CHAPITRE li. ail
Jiii effet, les lieliens, .sous forme de eroufe, sont les premiers végétaux pai aisbcnt sur la surfaee des l'oches; viennent eusuile li\s IrIicii.s ("uliaeés, le^ mousses, 1rs fougères, les graminées et autres piaules plKUHM-ogauHN, et alors le sol est foruic 11 est à rernarquer que la sérir; des plantes cpii apj)aralssent sueeessiveuieul sur un loelier ou sur un terrain non encoïc livre' à la cullurc^ et composé de débris dt; roches diffîi ilement altérables, a ([U(;l([ue rapport , en raison de leiu- mode de végétalion , avee celle des plantes (pie l'on rencontre en descendant d'une montagne très-éievée, à partir de la limite des neiges éternelles.
Des climats ou régions agricoles,
La distribution des végétaux cultivés qui servent à la nourriture de Tliomme ou des animaux à son usage, dépend du climat et de diverses causes que nous allons indiquer. Pour en faciliter l'étude, on a divisé la surface terrestre en climats ou régions agricoles , scion la na« ture des végétaux que Ton considère. M. de Gasparin (Cours it agriculture, t. 11, p. StiS), pour établir cette division, considère :
1^ Quelle est la plante qui, dans une région, donne les résultats les plus assurés et est cultivée de préférfoce à toute autre , ae manière à lui imprimer un caractère principal ;
Quelles sont les cullures accessoire» ayant pour objet des plantes qui vivent et prospèrent dans une contrée sans y acquérir un (^eloppemeut assez riche pour y tenir le premier rang;
3" Quelles sont les limites géographiques qui indiquent l'enceinte dans laquelle la culture principale conserve son ascendant et les degrés de cet ascendant k mesure cju'on aj)procbe des limites signalées en général par l'admission ou le rejet de nouvelles cultures accessoires:
4" Quels sont les caractèi es niéteorologicpies ([ui accompagnent le caractère cuUural pour que Ton puisse,
a la DES CLIMATS, ETC.
dans d'autres lieux et dans d autres circonstances , prévoir les plantes que Ion peut introduire le plus avantagensonient possible dans la culture?
M. de Gasparin établit trois grandes diviitons de régions agricoles en Europe, en y comprenant les pays qui Favoisinent de plus près; la première, au sud-est et au sud, comprend lolivier, le mûrier et la vigne; cette division est le siège des cultures ligneuses et frutescentes; la deuxième, au nord-est et au nord, ne présente plus que les plantes herbacées; la troisième, plus au nord, se compose des forêts ou des végétaux ligneux que Ton élève seulement pour leur bois. Les mêmes divisions se retrouvent à mesure que l'on s'élève sur les montagnes.
La première division se sous-divîse en deux grandes régions : celle des oliviers, et la région de la vigne et du nïûricr.
La seconde division comprend la culture des céréales et des herbages.
La troisième division, celle des Ibrêts, peut se diviser encore en deux régions disllncles: l'une dans la- (jueilc les ai hrcs verts sont mêlés avec les arbres a feuilles caduques; l'autre où les arbres verts domlMcnt et où « l'on l encontre le bouleau, qui ternune la* série des végétaux utiles dans le nord.
M. de Gasparin admet doue en £urope cinq divisions agricoles :
I** La région des oliviers , 2^ La région des vignes, 3" La région des céréales,
4" La région des herbages, 5^ La région des forêts.
La carte planche II, fig. i, représente la division de l'P^urope occidentale sous le rapport des régions agricoles. La légende placée à côté de la figure indique à quelles régions correspotident les ombres tracées sur les continents.
Avant de parler des limites de ces régions , nous de-
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vons rappeler le procède approximatif à l'aide duquel on évalue la somme de chaleur néeessaire à la floraison et à la fructification des plantes, dans un lemps donné ou pendant toute une saison. C'est à Réaiunur (yï/m/. de tAcofL des sciencesy 1 735) que Ton doit l'introduction dans la science de cette donuée approximative, qui est d'uoe grande utilité^ comme on en jugera par les résultats qui seront rapportés plus loin. Si, |Mir exemple, une plante germe, croit, et fructifie dans l'espace des trois mois de printenuM, ^ gue la température moyenne ait été de 20^ pciidanroés'm^ mois, alors , en multipliant le nombre de jours des trois mois, ou 90, par la température moyenne ao**, on a le nombre 1800, qui représente la quantité de cbal^r moyenne, nécessaire au dëvelop^ pement de cette planté, i^u lieu dVmployer le nom de degré pour désigner cette valeur i(^pj}^sm venable de lui donner ktiijûp da^ç^^ en remarquant que d£|â(9îe^én physique j^r .çnà» hrie la quantifié iSé^cfa^^iw^^ pour élewil^hih-
nité de poids d'eab dé |>^ 'i^l /Àinsi^ dam * l'exemple précédent y on dirait, suivant 9éQOim|^^l^^ a fallu 1800 calories moyennes ou siflo^iiH||^|H de température moyenne pour le développement et Ul' fructification de la plante. Nous nous servirons, dans le courant de cet ouvrage, de cette dénomination- de calorie pour évaluer la soninie de chaleur nécessaire à la floraison ou à la fru( lidcalion. On fait usage nonseulement du nomhic (le calories de tempérât «ne moyenne, c'est-à-dire du produit du nombre de jours par la moyenne dinnic, mais encore de ce ({ue Ton appelle quantité de chaleur solaii'c ou calories solan e. M. de(iasparin appelle quantité de chaleur totale solaire le nombre que l'on ohtieiit en prenant la demi-sonune de la température inuiunum du jour observée à Fonjljre, et de la température maximum observée au moyen d'un thermomètre exposé au soleil, contre un nuu*, au midi. On fait cette |^îluatiou tous les jours, soit que le temps soit nébuleux ôti non, car le soleil, quoique couvert,
DES CMlvrATS, ETC. -
laisse encore passer des rayons calorifiques à travers les nuages. Alors la différence entre ce nonihre et la tein-
f)érature moyenne diurne donne la chaleur moyenne soaire diin*ne (Oasparin, t. lî, p. y 8).
Hri^ion des olix irrs. — Elle eomjirend les contrées suivantes : la côte septentrionale rAfri(|ue, les îles de la Mi'diterrant'c, la Sardaigne, la Corse, les îles Baléares, oÎj la vi«^ne s'associe a la « ulture des oliviers, la Sicile, où il sendile cantonné sur la côte orientale, la Grèce, la Judée, l'Asie-Mineure; le mûrier se montre dans tous les lieux oîi la population est rassemblée; on trouve l'olivier en Crimée, sur la cote est de l'Espagne, où il ne remonte pas au delà du Portugal ; en revanche, la cote occidentale de l'Kspagne montre partout l'olivier au premier rang. Au nord des Pyrénées, ses limites sont, en France, à Arles ( Ariége) , Olelte, Carcassonne, Sidohre, Saint-C.hignnn , Saint-Pons, Lodève, le Vigan, Sainl-Jeat)-du-( iai d , A lais, les Vans, Joyeuse, Auhenas, Beauchalcl, Donzère, INlontségur, Nyoris, Villeperdrix , le Buis, Sisleron, Digne, Bargemont, etc. Dans les difTérentes vallées où il pénètre, il atteint les altitudes suivantes : à Alais 3oo'", Bargemont 602*", Seillans Gii'", Fayence 622", Crasse /iSS™, Vence 433". Dans ces mêmes contrées, le chêne blanc s'arrête à 1000'" d'élévation.
L'olivier traverse les Alpes, gagne le pied méridional de l'Apennin, pénètre dans le royaume de Naples,où on le trouve sur les deux pentes de la chaîne, puis sur le bord opposé de l'Adriatique, en Dalmatie; et de là il passe en Grèce.
Dans la région des oliviers, la température ne doit pas descendre à y" ou 8" au-dessous de zéro, ou, si elle est plus basse, elle ne doit pas durer plus de huit jours. \jSi culture n'est fructueuse qu'autant que, depuis le moment où le thermomètre a atteint au printemps la température moyenne de plus de 19", qui est celle de la tloraison de l'arbre, la quantité de chaleur reçue est de 1099* de chaleur solaire en sus de la quantité
CIIAPITRF II. 2ï5
nioyeiiiio de chaleur do Pair, ou, cii totalité, 3q'jS^. (Gnsparin, t. II, p. 333.')
IU'i:[i<>n (les v/iJ/f/'A'. — « I^a culture de la xx^nc a « polu' liinitos, au midi, celle des oliviers. Elle einl)rasse a ensuite une grande partie du plateau central de l'Es- « pagne et toutes les côtes ouest et nord; la France, à « l'ouest des Corhières et au nord de la limite des olio viers , jusqu'à une ligne qui, partant de Oiu'rande, a à l'embouchure de la Ivoire, se dirige vers le Rhin en « passant un peu au nord de Paris, et s'arrête aux envi- « ronsde Dresde. De là , rétrogradant le long des fron- « tières de la Bohême pour venir reprendre le Rhin au « nord fie Coblèniz, la ligne limite suit ce fleuve et en- « ferme les bords du lac de Constance, retourne alors if vers l'ouest à l'approche des hautes montagnes de Ifl « Suisse, ne comprend dans son enceinte (juc les par- « tics inférieures des vallées de l'Aar, de la ThiMe, du « lac liéman et le Valais. Traversant les Alpes vers le « milieu de ce dernier canton , elle en suit les pentes <f méridionales , ^ihrasse la terre ferme de Venise, « revient traverser les Alpes pour enfermer la basse « Autriche, la Tïongrie, la Valachie, et sV-tend vers « l'orient jus(|u'(Mi Criinc'e. I^es pays montrigneux , « la Servie, la Bulgarie, sont seuls exceptés, et for- « ment des îles terrestres appartenant à la région des « céréales et à celles des pâtiu*ages. Telle est l'immense a étendue de terrain sur hupielle la vigne est suscepti- « ble de croître et de porter ses fruits à maturité en « Europe. )) , . , .
Pour que la vigne fleurisse, il lui faut une température moyenne de 17** ou 18", selon la précocité des espèces. A Paris, c'est vers le i i juin que la floraison a lieu. Depuis cette épo(jue jusqu'au i*^' octobre, époque ordinaire de la vendange, quand la température descend au-dessous de 19.", 5, le raisin cesse de mûrir. Pour la maturité du raisin, il ne suffit paî>de supputer la température moyenne, il faut avoir égard encore à la chaleur solaii-e. Voici le calcul que M. deGasparin a fait pour Paris :
ai6 DBS CUMATSy STC.
Quantité de chaleur moycniu' • Ig25%67
Quantité de chaleur solaire pour 6 1 jours claii*s a i8",3, et pour les 5o autres, a%5
de chaleur solaire ( i ) 7 ^ t %oo
Somme 2676^67
Ce nombre correspond au minimum de chaleur qu'exige le raisin rouge entre sii floraison et sa maturité, puisque l'on se trouve très-près de la limite de la région.
A Bruxelles, on obtient depuis réjjoque de la floraison jusqu'au F* ' octobre, oii la température descend à iu",5:
Quantité de chaleur moyenne de l'air. . . iQr/i*^,^
45 jours clairs, 67 mi-clairs et couverts. . (> ) oS<>
Ainsi, une simple difTërence de i44^$épare la région h la récolte du vin est possible de celle oîi elle ne Test
ou
pas.
Le climat de la vigne est caractérisé parla possibilité
" lue
us
d'atteindre une quantité de chaleur totale (atmosphériq et solaire) de 2680^ au moins pour les espèces les pi précoces de raisin ron^e, et de a6oo^ pour les espècc»s blanches , entre Tépoque de la floraison de la vigne et celle où la température moyenne de lair est descendue
Les limites de la culture de la vinne sont soumises à des changements dont on a appiécié les causes dans ces derniers tenijjs. Jadiselle s'étendait jus(ju'en Bretagne et en Normandie, où on faisait du vin potable. Aujourd'hui cette limite s'arrête à l'ouest vei s Nantes{lat./|y°,9.o); elle remonte vers Pai is \ \k\t. 4o"), plus haut, en Champaj^ne, sur la Moselle et le Khin, jusque vers Itî de latitude, puis passe eu Siiéôie au même degré, redescend
(1) Pour tenir compte delà décroissance de la durée des jonr^ on multiplie chacun des termes de la chaleur solaire |>ar le nOBlhrv d'heures de chaque jour, et l'on divise par 24 heures.
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