‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 216 sur 358 · Lombroso, 1. s. c · texte numérisé non relu

Lombroso, 1. s. c

TENDANCES

nement, ils s'enfuyaient simplement sans savoir pourquoi b Ferrari signale la même impulsion : « Le sentiment dominant était le besoin de fuir... C^est ainsi qu'une jeune filles déterrée le cinquième jour sans blessures ^ se mit à m r:her vers la mer et s'y jeta sans qu'on ait eu le temps de l'en empêcher » On ne peut attribuer ces réactions de fuite à des teixdances acquises, car précisément les habitudes dues à l’éducation semblaient chez beaucoup avoir cessé d’exercer leur influence ; de paisibles habitants connus par leur honorabihté se livraient à des actes criminels en opposition avec leur manière normale d’agir ®. En revanche les individus ayant à leur disposition des ressources morales supérieures, en particulier les religieux, montrèrent souvent une très grande maîtrise de ces impulsions spontanées. Il est intéressant de noter la force de l’instinct de conservation dont la peur n’est d’ailleurs qu’une manifestation défensive. Il y eut des hommes et des enfants qui passèrent un ou deux jours sur l’appui d’une fenêtre au troisième ou quatrième étage entre deux abîmes, sans se laisser vaincre par le froid, le vertige et le sommeil. L’instinct de la conservation de l’espèce, si puissant en particuHer chez la mère, l’emporta souvent sur l’instinct de la conservation personnelle : « Les mères ne pensèrent pas tout d'abord à ellesmêmes, mais à leurs enfants. On en retrouva des centaines, mortes leurs enfants dans les bras ; un grand nombre avaient matériellement fait bouclier de leur corps à l'enfant qu'on retrouva intact sous la mère frappée à mort par les poutres et les pierres » (On a dans ces résultats une application de la méthode d’observation indiquée n^S A.) Comme on le voit, l’étude des instincts humains n’est pas inabordable, malgré les réelles difficultés qu’elle présente.

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