‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 131 sur 358 · Ribot, 1. c · texte numérisé non relu

Ribot, 1. c

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hébraïques : on découvrit qu’à l’âge de neuf ans elle avait été recueillie par un vieux pasteur protestant, grand liébraïsant, qui chaque jour après ses repas faisait une lecture à haute voix dans un corridor donnant sur la cuisine où se tenait l’enfant, et les phrases se trouvaient dans les hvres de la bibliothèque du pasteur Comme le dit James : « Notre sphère de souvenir est plus étendue que nous ne le pensons » Il ne faut donc pas conclure à la hâte que, dans l’amnésie proprement dite, le souvenir est réellement perdu. En particulier, dans toutes les amnésies de source hystérique, on peut constater que le sujet se rappelle dans l’hypnose et le rêve les faits qui semblaient entièrement oubliés ® ; les amnésies générales elles- mêmes ne sont qu’apparentes. En étudiant le cas de Mary Reynolds qui se réveille à dix-huit ans d’un sommeil de vingt heures (( ayant perdu absolument tous ses souvenirs... comme un être entrant pour la première fois dans ce monde...., mais avec les facultés de V âge adulte ^ », Janet fait remarquer avec raison que le défaut d’intelligence de l’enfant consiste dans l’absence de souvenirs, d’associations d’idées, de tendances préorganisées à passer d’une image à une autre ; par conséquent : « Ou M. a réellement perdu tous ses souvenirs et a Vesprit d'un enfant qui vient de naître, et alors elle est inintelligente, stupide, comme V enfant qui naît ; ou elle est intelligente et alors elle n'a pas perdu ses souvenirs *. » Toutes les expériences faites sur « la résistance de l’oublié » prouvent que le plus souvent les souvenirs que l’on croit perdus influent en réalité sur le cours des représentations, sur les jugements de reconnaissance ; c’est ainsi que nous savons ce que les choses ne sont pas sans savoir ce qu’elles sont •.

1. James, Pr. of ps. t. 1, 681 ; Taine, Intelligence, t. 1, 133.

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