CHAPITRE III
Voici comment s*opcre la distribution de la températurc dans les lacs. Dans les lacs de Suisse, il se rend continuellement des eaux provenant de la fonte des neiges, qui, en raison de leur densité, occupent leurs parties inférieiu'es. Pendant Tété, les couches supérieures participent seules à récliauffenient solaire, l'agitation de I*air ne se faisant sentir c|u'à une certaine profondeur, par la raison qu'elles sont soutenues au-dessus des couclies inférieures, en vertu d'une densité moindre. Vers la fin de l'automne, la température doit être sans cesse décroissante. Dans la saison froide, le refroidissement de la couche supérieure est dû au contact d(^ l'air froid et au rayonnement nocturne; l'eau ac(|uiert par là une densité plus grande que les couches qui sont au-dessous et avec lesquelles elle se mêle en tombant. Le nid.viniurn de densité de l'eau pure étant de -\- 4**, au lieu d'être audessous de zéro comme flans l'eau salée , et l'eau des lacs ne renfermant que peu de matières salines , il en résulte que la température du fond des lacs s'approche sans cesse de H- [\ \ et ne peut être plus basse que cette température.
§ W. — Des glaces polaires .
La température allant en décroissant, de lequateur aux pôles, il en résulte que les régions polaires, qui ne reçoivent que les rayons obliques du soleil, et qui sont privées pendant six mois des rayons directs, ont une température inférieure à celle de la congélation de l'eau; il y règne mi froid très-intense, qui s'étend à une certaine distance autour des pôles.
Dans l'hémisphère nord, la limite des glaces permet d'avancer jusque vers le 79*" ou le 81/ degré de latitude, tandis que, dans Thémisphère sud, les bancs de glace se déplaçant continuellement, et les navigateurs n'ayant pu s'avancer que dans les solutions de continuité que laissent entre eux ces bancs, il s'ensuit qu'ils ont évalué diversement la limite des glaces polaires. Nous renvoyons le lecteur à la page 109, où on a déjà traité de la
aSo DES VERS.
température 'des p6les. On a estimë apprcptimativement rétendue des glaces australes à peu pfès à 6 fois celle des glaces du nord; mais, d'après ce qui précède, on ne sait pas au juste si ce rapport est exact.
On distingue, dans les régions polaires, la glace d'eatf douce et la glace dVau de mer; celle-ci, quoique composée d'eau douce, puisque la congélation opère la séparation du st 1 et de l'eau, est poreuse, opacpie, en fragments et moins pesante que la glace d'eau douce. L'homogénéité et la transparence de cette dernière est telle, que le capitaine Scoreshy i^.lnnafrs de p/iysicitic cl de chimie, t. V, p. 63l a pu se servir de fragmeuls, dont la convexité même n'i^lait pas très-régulière, connue do lentilles de verre lim[)i(le, à l'aide desfpielles il a enflammé des corps cond)Ustibles placés au foyer.
Lorsqu'on arrive dans les régions polaires, on trouve que la mer est couverte d'amas de glaces, auxquels ou a donné le nom de champs de. glace ^ qui s'élèvent de 2 à 3 mètres au-dessus de la mer, s'enfoncent de 6 mètres au-dessous, et qui ont quelquefois une étendue de j5 lieues. Ces champs de. glace ne restent pas toujours entiers : ils se divisent, les fragments s'amoncellent et donnent lieu à des chaînes beaucoup plus irrégulières que les premièi*es. On sait d'après M. Scoreshy, dont les voyages ont cootribué à faire connaître les particularités de ces phénomèties, que la glace peut se former en pleine mer; et même, lorsque, dans un endroit, les cristaux apparaissent, la mer est calmée presque immédiatement; ce savant navigateur explique comment les montagnes de glace peuvent se produire, en admettant que, lorsque la glace a acquis près de i mètre, les neiges qui tombent sur sa surface se fondent, puis gèlent ensuite; ce phénomène répété peut augmenter considérablement leur masse.
On trouve aussi, dans ces parages, des montagnes de glace ^ qui n*ont pas la même étendue, mais qui sont beaucoup plus épaisses et atteignent des hauteurs considérables. Elles sont souvent situées sur terre, à Tex-
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tr^milë de vallées qui viennent s'ouvrir dans la mer et forment les extrémités des glaciers polaires. Ces glaciers déversent donc dans la mer ces blocs de glace qui ont quelquefois des dimensions énormes. On en voit qui sont recouverts de quartiers de rochers, d'arbres déracinés, et quelquefois de petits lacs d'eau douce, formés dans leurs ^'^cavités. Il faut rapporter'à des causes analogues ces blocs erratiques, ou «fom/V/pj, qui sont transportés par ces débris de glaciers polaires à des distances considérables de leur gisement primitif. Ainsi, aux îles Shéthnd du Sudviennent échouer des glaces provenant du p61e sud , et qui transportent des masses de granit et de gneiss. .
Ces montagnes de glace sont,, en général, très^fra^ gîtes, et se brisent dans toutes leurs parties par des chocs qui ne sont pas très«violents.
On a avancé que les glaces dû pôle nord s'étendent davantage qu'aiijtrefois, èt on cite, à cet égard, ïegjc&tes du vieux Groenland , qui étaient habitées, et qui sont maintenant inacbéssîUl» «t couvertes d'énormes glaçons; mais on ignores! cette marche sera toujotu^ croissante, et s'il ny a pas là un grand phénomène d'osciU lation à longue période, analogue à celui qui a lieu an^ nucllement dans les glaciers qui avaucent ou reculent suivant la leiiijx'ralure des saisons.-
A une certaine épotjue, (jui a lieu en juin et juillet pour riiémisphèrc nord, et en février et en mars pour rhémispliè'ie sud, les masses de glace qui s'étaient formées vers les pciles se l'ompent et s'avancent vers les régions plus chaudes, en vertu des eouiarjts d'eau, dont il sera ultérieuiMMuent question, (k's blocs de glace arrivent ({iiel([uerois vers le 4o' degn' de latitude, et lors- ' ([ue des masses semblables se renconlr'erjt , il en résulte des chocs épouvantables : en g('néral, les niasses une fois détachées des pôles out une tendance à venir dans des latitudes peu élevées.
Malgré ces mouvements continuels, il y a d^ temps en temps de grandes débâcles polaires: ainsi, en 1618 {AniuUes de ph/s» et de chim.j t. YIII, p. 3a8), on a
aSa DES MEBS.
reacontré de grandes masses de "lace entre /jo" et 4i** de lalilude nord. Ona niruie assuré que plusieurs de ces niasses de glace avaient gagné les mers tropicales. En approchant des pôles, on en a vu marcher en sens invei se : les unes poussées par des courants supérieurs, l< s autres par des courants inférieurs. En 189,9, il v eut une débâcle du pôle sud qui apporta, près du cap de BoDue-^spérance, d'immenses masses de glace.
5 V. — Omiposiùun de I caudemerisalute de C Océan,
L'eau de mer, qui est coloré de diverses manières en mnde masse, a une saveur salée, âcre et saumâtre, due à des sels de diverse nature qu'elle tient en dissolution, et à la présence de matières organiques; elle renferme en outre des gaz , sur lesquels nous reviendrons en traitant de l'atmosphère.
Les sels sont ordinairement le chlorure de sodium, le chlorure de magnésium, qui donne à l'eau de Famertume, des sulfates de soude et de magnésie, et une petite quan* tité de carbonates de chaux et de maj^nésic.
Voici les densités des eaux de plusieurs mers, déterminées par M. le docteur Marcet {^ -i finales de physi-^ que et de chimie y t. XII, p. îiqS, année 1819):
Deoiilé. DdMilé.
Océan A rc tique (Je 6e>ài«i»4iiM.)i ,02664 Hémisphère nord (4t t* éo*). 1,02829
Équaleur 1,02777
Hémisphère sud (drs^.ci») . . i,05<)ao
Mer Jaune .1 ,02291
Mer Méditerranée i/>293o
Mer de Marroara(Mf .)i,oi9io
— Noire i,oi4oo
— Blanche 1,01900
Baltique (<i,niieSund). . . 1,01600
Baie de Baftiii i ,000 1 5
Lac Ouroiia 1,1 6^07
Le tableau suivant reaferme les analyses de quelques eaux de mer.