‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 148 sur 358 · Janet, Névr. et I. f., t · texte numérisé non relu

Janet, Névr. et I. f., t

IMAGES

fait déjà vécu qui en se représentant réintègre les états émotionnels l’ayant accompagné ; ce critère n’est en somme qu’un cas particulier de la cohérence de l’objet avec l’expérience passée.

2° Reconnaissance d’un objet perçu. Examinons les différents critères proposés. A. La perception serait unie à une image libre du même objet : la reconnaissance viendrait de l’association ainsi formée Pour comprendre cette théorie, il faut remarquer qu’à côté de cet ensemble d’images uni à la sensation de l’objet et constituant sa perception (23) peut surgir une image libre, c’est-à-dire distincte de ce groupement et reproduisant le fait passé. Les faits prouvent que ce critère ne s’applique pas à tous les cas. Bourdon dictait des mots, des chiffres, des lettres à un sujet ; celui-ci devait signaler les signes déjà prononcés. Les nombreuses erreurs du sujet ne pouvaient venir de la confrontation avec l’image antérieure puisque cette dernière n’existait pas Bergson oppose également à cette théorie plusieurs expériences sur la cécité psychique Dans cette maladie les objets sont vus et ne sont pas reconnus : si la théorie de la double image est vraie, lorsqu’il y a simultanément vision et image souvenir, la cécité psychique est impossible, et réciproquement, lorsqu’il y a reconnaissance même partielle, il doit exister des images visuelles ; or Wilbrand, Fr. MüUer et Lissauer citent des cas où le sujet pouvait évoquer la vision intérieure de l’objet, le décrire, sans pouvoir cependant le reconnaître et dans les cas de dépersonnalisation bien souvent l’image souvenir est manifestement présente à côté de la perception sans qu’il y ait reconnaissance Inversement Charcot a étudié un cas

1. Cf. Peillanbe, 1. s. c., 277-281 ; Dromard et Levassort, 1. s. o,, 142-148 ; Bergson, Mat. et mém., 90-92.

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