Grassot, Introd. phys
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les Allemands appellent : « Einfülilung — sentiment au dedans », qui est une application quasi spontanée du raisonnement par analogie. Le lien entre la mimique et l’émotion est tellement étroit que la reproduction de la mimique émotive peut susciter l’émotion qu’elle suit normalement. Grasset cite sur ce point les observations de plusieurs psychologues ^ : « On rapporte, dit James, que Campanella, quand il voulait connaître ce qui se passait dans Vesprit de quelqu'un, contrefaisait de son mieux la physionomie de cet homme, en concentrant en même temps sa pensée sur ses émotions propres. De même Burke : « J^ai souvent observé qu'en imitant Vapparence et les gestes de personnes en colère, placides, efjrayées ou audacieuses, f arrivais involontairement à tourner mon esprit dans la direction de la passion dont f essayais de reproduire V expression. » Et Fcchner : « On peut trouver par sa propre observation que le fait d'imiter V expression physique d'un état mental nous le fait comprendre beaucoup mieux que si 'nous nous bornions à le contempler. » Chacun sait {dit James) comment la fuite aggrave une panique et comment on augmente le chagrin ou la colère en se laissant aller aux symptômes de ces passions. Chaque accès de sanglot rend le chagrin plus intense et appelle un autre accès encore plus violent, jusqu'à ce qu'enfin le repos vienne avec la lassitude et l'épuisement apparent de la machine. » Il n’y a sans doute dans ces faits rien de plus qu’une application de la loi de réintégration, mais, s’il y a lieu de vérifier cette règle de la révûvisccnce des associations passées, c’est précisément parce que la mimique observée chez autrui a été autrefois liée chez nous à une émotion semblable à celle qu’il éprouve, ce qui établit bien la spécificité de cette réaction. Schultze a fait sur ce point dos expérience.? précises : on photographiait des enfants pendant qu’ils regardaient un certain nombre de tableaux t3’^piques, puis photographies et tableaux étaient montrés à d’autres personnes qui distinguaient avec une surprenante précision les photo-
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graphies prises au moment de l’exhibition de tel tableau déterminé En revanche on ne retrouve pas chez les aliénés et les idiots cette mimique appropriée, du moins dans un grand nombre de cas : dans ses expériences sur 700 enfants et jeunes gens anormaux Pennazza constata les faits suivants : « Le visage de beaucoup d'entre eux est figé dans une expression particulière... ils portent comme un masque qui exprimerait chez Vhomme normal un état d'âme particulier ^ mais qui, chez les anormaux, n'a aucun rapport avec leurs sensations émotives on intellectuelles... L'auteur a essayé de faire faire à quelques anormaux des exercices méthodiques de contraction des muscles mimiques... Dans bien des cas il s'est trouvé en présence d'anormaux chez lesquels, bien qu'ils fussent peu gravement atteints, il était impossible de faire contracter les muscles mimiques servant à exprimer le sentiment contraire à celui habituellement exprimé par le visage... Quand ces anormaux rient, leur physionomie pleure ; chez d'autres c'est le contraire qui se produit. Chez les idiots la vraie mimique ^st presqu' entièrement absente ; chez les imbéciles, elle est exagérée et irrégulière ; chez les anormaux épileptiques, elle est agressive ou endormie *. » c) Si la mimique révèle l’émotion à autrui, ce sont les impressions cénesthésiques qui font prendre conscience au sujet du trouble de la tendance ; leur ensemble est caractéristique de chaque émotion et chacun reconnaît son état de peur, d’angoisse, etc. Ces impressions cénesthésiques peuvent affecter les muscles, les viscères, le cœur ; ce dernier en particulier ressent le contre-coup de toutes les émotions et est vraiment leur organe manifestatif par excellence *. Plusieurs psychologues, entre autres
1. R. Schultze, Die Mimik der Kinder, I^ipzig, 1906. Auâ d. Werkatatt, d. exper. Psychol. u. Padagogik, Leipzig, 1913, 125-146, 188-197.
2. G. Pennazza, Piccolo modo primitivo (Arch. de ps. t. 9, 233, anal, par Elmer).
3. Cf. R bot, Ps. des s., 117-119. Wcodworth, Mouvement, 221. Do Cyon, Le Cœur et le cerveau, R. sc. 1873, t. 2, 481 : Nerfs du cœur. Aie. 1906, ch. 4; Dieu et science. Ale. 1910, 16 1-1 68. Grasset, Intr. phys., 353.
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Sollier, admettent l’existence d’une céncsthésie cérébrale ^