CHAPITRE III. a
quel était le niveau de la mer dans les principaux bassins, sa température à diverses profondeurs au-dessous de la surface sous différentes latitudes, sa profondeur totale, et enfin les principales propriétés physiques des eaux de rOcéan; nous avons à examiner maintenant quels sont les mouvements qui se manifestent dans leur masse et à leur surface, et enfin les causes de ces mouvements. Nous parlerons d'abord des marées qui sont dues à l'attraction de deux des corps célestes, mouveinents complètement distincts des autres; nous décrirons ensuite les courants marins qui sillonnent l'étendue de l'Océan; enfin nous examinerons l'action destructive des eaux, soit sur les rivages de la mer, soit dans nos vallées, par suite du passage des eaux pluviales dans le lit des riviè- ' res et des lleuves.
§ I. — Des marées,
' Dans tous les ports de l'Océan , sur toutes ses côtes, en Europe, en Afrique, en Amérique, la mer s'élève et s'abaisse au-dessus et au-dessous de son niveau moyen deux fois |)ar jour Ce même eftet se manifeste dans la mer des Indes, dans le grand océan Pacifique, dans Tocéaii Austral, etc. Sous le nom de fiux et de reflux de la mer, il constitue un phénomène immense par son étendue, et surprenant par la brièveté de sa période d'environ douze heures. Le retour peipétuel et le reirait alternatif de cette énorme masse liquide en quel- ([ues heures sur de vastes plages, dans les larges embouchures des fleuves, dans les ports, offriront toujours un spectacle digne d'admiration. Les grandes agitations de l'atmosphère influent accidentellement sur l'abaissement ou l'élévation de quelques marées, et y peuvent exciter des perturbations; mais la grandeur du phénomène domine ces circonstances et ne se peut confondre avec elles. En parlant de la grandeur du phénomène des marées, nous faisons surtout allusion à son étendue immense, car, le plus communément, la différence de la haute mer à la basse mer ne présente qu'une éléva-
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tion crim petit nombre de mètres. Cette hautear est très>vanable d'une localité à une autre : dans la mer da Sud, la hauteur des marées n'atteint pas un mètre; sur
certaines côtes, elle surpasse ao mètres.
Des observations suivies ont fait connaître les principales lois des nuiiées : la première de res lois décèle une liaison intime du retour des marées de cliacjueport avec riieure du passage de la lune au méridien de ce port. Ainsi on a trouvt' (|iie l inlervalle mo\eii de deux passages de la lune au mérulien d'iai même lieu est de i',o35i, dont la moitié est o',5i75 ou i-i^'af/ : or cet intervalle de est la durée moyenne (jui sépare
deux pleines mers consécutives.
Ce grand phénomène physique est une des conséquences de la gravitation universelle, et pro\ient do Tattraction de la lune et du soleil sur la masse des eaux (|ui recouvrent notre glcjbe. Cette allraetion, en effet, change la figure de la mer en quelcpies heures, comme nous Tavons vu, et donne lieu aux mouveoieuts rcguiiers et périodiques du flux et du reflux.
Pour concevoir comment ces effets peuvent se produire, imaginons la terre en TM, planche I, fig. 6, et la lune en L. Si la lune n'agissait pas sur la masse li- . quide dont la terre est en grande partie recouverte, ce liquide serait terminé par une certaine surface m m' m , coirespondante aux attractions de toutes les molé« cules du sphéroïde sur chaque molécule fluide : une molécule m est alors soutenue a la surface par les pre$« sions qu'elle reçoit de ^11^^^ lui sont contiguês et qui lialanccnt son ^i^rMaifty si à cet état de choses l'action de la lune vKont s'ajouter, et que cet astre soit placé en L sur le {)roli»ngement de Tm, la forme de la surface m m' m" légèrement modifiée; elle sera allongée dans les sêns T/n et Tm'\ et un peu déprimée dans le sens pei*pendiculaire Tm% car le volume total du li<^uide ne changera pas. Pour reconnaître la cause de l'élévation de la molécule m et de celles qui l'environnent, on doit remarquer que la lune agit sur m