Théories émotionnelles
La théorie périphérique fait consister l’émotion dans la connaissance des impressions cénesthésiques : cette opinion a été soutenue sous plusieurs formes. Pour le Danois Lange, l’essence de l’émotion est la réaction vasomotrice * ; pour Sergi et pour Revault d’Allonnes l’essentiel est la conscience de la réation viscérale ^ ; pour James, la conscience de la réaction musculaire, du moins pour les émotions (( grossières » qu’il oppose aux émotions « délicates * » ; pour Sollier, la conscience de la modification cénesthésique du cerveau. La théorie cérébrale au contraire placerait l’émotion dans la dérivation même de la tendance, et par conséquent son siège serait dans les synapses cérébraux, dans ces parties du système nerveux central où l’influx d’énergie des nerfs sensitifs dérive vers les nerfs moteurs. (Remarquons cependant que le sens du mot « cérébral » opposé à (( périphérique » peut prêter à l’équivoque ; la théorie de Sollier est en un sens une théorie cérébrale. Nous appelons ici (( théorie périphérique » celle qui place la nature de l’émotion dans la connaissance d’une impression cénesthésique ; « théorie cérébrale » celle qui la fait consister dans la dérivation centrale de la tendance et considère l’impression cénesthésique comme une conséquence.) W. James expose clairement la différence entre la théorie périphérique et la théorie cérébrale : « D'après le sens commun, nous perdons notre fortune, nous sommes affligés et nous pleurons ; nous rencontrons un ours, nous avons peur et nous fuyons ; on nous insulte, nous nous fâchons et nous frappons. Je prétends que cet ordre est inexact, que le fait de
1. Mécanisme des émot., Aie. 1905 ; J. ps. n. et p. 1906, 21-25 ; Sentiment cénesthés., Congr. ps. 1909, 197-211.