Cf. Ann. ps. 1909, spec
la Psychologie expérimentale appliquée à la Pédagogie.
3® Il est facile de se rendre compte qu’il existe un abîme entre les névrosés et les représentants supérieurs de l’humanité. Nombre de^ psychologues ont prétendu que les hommes de génie et les saints étaient des anormaux et des névrosés Si l’on se reporte à ce qui a été dit plus haut (86, 87) et dans beaucoup d’autres endroits de ce traité (Cf. V. g. 69-70), si l’on consulte les notes psychologiques données aux névroses par les spéciahstes (Cf. tableaux 3, 4, 5), on verra qu’il est dans l’essence même de la névrose de produire une incapacité de synthèse, d’adaptation au réel, et aussi d’affaiblir la volonté, a) Pour ce qui concerne les hommes de génie, il suffit de citer la vigoureuse conclusion donnée par Janet au dernier chapitre de l’automatisme psychologique : « Quelles que soient les analogies dans les circonstances extérieures^ la folie et le génie sont les deux termes extrêmes et opposés de tout le développement psychologique. Toute Vhistoire de la folie, comme Va soutenu Baillarger et après lui beaucoup d'aliénistes, n'est que la description de l'automatisme psychologique livré à lui-méme, et cet automatisme, dans toutes ses manifestations, dépend de la faiblesse de synthèse actuelle qui est la faiblesse morale elle-même, la misère psychologique. Le génie, au contraire, est une puissance de synthèse capable de former des idées entièrement nouvelles qu'aucune science extérieure n'avait pu prévoir, c'est le dernier degré de puissance morale. Les hommes ordinaires oscillent entre ces deux extrêmes, d'autant plus déterminés et automates que leur force morale est plus faible »
h) Il est encore plus étonnant qu’on ait pu classer parmi les névrosés les saints canonisés par l’église catholique. Ils ont eu des visions, objecte-t-on, et l’hallucination est une
1. Cf. Lombroso, Homme de génie (Réfuté par de Baets, R. q. BC. 1895, t. 35, 182-213). Ferrari et Renda, La teoria del genio di Lombroso, L’opera di Lombroso, Bocca 1908. Cf. Séance de la soc. fr. de ph. 26 oct. 1905,* Congr. de ps. 1909, 113-182 pass., spec. 140, 143, 154.