme i est à 4; à l'île Norfolk, comme i est à S; et enfin, à file de Tristan d'A* cunha, comme i est à a.
On a remarqué encore, en comparant la flore des iles avec celle des continents, que le nombre total des espèces est d'autant moindre que l'île non-seulement est plus petite I mais encore est plus isolée de toutes terres,
aïO DES CLIMATS, ETC. ,
et que les causes qui s'opposent à la transmission des espèces par l'éinigiation exercent une grande influence sur la flore des îles isolées au milieu de l'Océan. Le climat marin, à mesure que Ton s*ëloigne des tropiques, paraît nuire à la végétation arborescente; cet effet pourrait être dû à la violence et à la fréquence des veuts.
IjC sol, selon qu'il est liquide on solide, influe singulièrement sur la distribution des plantes. La mer nous |)i ésentc des algues qui se cramponnent aux rochers et se nourrissent des éléments qu'dles prennent au rKjuidc environnant. Il y en a qui flottent k sa suHace, c oinnic It» raisin des tropiques, plante acotylédouc dépourvue de racines fixées.
î.cs eaux dnucrs ont aussi leurs algues, pour la plupart fixées au fond; elles sont également lia!)itees par des familles ervplnnaijies, telles fpie les coiircrves, les characées, les rlii/oearpées, les mousses lit-palKHies.
î.es eaux sta'niantes , les eaux eouranles et l'eau jrlacée oui leiiis es])èe(^s piirtieidières, ainsi ([ue l'eau salée et l'eau d()ue(\ Certaines plantes d'eau douce meurent clans leau salée. Il y a des piaules eu outre (pii se propagent dans les sables du rivage et s'avancent même assez . loin dans la mer: telles sont les avicennis, les niangliers qui croissent sur les terres tropicales, et dont les racines , en s'élevant au-dessus de la mer , forment des arcs-boutants au centre desquels s'élance la lige.
On trouve, dans les terrains marécag< ux (pii se clian* gent en tourbières y des mousses , des fougères dont les racines, en s'enchevêtrant les unes dans les autres, forment un terrain spongieux et mouvant. Ces plantes périssent chaque année, cèdent leur place àaautres, et ainsi de suite; les détritus, en s*accumulant, exhaussent continuellement le fond des marais. Maïs comme les parties déjà recouvertes sont de plus en plus soustraites à l'action des agents extérieurs, leur décomposition devient excessivement lente.
Nous avons dit, plus haut, auc probablement les li- .chens croissaient partout oîi il y avait de la matière.