Myers, 1. s. c,, 237, exp
IMAGES
: « Une personne amputée d’un membre croit souvent le posséder encore^ ou du moins continue à recevoir de lui d’apparentes sensations internes et meme à localiser ces sensations en un point de V organisme qui n’existe plus » Cette illusion présente tous les caractères d’une image objectivée par déficit de sensations antagonistes réductrices. En effet, comme le remarque Janet : « La précision de la perception du membre et de sa localisation va en diminuant comme dans le cas des faits rapportés par le souvenir. Quand le membre a été coupé depuis peu de temps, l’illusion le présente tel qu’il était ; mais interrogez les amputés vingt ou trente ans api'ès, ils diront par exemple : « Mon bras s’efface, il devient de plus en plus vague », ou « mon bras se transforme, il se rapetisse », tant et si bien qu’ils finiront par croire que leur main s’applique à leur épaule. Or qu’est-ce qui a diminué ? Ce sont les parties intermédiaires auxquelles on pense le moins ; un amputé de la jambe prétendait au bout de quelque temjjs que son orteil touchait le haut de la cuisse ; d’autres diront que leur main est articulée au haut du bras » Si, au moment où le nerf excité donne au sujet l’illusion « de posséder la pai'tie du membre- fantôme à laquelle il rapjsorte la sensation perçue, on touche et comprime fortement cette même partie du corps dans le membre sain qui reste, dans la totalité des cas... cette simple sensation véridique, symétrique et analogue à la sensation illusoire, suspend toute la fantasmagorie dont l’amputé est le jouet » L’excitation qui affecte une partie du nerf réveille tout un cortège d’images représentant les affections autrefois réunies dans une même sensation à l’affection du nerf : ces images n’ayant pas de réducteurs obvies, comme il est facile de le constater, sont objectivées ; si au contraire on fait intervenir une sensation antagoniste pouvant servir de réducteur, l’illusion est immédiatement supprimée, c) Illusion du correcteur d’épreuves : elle a été exposée