CHAPITRE II
présenterons un aperçu des rechercbes de M. Schouw à . ce 8uje(.
£n commençant par les latitudes les plus élevées, on trouve que les céréales sont cultivées eu Scandinavie, jusque vers le 70^ degré , oit l'on cesse de trouver les arhres. Cette culture cesse vers 60" dans Touest de la Sibérie, vers 55" plus à Test. Près de la côte orientale, elle n^atteint pas le Kamtschatlca , c'est-à-dire le 5i^' degré. £n Amérique, elle va jusqu'au 57^ sur la côte occidentale, tandis que sur la côte orientale elle ne dépasse pas le 5o' ou au plus le Sa*^* degré. La ligne qui la circonscrit au nord, dans les deux continents, suit donc les mêmes inflexions que les lignes isothermes dans ces régions.
Toutes les céréales ne prospèrent pas dans ces latitudes élevées. L'orge est celui qui atteint la limite supérieure. Vient ensuite Favolne, puis le seigle, qui est cultive sous des latitudes moins élevées. La culture du seigle a lieu dans la partie de la zone froide tempérée ou se trouvent la partie méridionale de la Suède et de la Norwége , le Danemark , la plupart des pays riverains de la Baltique, le nord de TAllemagne et une portion de la Sibérie. On commence ensuite à rencontrer la cultui*e du froment concurremment avec celle du seigle, puis sans le seigle. La grande zone où Ton cultive le blé proprement dit comprend, outre les pays dcja dénommés, une partie de rAllemagne, la Hongrie, la Crimée, le Caucase et quelques-unes des parties de l'Asie centrale.
En descendant plus au sud, et allant jusqu'au midi de la France, puis pénétrant en Kspagne, en Italie, en Grèce, dans TAsie-Mineure, la S\iie,la Perse, le nord de rinde, la lîarbarle et les Canaries, on trouve (jue le f roment est cultivé concurrenunent avec le maïs, sous la zone torride; le mais domine eu Amériqut!, et le riz en Asie.
Dans rhémîs|^hère austral, le blé domine dans le raidi du Brésil, à fiuenos-Ayres , au Chili, au cap de Bonne- Espérance , dans la Nouvelle-Galles du Sud, dans la Nouvelle-Hollande. L orge et le seigle se rencontrent plus .
DigUizoa by CoOglC
aail DES CLIMATS, ETC.
âu nîdK j notamment dans File Van*Diémen. Si Ton suit la distribution 'des céréales à mesure que ron s'élève dans les montagnes 9 on la trouve analogue à celle qui a lieu en allant dans des latitudes plus él levées z Torge est la céréale qui est cultivée dans la région la plus élevée, ensuite l'avoine.
Région des pdiumges* — On désigne ainsi les con* trées oii Therb^ servant à la nourriture du bétail croît spontanément. On distingue une région et deux sous* régions. En France {Cours (fagricufture^ t. II, p. 355| Gasparln), la région comprend les parties du Poitou, de la Bretagne et de la Normandie (|iii se rapprochent le plus des rotes, et pat lirulièreinent le fond des vallées; CM Anj^lelcrre, la moitié des provinces occidentales, l'Irlande, rKcossc , la Hollande.
l.a premitTc sf>us-ré^ion , celle des pâturages d'hiver, comprend les Landes, la hasse Camargue, les (otcs de Orse et de Sardaignc, dévastes terrains en Algérie, les roarcmmes de la Toscane, etc.
La deuxième sous-région, couverte de neige en hiver, comprend, outre toutes les cimes et les plateaux des montagnes , la Westplialie, le Danemark, la Norwégc, la IjBponie, la Russie et une partie de la Sibérie, jusque vers le 68*" degré de latitude.
La terre des pâturages pérenncsdoit renfermer, après trou jours de pluie, plus de o,a3d*eau; celles des pâturages d'hiver et d'été possèdent cette propriété pendant la saison desberbages. Il faut eu excepter toutefois la partie des pâturages d'hiver dont le sol est aride, et qui ne peut servir quç de pâture-aux moutons.
Région 4fs forêts. ^Q^Xe région comprend leà parties des ««Éés listons qui ne peuvent être tmnilbnûétt en pâturages.p^t
Dans le nord, elle ^brasse une vaste étendue comprenant tous les pays oiMa longue durée des hivers ne pèr» i^^as aux lùbhaAâi ëe nourrir avec profit leBanîmaut ; al^pgii^pc pai^%onséquent les parties les plus élevées et lAiplil'lRlirpées des montag
GHAl>ktRÉ II. 2^3
Des ejjcts pruduifs sur les plfuilcs par les tnaxinui el les mimma tic Uiupéralui'e.
La température nécessaire pour mettre en mouvement la séve dans les plantes varie avec chaque espèce; elle ne doit pas néanmoins dépasser un certain maximum, au delà duquel la plante languit et finit par mourir. Si quelques cryptogames , par exception, se développent dans des eaux thermales dont la température approche de celle de Tébullition , ia plupart des végétaux ne peuvent supporter dans Tair une température supérieure à 5o®. Hâtons-nous toutefois d'ajouter que cette tenipératuiv extrême, ainsi que celles qui en sont voisines, ne peut rtie fjue passagère; car la végét.ition ne tarderait pas à s'aDcantir. C.e (pji importe en gcnrrai aux plantes pour airiver à maturité ^ cest lu température nioNt-inic estixale.
T/influence du froiil agit bien plus puissannnent encore sur les plantes. Sans entrer dans Texainen j>livsiologi(pie (les effets (juV'lles éprouvtnt alors, nous nous bornerons à due (|ue rabaissement de température, en dimiiuiant le vohnne des (illulcs des vaisseaux et des canaux, affaiblit ou airête tout à fait le mouvement de la séve; ainsi les jeunes pousses de chêne ne sont pas afTectées sensiblement quaud la température est à zéro, tandis que celles du mûrier et du figuier, ne pouvant résister à cette température, meurent.
On est convenu de prendi'e pour limite de lu végéta* tion d'une plante le degré de froid r( ue larbre ou la plan te peut supporter sans périr. Peu d'observations ont été Élites pour déterminer avec exactitude ce point extrême dans quelques plantes. Cette détermination exige que Fou connaisse^ non-seulement la température moyenne , mais encore les températures estivale et hibernale d*ua grand nombre de lieux situés sur des méridiens différents. Ces données ne sont pas les seules qui doivent être prises en considération ; il iaut encore y joindre les effets physiologicjues qui sont produits dans cette circonstance.
aa4 »BS CLIMATS, ETC
M. de Gasparin a fait à ce sujet une observation qu'il e^t utile de rappeler [Cours (C a inculture, t. II, p. 5 1 ) : « Il uc «suffirait pas de connaître l'abaissement de température «que peut supporter chaque arbre, pour expliquer sa mort: « il faudra.it encore connaître la durée de eette température « extrême. Un moment suffit pour détruire le bourgeon « baigné de rosée; il faut plus longtemps pour le ra- « mrau ; le tronc ne périt qu'après une longue succession « de froid, la racine résiste presque toujours. Mais ce « qui rend plus difficile la détermination de ce degi é ex- « trême, c'est que nous voyons les rava|;es du. froid dé- « pendre souvent beaucoup plus des circonstances du cr cl ( g i l que de rintensité même du froid et de l'état des « cultures. »
11 importe encore de prendre en considération Thumidité de Taîr. En effets suivant M. de Gasparin, dans les années lyjS, 1768 et 181 1 y un abaissement de température de — 12*^,5 et — lo^ ne produisit aucun effet fâcheux sur les oliviers, parce que le dégel eut lieu graduellement , à une basse température et avec delà pluie; tandis qu'en 170c), la lenipt'raluie en Provence étant descendue à — » 4" , le dégel arriva subitement, les oliviers furent gelés.
Ou a remarqué, en général, que, lorsque le dégel a lieu subitement par un vent du sud , remplaçant lèvent du nord, Ton perd la plus grande pat lie des oliviers. On peut donc considéier la r.ipidité du dégel comme unedes causes principales du mal produit parle froid; les cellules sont alors rompues, et leurs parties constituantes nagent dans le licjuide.
l.a question, toutefois, est très-complexe; car on a remarqué, dans quelques circonstances, que les arbres ou les plantes telles que les vignes sont plus fortement atteints dans les terrains humides que dans les terrains secs. D'autres fois le contraire a lieu. Ces effets opposes doivent être attribués aux circonstances du dégel et à la profondeur où la gelée s'est fait sentir. Si le terrain est humide et que le dégel soit lent, l'eau , ayant une basse
CEAi»iTRB II. aaS
température y produit sur les racines le même effet que la neige sur un membre gelé. La gelée a-t-elle pénétré profondément, de manière à réagir sur les racines, bellesci peuvent être détruites avant même le dégel.
L'effet produit par le froid sur les arbres dépend encore de la culture. Si Ton rompt la liaison des particules du sol par un labour, on diminue sa conductibilité pour la chaleur ; dès lors, un labour fait avant Thiver au pied des arbi*es , qu'on chausse en même temps, les préserve des effets résultant d*un abaissement extrême de la température. M. de Gasparin fait observer, à ce sujet, qu'en iB^ola plus grande perte des oliviers porta sur les arbres qui n'avaient pas été chaussés.
Après avoir exposé avec détail l'influence exercée par les agents extérieurs sur la végétation, il ne nous reste plus (|u'à dire (juelques mois des modifications que les plantes ont éi)rouvées de la part de ces agents.
Les holanislfs s'accordent généralement à admettre qu'il y a eu, pour les végétaux, des centres distincts de création, mais avec celle condition (jue, sous les mêmes climats, dans l'ancien et le nouveau continent, on retrouve des espèces avant entre elles de la ressemblance. Ces centres de création, ces germes primitifs, se sont dé- * natin-és jusfpi'à un certain point, par le transport d'une , contiéedans une autre et par les changements apportés dans la culture.
Si Ton examine quelles ont été les modifications opérées dans les espèces végi'tales ainsi transportées, on trouve qu'elles n'ont produit que des variétés, car les espèces ne paraissent nullement changées; voici quelle est la nature de ces variations. La chaleur et riunniditc sont en général favorables au développement des êtres des deux règnes; les individus qui vivent sous cette double influence, portée à un certain maximum, tendent à deve* nir plus colorés et plus grands, caractères indiquant une vie plus active. Dans les végétaux qui sont transportés d'un climat .dans un autre, les différences ne portent donc que stir U taille et la couleur. Il arrive quelquefois
DES CpaiATSt fTC.
quii les espèces ne peuvent se propager, parce qu'elles ne trouvent pas dans leur nouvelle patrie toutes les conditions nécessaires à leur tleveloppenient. D'autres fois, les fruits ne viennent pas à maturité (piand la végétation est trop puissante; c'est pour ce motif cpie la vigne et le pécher, tianspoi lés dans les régions équaloriales, prennent de grauds dcveloppeineuts saps produire de fruits.
Les végétaux peuvent bien être modifiés par la culture; mais, nous le répétons, il n'eu résulte que des varictib, comme les arbres fruitiers en sont des CKemplcs, variétés qui tendent à retourner à leurs types primitifs , quand elles ne végètent plus dans les conditions particulières où elles s'étaient produites.
§11. — Z)Éf.f (i ni 1/ taux,
T>a vie animale, pour se développer et se maintenir alors que les germes de tout genre ont été créés, exige des proportions de chaleur, de lumière, d'oxvgène, de carbone, d'azote et d*eau qui varient suivant les classes et les espèces. apimaux el les végétaux n*exigeqt pas les mêmes conditions pbysiques et chimiques; il en est de mên)e des animaux, selon qu'ils vivent dans Teau, sur la terre ou dans Tair; ils consomment plus d'oxy« gène et d*azote que les végétaux, qui exigent à leur tour une plus grande proportion de carbone. £n outre, les animaux terrestres chez lesquels les fonctions delà nutrition sont plus développées, consomment plus d'oxygène dans un temps donné que les animaux acjuatiques. Ceux-ci vivent dans un milieu qui lenfenne une quantité si petite d'oxygène, que lis autres animaux ne tardent pas à être asphyxiés quand ou les y plonge.
L'inQuence de la pesanteur n'est pas la même dans ces deux classes d'animaux : les corps perdant dans Teau une partie de leur poids égale au poids du volume d'eau déplacé, il s'ensuit que lorsque les animaux à tissus mous, comme les poissons, sont hors de Teau, ils s'affaissent de uiauière que lesioactiPQ^ vU^le^ ne tar-
CHAFITKE II. 227
dent pas à cesser. \jcs animaux dont les parties sont gélatineuses, comme les infusoires et les méduses, ne peuvent, en raison de cela, vivre dans l'air.
vie orjjanicjue, comme nous l'avons déjà dit, a dû, suivant toutes les probabilités, connnencer dans les eaux. On est d'autant plus porté à admettre cette opinion, (|ue les aniniaux terrestres, ayant des organes plus complitjués que ceux qui habitent les eaux , doivent être considérés comme ayant (^té créés postérieurement.
Les espèces animales, aussitôt après leur création, durent se disséminei* sur la surface terrestre en vertu de diverses causes. Les oiseaux , les poissons et les cétacés, par la lîâcilité avec la([ucile ils se transportent d'un lieu à un autre , devim cnt en queUpic sorte cosmopolites. Ils furent arrêtés toutefois dans leur émigration par des limites de température qui ne sont pas les mêmes pour tous les animaux. Les reptiles et la plupart des njolluscpies se tinrent dans des localités particulières où ils pouvaient scidement trouver les conditions nécessaires à la vie. D'un autre coté, l'bonnne a puissamment influé sur la dissémination des animaux et des végétaux qu'il a soumis à ses besoins et à ses plaisirs : il a été cbercber, par exemj)le , le cheval dans les steppes de l'Asie centrale.
Les eaux ont contribué aussi , par l'intermédiaire des glaces et des bois qui surnagent à leur surface, au transport d'un pays dans un autre d'insectes, de mollusques, de végétaux, etc.
Les coulants marins ont dû intervenir également dans les émigrations des êtres. C'est ainsi que le Gulf-slream, dont il sera ultérieurement cjueslion, dépose, sur les côtes de nos continents, des débris d'arbres arrachés par les eaux sur les bords du Mississipi et qui renferment des œufs d'insectes, de mollusques et de poissons.
Les oiseaux voyageurs déposent , dans les diverses contrées (pi'ils parcourent, les œufs d'insectes dont ils ont fait leur nourriture et qu'ils n'ont pas digérés. L'air,
Digitizec . , v .oogle
DES CLIMATS
enfin, transporte au loin les semences très-légères de certaiiH's plantes.
On a souvent attribué à un offct do crt-ation spontanée l'apparition (Vespècos anniialis et végétales dans une contrée où elles étaient inconnues, alors qu'on aurait pu invocpur quelqucs-uues des causes que nous venons d'indiquer.
I>es mers et les hautes eliaînes de montagnes sont quclqnelnis des obstacles absolus à la dissémination des espèces tenestres; nous disons absolus, attendu (ju'il y a un grand nombre d'aniniaux terrestres qui ne sauraient les frauchir. C'est j)()ur ce niotit" que la faune de l'Amérique tropicale est diiférente de celle de l'ancien continent sous les mêmes latitudes. On doit en excepter néanmoins les parties septentrionales des deux mondes, séparées Tune de l'autre par le détroit de Behring qui, n'ayant pas toujours existé, a pu probablement être fraudii quelquefois, par les rennes, les ours blancs, les castors, habitant cnfectivcment les parties septentrionales de l'Asie et de TAmérique. Les continents opposent également des obstacles insurmontables aux animaux aquatiques, qui seraient obligés de traverser des régions plus ou moins cbaudes, pour se rendre dans d'autres mers.
La configuration et la nature des cotes de la mer ont dû exercer jadis et exercent encore une grande influence sur le développement des mollusques, puisqu'il y a certaines espèces qui sont propres à telle ou telle localité.
De toutes les causes que nous venons d'indiquer, la température est sans aucun doute celle qui a le plus influé sur la dispersion et. la propagation des espèces. C.ertains animaux, comme Thommeet le chien, peuvent
supporter des tenqiératures extrêmes sans qu'il y ait danger pour leur vie, puisque nous les voyons habiter les régions polaires et les régions équatoriales ; mais il en est d'autres , comme les singes, (jui ne peuvent vivre dans lin état parfaitement normal (jue sous les tropiques, et connue les rennes, qui ne trouvent que dans les ré-
CUA.P1ÏUE U.
gions septentrionales les conditions nécessaires a leur existence. L^émigration de c[iieiques espèces est donc soumise à certaines conditions calorifiques.
Ce que nous venons de dire relativement aux différentes latitudes , s'applique également aux diverses zones de montagnes , depuis la base jusqu'au sommet. Nous citerons comme exemple le lama, qui vit au Chili et au Pérou à une hauteur de f\ ou Sooo mètres au-dessus chi niveau delà mei" , et (|u'ou ne reneoiilrc jamais au has des Cordillères , au lii ésil et au Mexifjue.
Après les eondilKjus de teinpéialure , la nourriture est une de celles qui sont les plus essentielles au uiatiitien de la vie. Le ver a soie, par exemple, ne peut exister que dans les pays oîi croît le mùiier, puis([u'il ne pnuid sa nourriture que sur les feuilles de ecl ai hre. T>a cochenille, également, ne peut vivre (|ue dans les contrées où le cactus se montre. T^a dore cVuii pavs exerce donc une certaine inlluence sur sa faune. Quand une conln'c à climat extiéme, connue les régions polaires, man(|uc d'une vi'gétalion suffisante pour la nourriture des animaux herhivores, les carnassiers ne poiu raient l'habiter, car ils n'y trouveraient pas les moyens d'existence, à inoins que ces carnassiers ne fussent ichthyophages.
L'influence de la température est telle sur le développement des êtres, que le nombre des espèces terrestres et marines va en augmentant des pôles à i'équateur. Dans les régions polaires , on ne trouve sur terre que des insectes, et dans les mers couvertes de glace qu'un très-petit nombre de poissons et do mollusques, et de crustacés. Ce nombre augmente à mesure que la latitude devient moindre, de sorte que la richesse des productions est en rappori avec la puissance de la chaleur et de la lumière. Cette puissance est telle, que plus ou s'approche de l'équateur, plus on trouve d'animaux possédant l'organisation la plus comprK{uëeet les facultés les plus développées, tels que les singes, les perroquets, les crocodiles et les tortues.
La chaleur et la lumière, sous les tropiques, parent les animaux des plus brillantes couleurs. L'influence de
a3o D£S CUMAXS, ETC.
leurs actions combinées est telle, que les animaux qui ba*
bitent les régions polaires dans les deux hémisphères ortl entre eux une grande ressemblance, ainsi que les animaux qui liabitent les i égions tempérées sous les mêmes latitudes. Olfe ressemblance, néanmoins, ne va pas jusqu'à une idetifilé parfaite; il v a seulement un grand rapprocbemeiit dans les espères; nous allons en donner ([uelques exemples. I.es parties centrales de l'Inde et de l'Afrifjiie rcnfernM'nt des singes (pli ne sont pas pn^eisément les mêmes (pie ceux (pie l'on trouve en Américpie sous la même latitude. Dans l'aFiritMi continent vivent le lion, le tigre et la paiitlièi-e : ces animaux sont remplacés en Amérique par le conguar, le jaguar et l'oncelot. Dans les montagnes de l'ancien et du nouveau monde on trouve des ours qui diffèrent très-peu les uns des autres. Ces exemples et d'autres que nous pourrions citer montreot que, dans les régions du globe placées sôtis les mêmes conditions climatëriques, il existe des espèces plus ou moins voisines les unes des autres^ et qui peuvent être considérées comme les représentants d'un seul et même type. Nous devons faire remarquei* encore que, dans les deux mondes, les faunes présentent cette différence* que les mammifères de l'ancien sont plus grands que ceux du nouveau.
Dans rAustralie, on rencontre une faune encore inférieure, puisque les Mammifères y sont représentés par des marsupiaux.
On ne saurait disconvenir, malgré les causes nombreuses qui ont concouru à l'émigration des espèces, que certaines localités ont dû avoir des centres particuliers de création. pays ((ui n'ont pas en de commiinication ensemble ont pu conserver intacts ces centres primitifs; ainsi, dans la mer du Sud, la Nouvelle-Zélatide et la terre de Yan-Diémeh , placées à peu pi ès sons la même latitude, pHr^enteut cette partit nlaiitc' , (pie la fatme de la j>remièr(î a des raj)por ls avec celle des hoi'ds de la Fialti(pje, tandis (pie celle de la terr'C de Van- Diénicn se rapprocbe de celle des régions équatoriales
et renferme des animaux <i singuliers de la Nouvelle-
Hollande.
Il est à remarquer que plus les îles sont récentes , moins la faune et la flore paraissent riches; on cite, à ce sujet , les îles de la Sonde et les îles voisines placées vers les rëgionft équatoriales, oîi la faune et la flore sont très-riches sous tous les rapports , tandis que sous la mime latitude, dans la mef du Sud, en s*approchant de l'Amérique, comitie dans les îles de la Société, que Ton regarde comme de nouvelle formation, rien de semblable ne se présente; la faune et la flore j sont trèspauvres.
Les conditions de chaleur et d'humidité propres âu développement des végétaux le sont également à Celui des animaux; elles fovorisent leur grandeur et leur couleur; c'est pour ce motif qtie la faune des régions équatoriales de 1* Amérique, du continent indien et des archipels qui Tavoisincnt est extrêmement riche et nous présente ces animaux dont les couleurs sont si brillantes.
En Afrif|iR', dans les parties les plus chaudes où riumiitlitc n'est pas sensible, on trouve pvu d'aiiiinaux à couleur brilKirito. Ku f^éiu'ial, plus les conditions de cbalcur et criunnidité duiiinuent, moins on trouve des espèces de jurande taille et colorées.
En comj)arant ensemble les animaux transportes d'iMi clluiat dans un autre, on no trouve dans les individus que des variations dépendant de la grandeur et de la couleur, en exceptant toutefois les changements dus à la do!nesticil(* et à leurs nouvelles babitudes, ou bien les modifications que leur pelage éprouve afin qu'ils puissent résister à la rigueur du climat; mais lorsque ces animaux reviennent à Tétat sauvage, ces modifications disparaissent de génération en génération, et il y a retour à leur tvpe primitif. Les chevaux devenus sauvages recouvrent leur poil fauve et frisé; les cochons transportés en Amérique et rendus accidentellement à la liberté reprennent peu à peu la forme des sanghers.
a32 DES CUMATSy £TC.
Quant aux variations de pelage, elles peuvent se résumer ainsi. Tous les animaux à Tëtat sauvage
ont deux sortes de poils, des poils soyeux et des poils laineux. Les chiens domestiques et les montons offrent les deu.\ cas extrêmes et opposes : le chien n'a conservé (pie des poils soyeux, tandis (pie le mouton les a tous perdus. J^e chien de la Wouvelle-HoUandt; pK'sciito toutefois encore des poils laineux; aussi le considère-t-ou comme le plus rapproché du chien primitif.
Si la domesticiti^ produit les changements de pelage dont nous venons de parler, les changements de climat donnent lieu à des effets analogues. Dans les pays chauds, ils perdent peu à peu leur laine, et leur corps se couvre d'un poil soveux et long; dans les régions froides, le contraire a lieu : ils perdent peu à peu leur puil soyeux, et leur poil laineux prend plus de développement pour rcsisttT à la rigueur du climat.
On n a donc observé jusquMci en réalité que des va* riationa constituant des races d'individus et nullement des changements d'espèce.