Etats affectifs purs
Le problème est le suivant : des impressions agréables ou désagréables peuvent-elles rapporter uniquement ces états algédoniques, ou au contraire tout état affectif conscient n’est-il que la connaissance d’une partie de l’étendue, connaissance affectée de plaisir ou de douleur ? Cette question a d’intimes relations avec la précédente : on conçoit difficilement qu’un état affectif existant par lui- même ne puisse pas revivre à l’état de représentation, et au contraire on s’explique parfaitement que, selon l’expression de Külpe, l’actualité soit une note essentielle des modalités d’états de conscience actuels.
La réponse doit donc être donnée négativement ; nous ne pouvons même pas concevoir ce que serait le plaisir ou la douleur en soi ; on ne ressent que la douleur de telle opération.
Les auteurs qui admettent les états affectifs purs commettent en général la première erreur reprochée à Ribot et confondent impressions affectives et sensations cénesthésiques. Ecoutons Ribot lui-même : « J^ai réduit ces états de conscience affective pure à quatre types principaux : 1° Etats agréables {plaisir, joie) celui du hachich et de ses analogues... 2® Etats pénibles {tristesse, chagrin), la période incubation de la plupart des maladies... 3° Etats de peur : sans raisons, sans causes apparentes, sans objet, sans justification, peur de tout et de rien ; 4P Etats d'" excitation : se rapproche de la colère, est fréquent dans les névroses ; c^est une manière d'hêtre instable et explosive qui, d’abord vague et indéterminée, finit par prendre une forme, s'attacher à une représentation et se décharger sur un objet b » Puis Ribot ajoute d’autres
ÉTATS AFFECTIFS
états : la fatigue, l’angoisse, etc. ^ Il est évident que ces états sont en partie faits de sensations cénesthésiques ; or, comme nous l’avons déjà dit, les sensations cénesthésiques font connaître vraiment une partie étendue de notre corps, et par conséquent ne sont pas sous cet aspect des états affectifs.