Objet de la psychologie transcendante
Les psychologues contemporains ont entendu dans deux sens très distincts l’objet de la psychologie transcendante :
La psychologie transcendante a pour objet les phénomènes psychiques ne se conformant pas aux lois étabhes jusqu’ici pour l’ensemble des faits de conscience, par exemple la connaissance des pensées d’autrui sans l’intermédiaire de signes, le toucher à distance, l’action à distance sur les corps ou sur les actions des autres hommes par l’influence de la volonté, etc., faits que l’on peut grouper dans l’état actuel des expériences sous les deux titres : phénomènes télépathiques et phénomènes médiumniques. Cette étude des phénomènes transcendants peut se comprendre en deux sens : a) Y a-t-il des phénomènes de ce genre ? C’est là une question préalable dont la solution fait l’objet de la recherche ; mais si le psychologue s’arrête à la simple constatation d’existence, il est clair que le seuil de la science n’est pas encore franchi, du moins si l’on entend par « science » la science positive qui cherche les lois régissant les phénomènes, b) Y a-t-il des phénomènes transcendants se répétant dans des circonstances déterminées ? S’il existe de tels phénomènes, quelles sont leurs lois ? Ce dernier sens est celui que peut admettre la science positive comme l’intéressant particulièrement, et celui qu’adoptent nombre d’expérimentateurs s’intéressant à ces phénomènes : « Il ne faut pas se lasser de le redire parce que là est le 'iKx.ud de la question^ Vexistence des phénomènes
PHÉNOMÈNES TRANSCENDANTS
occultes ne sera scientifiquement et définitivement établie que quand on aura fait pour eux ce que Charcot et Bernheim ont fait pour Vhypnotisme, quand on en aura fixé le déterminisme. Il y a trois ou quatre ans, Ch. Richet m'écrivait : « J'ai par devers moi, depuis quelques mois, quelques faits qui me semblent défier toute critique. Ils n'ont qu'un tort, c'est d'être non répétables et uniques, de sorte que ce n'est pas encore le moment scientifique et je ne les publie pas. » On ne saurait mieux dire. Il faut arriver à la constatation du fait scientifiquement répétable ; jusque-là il n'y a rien de fait »
2® Un second point de vue assigne pour objet à la psychologie transcendante l’étude des phénomènes religieux. Mais toute la difficulté est de préciser ce que l’on entend par le phénomène religieux. Indiquons quelques points de vue. a) Selon Hôffding : « On trouve à tous les degrés comme essence de la religion un besoin et une volonté de maintenir les valeurs de la vie au delà de la limite dans laquelle la volonté humaine peut agir à leur égard. ^ » On sait le sens donné par les philosophes contemporains au mot « valeur- » : « Tout ce qui satisfait un besoin et par suite tout ce qui provoque un sentiment de plaisir ou fait disparaître un sentiment de déplaisir a delà valeur » La volonté humaine constatant ses limites pour l’acquisition et le maintien des valeurs sent le besoin d’avoir des relations avec les puissances supérieures qui gouvernent la vie et détiennent les conditions de son existence * ; toute religion suppose donc une foi dans la durée, la continuité, la possibilité de réalisation des valeurs *, en même temps que dans certaines puissances pouvant assurer aux valeurs tous ces avantages. De cette attitude vis-à-vis des valeurs résultera une vie psychologique, en