‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 161 sur 358 · Piéron, 1. s. c · texte numérisé non relu

Piéron, 1. s. c

3. Cf. Claparède, La lune à l’horizon, Arch. de ps., t, 6, 121-148.

IMAGES

des vapeurs que les rayons doivent traverser pour parvenir de l’horizon jusqu’à l’œil, et par conséquent l’image rétinienne serait agrandie ; cette explication proposée par Aristote ^ et Ptolémée se heurte à cette difficulté que les dimensions des astres photographiés ne diminuent pas si l’on passe de l’horizon au zénith, et la réfraction amoindrit au contraire de plusieurs minutes le diamètre vertical de la lune * ; il paraît cependant probable que l’état de l’atmosphère près de la surface de la terre éteint la clarté et modifie la couleur des astres lorsqu’ils sont à l’horizon, et par suite intervient dans l’explication du phénomène En 1700 le P. Goüye « émit Vhypoihèse que V agrandissement de la lune derrière les arbres était dû à ce que les branches d'arbres se 'profilant sur le disque de V astre sont autant d'objets particuliers qui par leur multitude donnent lieu d'imaginer que l'objet total qu'ils composent est d'un plus grand volume » Cette hypothèse pourrait être rapprochée de l’explication donnée plus haut à l’illusion de Müller-Lyer : le regard dirigé sur l’astre à l’horizon est attiré par les objets qui semblent le toucher, et par suite nous l’estimons plus grand. Helmholtz donne l’interprétation suivante : « La lune semble plus grosse à l'horizon parce qu'elle apparaît derrière des arbres^ des maisons ou des objets terrestres avec lesquels nous la comparons. La lune, étant vue sous le meme angle que ces objets, mais située plus loin, nous la considérons comme bien plus grande » On objecte à cette hjrpothèse d’Helmholtz que l’astre est agrandi lorsqu’il se lève au-dessus de la mer, bien qu’il ne se trouve pas d’arbres ou de maisons avec lesquels on puisse le comparer ® ; cette objection preuve seulement que la cause indiquée n’est pas la seule. R. Bacon,

Page 1