CHAPITRE III. aSg
Si la mer est peu [)rof(Hicle et qu'au fond se trouve du sable jaunâtre on verdâtre, une teinte de jaime et de vert, provenant de la manière dont ces sables sont éclairés^est renvoyée à l'observateur et se métange au bien de l'eau, de sorte mie la masse de TOcéan paraît verdâtre ( i ). C'est là peut-être, comme le pense M. Arago ( Atumaire de 1809, page /|36), le secret des nuances qui indiatient au navigateur la présence des bas-fonds^ Si le fond de mer est roageâfre, comme dans la baie de Loango, la teinte peut tourner au roug^* Enfin, lorsque la mer tient en suspension des matières organiques verdâtres , ou bien des matières terreuses jaunâtres ou rougeatres, principalement près des cotes, la teinte bleue de focéan, et Ton peut dire celle de l'eau en général, se complique de ces (Icriiic res et peut êln* entièrement masquée.
il faut rapporter à cette cause les bandes d'eau vci It,' si éteiulucs (jut I on rencontre dans les mers j)<)lalies, et qui, d'après Seore^hv, ne doivent leur couleur qu'à des myriades de méduses dont la teinte est jainiàtre. Ces couleurs sont (juchjuflois si tranchées, ({uc Ton passe du vert au hieii. conuiic cAw arrive près des endiouchures des fleuves, lorstp! ou ilihinii;ue à une grande distance les eaux qui ne sont pas mélangées.
l'^nfin, les vagues d'une mer qui paraît l)leue, lorsqu'elle est calme, peuvent présenter des teintes verdà-
affccfrr les corps; il suffit de faire dissoudre dans qiiel(|ii<'s litres d'eau dislillee un peu de sulfate de quinioe à 1 aiUe de plusieurs gouttes d'acide sulfurique, pour avoir un liquide dont la surface, vue sous une grande incidence, paraît bleue par réflexion.
(i) 11 est intéressant, ù prupus de ce sujet, de rappeler quelle est Tabsorption éprouvée par la lumière dans son passage à traversreau.Bougueratrouvequeiopiedsd'eau de merU'aosparente
et assex pure n'absorbent pas au plus o,4 de la lumière iocideote. Il résulte de là qu'après un trajet de 10 mètres, un faisceau d'une intensité i n'aurait plus qu'une intensité 0,^16; après ao™, 0,047; après jo'", <>,oi; après 40"', 0,00a; et aj)rès 60", o,ooo5 ou \ millième de rintcusité de la lumière incidente. Loi*sque Feau est trouble^ l'absorption de la lumièro est beaucoup plus tapide.
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tm quand il arrive de la lumière transmise par les tranches de ces vagues, car, d'après ce que nous avons dît, la teinte des rayons transmis par l'océan tourne au verdâtre ou an jaunâtre.
En Amérique, suivant M. de Humboldt, on observe des différences tirs-marquées dans les couleurs des rivièra; le Zama, le Mataveni, TAtabapo, le Tuamini, etc., paraissent bruns en grandes masses, et d*un beau vert» pré quand le vent agite leur surface. (Humboldt, Voyage aux répons équinoxiales ^ t. VU, p. ang.)
Ces eaux sont très-transparentes et très-limpides , et letkr fond est formé d'un sable quartzeux très -blanc. M. de Humboldt attribue leur couleur noirâtre à la présence de carbures d'hydrogène; en tout cas, ce sont des matièr^ étrangères tenues en dissolution qui produisent ces effets.
On a prétendu que la teinte du bleu céleste atmosphérique se mêlait à celle de l'eau , et pouvait aider à lui donner cette nuance. Pour s'en assurer^ il suffirait de regarder l'eau sous une certaine inclinaison; la lumière alniosphérique, arrivant alors réfléchie vers Tobservateur, est polarisée, et, d'après M. Arago, on pourrait réliniinei'à l'aKlc de prismes deNiebol ou de tourmaline. On verrait si la teinte de l'eau reste encore d'un beau bleu dans les endroits où elle est très-pui'e.
En résumé, lesl«Mnti ssi divei'ses des eaux proviennent probablement d'aitions physiques partieidières qu'éprouvent les rayons lumineux dans leur ré(le\lon et leur transmission, modifiées par la présence des particules étrangères mélangées avec elles et par des circonstances accidentelles.
J V II. — Phosphorescence de la mer,
La pbosphoi escrnre de la mer a été observée depuis im temps iniincnKjrial. î^e phénomène est tellement njarqué dans ( frlaiues localités, qut? les personnes qui prennent le moins d'intérêt aux phénomènes naturels
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ont dû èive frappées de TefTet magique qu'il produit quelquefois.
Dans la plupart des régions de l'Océan, en général dans le voisinage des cotes, des îles ou des récifs, et particulièrenient sous la zone tropicale et dans la mer des Indes, dès que le jour disparaît, on voit jaillir du sein des eau\ une lumière phosphorique plus ou moius vive. Cette lumière se manifeste aux crêtes des vagues qui retombent sur elles-mêmes, autour du gouvernail des vaisseaux, dans les lames qu'entr'ouvre la proue, et dans les flots qui se brisent sur les rochers et les récils. L'effet est souvent si remarquable, qu'un bâtiment poussé par le vent laisse au loin derrière lui une trace lumineuse qui s'ef&ce insensiblement
La phosphorescence de la mer se rattache à celle des corps organisés, et est due,soit à des animalcules qui nagent dans la mer, et qui nous présentent sur une plus petite échelle les lueurs des lampyres (vers luisants), ou des fulgores; soit à des matières organiques tenues en suspension dans les eaux, et analogues à la mucosité qui suinte des poissons de mer dans lesquels la phospiiorescence est d(*veloppee.
L'observation suivante de MM. Quo) etGaimard (///?- /Kiics (L'S sciences fuiducUes y l.W ^ p. 12) don ne une idée de la manière dont le phénomène se produit dans beaucoup de circonstances. Etant mouillés dans la petite île de Rawak, |)Iacée sous Téquateur, ils virent un soir, sur l'eau, des lii;nes d'une hlancheur éclatante; en les traversant avec leurs canots, ils voulurent en enlever une partie, mais ils ne Irouvèi'ent qu'un fluide dont la lueur disparut entre leurs doigts. Peu de temps après, pendant la nuit, la nn^rélarit calme, ils virent près du vaisseau heaucoup de zones semblables, blanches et fixes; les ayant examinées avec soin, ils reconnurent qu'elles étaient produites par des zoophytes d'une petitesse extrême, renfermant en eux un principe de phosphorescence, et qui, en nageant en zigzag, laissaient sur la mer les traînées lumineuses dont nous venons de
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DES MERS
parier. Ils mirent le fait hors de doute^cii plaçant dans un bocal rempli d*cau deux de ces animalcules, qui rendirent immédiatement toute Tcau lumineuse. Ils ont constaté, en outre, que la chaleuj est une des causes déterminantes de leur faculté lumineuse.
Les observations que Tun de nous (M. Becquerel) a faites en commun avec M. Breschet, dans les eaux de la Jircnta, confirment celles de MM. Quoy et Gaimard, et montrent que la phosphorescence de la mer peut être due à une matière organique intimement combinée ou n)élangéc avec elle. Les eaux de cette rivière, à quelques milles de Venise, jouissent de la propriété, dans les grandes chaleurs, quand elles sont ébranlées par le plus léger choc, de devenir lumineuses. Le corps le plus léger que Ton jette dans Teau suffit pour faire naître la lumière, non-seulement dans le point frappé , mais encore dans toutes les ondes provenant de l'ébranlement du liquide. Il en résulte que, dans l'obscurité, on peut suivre très-loin toutes les ondes liquides. Cette faculté lumineuse diminue h mesure que Ton approche du bras de mer qui sépare Venise de l'endjouchure de la Bi enla, et il arrive un point où elle n'est plus sensible.
A l'appui de ce fait que les matières organiques sont quelquefois dans un certain état de décomposition qui précède' la putréfaction, état analogue à celui dans lequel se trouvent les poissons de mer qui deviennent lumineux, nous ajouterons cpie, dans certaines circonstances, la vase des marais peut devenir phosphorescente. Cet état particulier dans quelques cas, et dans daiilres la présence d'animalcules lumineux, comme MM. Ehrenberg, Quoy et Gaimard l'ont obsei vé, sont les causes de la phos» phorcscence de la mer.
SECTION IL
DU MOUTBMEXT DBS BAUX A LA SURFACB DU GLOBE.
Dans les paragraphes précédents, nous avoiis vu