CHAPiTRE m
Les eaux du Zuyderzée sont plus élevées que celles de la mer du Nord; il en est de même de celles de la mer Rouge à ré«^ar(l de la Méditerranée. I.a mer Kouge d'apri's ie nivt llement de risllime de Suez par Lepère, pendant rexj)édition française en Kgypte, paraît avoir un niveau au-dessus de la Méditerranée, à l'instant de la marée haute, de ()"',r) , et de 8"", 12 à la marée basse; cependant ces deux niei s e()niinuni({ueiit ensemble avec le Gran(l-( )( éan , l'une par le détroit de Hab-el-Mandeb , l'autre par le détroit de (iihraltar. On a attribué cette différence de niveau à raecunudation des eaux dans la mer Rouge, par le mouvement générai de l'Océaa de Test à l'ouest.
Dans la Baltique et la mer Noire, le niveau change avec les saisoos. 11 s élève au printemps, quand les fleuves y apportent une grande masse d'eau.-
M. de Uumboldt avait annoncé , d'après des obser- * valions barométriques faites h Cumana , à Carthagènef a la Yera-Cruz, à Acapulço et à Callao, aue les eaux de la mer du Mexique avaient un niveau de 3 mètres au-dessûs de celui de la mer du Sud , (|uoique ces deux mers fussent en communication. MM. Lloyd, ingénieur anglais, et Falmarc, capitaine suédois, ont recommencé les observations en i8a8eten 1829, et ont été conduits aux conséquences suivantes :
Le niveau moyen de Tocéan Pacifique à Panama est de plus haut que le niveau moyen de Tocéan Atlantique â Chagres;
a® Âu moment de la haute mer, l'Océan , sur la côte occidentale de l'isthme, est de /iT^i^ plus haut que sur la cote orientale ;
3* Enfin, au moment de la basse mer, sur les mêmes côtes, l'océan Pacifique, au contraire, est plus bas que l'océan Atlantique de i'",98.
Il est prouvé par là que le niveau moyen de la mer du Sud est plus élevé que le niveau moyen de l'océan Atlantique, de 1 1 décimètres , coutraireuieut à ce qu'avait aunoncé M. de Huniboldt.
• DBS MEUS.
La mer Caspienne, d*après le dernier travail de M. Hom*
maire de Hell {Comptes rendus, t. XVI, p. 738), a un niveau de i8"',3 au-dessous de celui de la mer d*AzofE
Celte différent e peut élre allrihuëe, soit à un affaissenient du sol, soit, ce c|iii paraît le plus probable d'après ce travail, à la diniinution des eaux (pu oicupaient peut-être jadis une plus grande eleiidue, connue tend à l'indifpjer la position du lae ou de la ni<'r d'Aral, qui j)araît en être un démeniLrenienl , ainsi cpie la configuration et la constitution des terrains qui enveloppent cette mer, lesquelles présentant encore la position des anciens rivages.
La mer Morte est de 4^7"* au-dessous de la Méditerranée (le lieutenant Semons , Comptes rendus^ L Xlil^ p. 884).
La différence de niveau des mers intérieures peut être attribuée à plusieurs causes : i° à Técoulement qui n'est pas proportionné avec la quantité d^eau reçue; %^ à Tinégale évaporation; 3^ aux marées et ïïux coufrants marins; 4^ aux vents: ainsi la INIéditerranée, qui n'a pas de marées sensibles, loin de l'Océan; s élève quclc{UQfois, SOUS Taction de certains vents, de plusieurs décimètres.
On admet, en général, que le niveau moyen des grandes mers ne change pas, quoique plusieurs géolo-
Sues pensent que ce niveau s'abaisse constamment, et 'autres qu'il s élève. Des expériences ont été fiiites pour reconnaître cette variation. Celsius et Linnée, en 1 734» établirent des repères fixés sur les bords de la Baltique, et crurent remarquer un abaissement de o*", 1 8 en 1 3 ans ; d'autres repères en indiquèrent un autre de o",i8 en a5 ans. M. de Bnch, qui admet le changement de niveau, l'attribue à un esbaussement des rives. Il est à présumer que ces changements tiennent à un phénomène général qui se manifeste sur tout le globe, et qui fait varier, très-lentement il est vrai, mais continuellement , la configuration de sa surface, en donnant lieu tantôt k des élévations, tautùt à des abaisseuicuts de terrains. Dans
CHAPlTilE m. ;i39
quelque^ contrées, il paraîtrait même que les terrains ont ëlé élevés /abaissés, puis relevés à plusieurs reprises, c'est-à-dire qu'ils ont éprouvé des oscillations séculaires. 11 ne peut en êlre auUvinenl dans la croûte solide (jui repo^(.' sur une niasse licpiide iiu aiidcsceiitc, somnise à un refroidissement gradiu l ; la confîgtnation de la surface et les inégalités ne doivent pas rester toujours ie^ mêmes.
$ III. — De la tempérât!»^ des mers ei des lacs.
Dej)uis un certain nombre d'années^ les navigateurs s'occupent de la détermination delà tempc^taturc des mers à leur surface et à diflerentes profondeurs , sous diverses latitudes. J^a température de l'air à la surface de la mer étant liée à la température de celle-ci, nous en parle* rons dabord. Voici les résultats généraux auxquels on est parvenu.
Ti' m jjc rature de la mer à sa surface.
En mer, à de grandes distances des cotes, Tair éprouve, dans le cours de la journée, des variations moins grandes que sur les continents, en raison de Tuniformité du milieu ambiant; mille causes, en effet, sur la terre font varier le rayonnement de la chaleur; les corps s'échauffent inégalement, et conservent pendant plus ou moins de temps la chaleur acquise, qu'ils communiquent ensuite à Fair. Efi mer, il n'en est pas ainsi \ Févaporatiou qui s'opère à la surface est une cau^ incessante d'abaissement de température qui diminue Tamplitude des variations diurnes.
Pans les mers équatoriales , la différence entre le maximum et )e minirnum do jour ne va pas au delà 'de i**à a% tandis que surles continents elle s'élève à 5** ou 6** et au delà. Dans les régions tempérées , c'est-à-dire de a 5** à 5o^ de latitude^ la différence en mer dépasse rarement à 3", tandis que celte difTérence sur terre, comme à Paris, va (j^uelquefois jusqu'à 12° «i i5°. La température minimum est comme à terre au soleil le-
a4o DES MKRS.
vanty et la température maximum paraît avoir lieu aux environs de midi, au Heu de deux, à trots heures. Nous avons déjà mentionné ce fait, à propos des nîgîons situées près de la mer (pag. 82).
£n comparant la température de lair à celle de la mer, à sa surface, on trouve quVntre los tropiques, la température de Taîr est en général moins élevée que celle de la mer. Le capitaine Duperrey, dans son voyage de circumnavigation, a fait i85o observations entre o** et ao^ de latitude, de quatre heures en quati*e heures, desquelles il résulte qué la mer a été 1371 fois plus chaude que Tair, et l'air seulement 479 ^^^^ V^^^ chaud que la mer.
Voici , du reste, un tableau que nous devons à Fobligeance de ce savant navigateur, et qui exprime les tem* pératures de Tair et de Teau à la surrace de la mer, dans toute l'étendue, en longitude, comprise entre 10^ de latitude nord et 10^ de latitude sud.
I^s températures sont les moyennes des températures moyennes diurnes, c'est-a-dire, des moyennes prises chaque jour entre toutes les indicalioiis observées jour et nuit à des intervalles de teiups é^aux et très-i'ap|)rochés. Toutes ces observations oui élé laites eu pleine nier. M. le capitaine Duperri^v a divisé la zone é(piatoriale du Orand-Oréau en trois parties longitudinales, par la raison que le courant polaire d'eau froide qui marche vers l'ouest, à partir des côtes du Pérou, gagne en température au fur et à mesure cpi'il se rapproche du Grand-Archipel d'Asie. C'est la moveuue des températures de ces trois régions (pu peut donner une idée exacte de la températui e de la zone dont les limites sont 10" de latitude nord et lo" de latitude sud.
CHAPIT&B 111.
OCÉAN ATLAiNXlQUE.
TEMPf:RATrRK.S f rNTI(;R.||
l'aib.
LA HRB.
Lacorv. rVr(niir,*'n[vc ^^"etix'ihïou^.O. » /a Coyui//t', eulie i5" el3a" »
>• le Slossom, entre a5° et 36» » »
U frcg. la Vénu, entre 14" et 36* » »
ao ,8 ) aS ,3o
Température définitive
GRAND- OCÉAN (mrtle orientale).
Lacorv. /a CoqutUe, outre 81" et y i" ilcI'.O.
» /?/o.Mo;;i, entre 100" cl 108" u » La frég. la Ké;iu5, entre «m/ et iu8* » »
^ii . r
an ,7.) a(i ,14
a3»,7i a7 ,a4 al) ,a7
Température déttnilîTe.
GUANÛ-OCKAN (partie centrale).
Lacorv. /7'rrt?i/f, entre i;a" et î08"(ieW.O. leHioisom, entre i4ë" et x53" >• »
aG",36 »7 ,53
TempérAtnre définHiTe
al>*,7o
GRAND-OCÉAN (partie occideotale).
La conr. fVrmiiê,9BÊn iao*et 147* deP. E. » la CoqvUU, entre gfl* et 175* •• >»
Eu prenant la moyenne tles températures obtemiea dans les trois portions de la zone «lui appartient au Grand-Océan, on trouve. .
DliS MERS.
Nous devons faire ob?ervei* que dans les zones de io**à ao° de latitude nord, et de lo'* à ao"* de latitude sud, 4es températures de Tair et de la mer sont gétiéralement
Klus élevées que dans la zone équatoriale. £n général, » eaux les plus froides de^ tropiques sont celles qui dDulent sous 1 equateur même.
Dans les régions teinpérées, Pair est rarement pluschaud que la surface de Teau. Dans les régions polaires^ on n*a [mS d'exemple qùe Faîr soit plus chaud que la mer; il est -toujours plus froid.
Température de la mer à di^^erses profotideurs.
Pour évaluer ces températures, on lait usage des ther^ momètres à minima dont nous avons parlé p. 3o.
Afin de montrer comment cette température varie avec la profondeur, nous rapportons dans le tableau ci- * après les déterminations de températures ^ous-marines fiiites dans le voyage àtîa Vénus y sous la diiTclion de M. Dinjetit-Thouars , à des profondeurs voi ticales variant de 3o à 1 I 5o ou aooo brasses. Quand r<^lui en cuir qui renfermait les thermométrograplies avait à subir des pressions de 3 à atmosphères, l'étui et les instruments revenaient à la surface entièrement aplatis.
Ces observations ont été faites, d'une part, depuis 11'* 39' jusqu'à 48° 47' latitude sud, et de l'autre, de- • puis 4° 2t3' jusqu'à 5r 34' de latitude nord.
Ces résultats nous montrent tjue les sondes ont souvent donné, pour la ten)pérature delà mer à de grandes profondeurs, dans les rrgions tempérées comme dans les régions intertropieales, des nombres tels que + 3%6;-l- 3>; +3'; -h 2°,8 et + a%5, quand la surface indiquait une température de a6"à vf. Ces détei> minations, faites avec beaucoup de soin,ne doivent pas surprendre, car les dissolutions salines, comme Ta prouvé M. Despretz, ont uii maximum de densité comme Feau ordinaire; seulement, dans celle-ci, ce maximum est -I- 4^ tandis ^que, dans i*eau de mer, il est à peu près de ^3^1 6 ei au-dessous du point de congélation, qui,