‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 302 sur 358 · L. c., 378-394, pass. Congr. de pa · texte numérisé non relu

L. c., 378-394, pass. Congr. de pa

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même temps que des expressions extérieures (culte, rites, etc.), h) Pour Leuba, les actes religieux ne sont pas une attitude vis-à-vis des puissances dont dépend le sort des valeurs, mais la poursuite vécue de ces valeurs avec le concours d’une activité psychique surhumaine : « La religion est un moyen découvert par Vliomme pour vivre mieux et plus ahondamment, c'est une méthode de vie » Dans ce moyen sont incluses toutes les activités psychiques de Fhomme, pensées, sentiments, vohtions, qui cherchent à utiliser des activités supérieures L’étude de ces activités psychiques ainsi comprises est l’objet du « psychologue religieux » : « La tâche de la psychologie louchant ce groupe particulier de faits est de les observer, de les comparer, de les classer... Elle fera ce travail en suivayit les principes qui sont valides dans la science psychologique en général. Il lui appartiendra par exemple d'examiner les effets ordinaires de la prière, de les comparer avec des effets semblables se produisant en d'autres circonstances et d'en déterminer les conditions. Elle trouvera un vaste champ du plus haut intérêt dans l'étude du sentiment du péché, de la repentance, du remords, et des circonstances dans lesquelles les sentiments de délivrance et de pardon surviennent. Les expériences mystiques avec leur soi-disant communications divines, leurs halhicinations et autres automatismes, lui offriront un champ d'activité non moins intéressant. En apportant à ces études les données comparatives recueillies dans les différentes branches de la psychologie normale et anormale, elle arrivera à expliquer les expériences religieuses autant et de la même façon que les autres manifestations de la vie psychique » Leuba affirme d’ailleurs que : « dans les vies religieuses accessibles au psychologue il ne s'est rien trouvé qui demande l'admission d'influences surhumaines.... Il n'y arien par exemple dans la

1. J. H. Leuba, Psychologie des phénomènes religieux, C. de ps. 1909, 118-137.

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vie de la grande mystique espagnole^., pas un désir ^ pas un sentiment, pas une pensée, pas une vision, pas une illumination, qui puisse faire songer sérieusement à des causes transcendantes » c) Pour l’école de Ritschl, les fonctions de l’esprit, qui s’exercent dans la science et la religion, sont totalement différentes, quand bien même elles travailleraient sur le même objet ; il y a une expérience immédiate atteignant certaines vérités intuitivement, vérités que les procédés ordinaires de connaissance n’abordent que par des voies très différentes ; on reconnaît les formes de connaissance religieuse rejetées par Pie X dans l’encyclique « Pascendi » On retrouve la même tendance dans le livre de W. James « L’expérience religieuse » : « (Les idées de) Dieu, loi morale, science, lois de la nature, etc. (éveillent chez beaucoup) le sentiment de réalité qui est d'ordinaire le privilège des objets sensibles »

Il n’est pas difficile de voir que les deux premières positions comprennent un postulat ayant toutes les allures d’un préjugé, si elles prétendent que touts les faits religieux ne sont que des groupements intéressants des faits étudiés par la Psychologie analytique. Si ces forces psychiques surhumaines existent, et si elles sont libres, pourquoi no feraient-elles pas produire à la vie psychique dont elles disposent des actes au dessus de sa capacité normale ? Pourquoi ne les feraient-elles pas produire en dehors de tout déterminisme scientifique ? Pourquoi cette activité supérieure n’interviendrait-elle pas même dans l’exercice des phénomènes normaux ? Dès lors comment s’en rendre compte, comment atteindre les circonstances du phénomène au moins par à peu près, ce qui est cependant une

1. L. c., 132. Cf. Leuba, Tendances religieuses chez les mystiques chrétiens, R. ph. 1902, t. 2.

2. Cf. Enc. Pascendi, éd. Questions actuelles, 10, 12, 18 ; Progr, des modernistes, Rome 1908, 96-97 ; Loisy, Simples réflexions, (Cf. Et. rel., 5 avr. 1909).

3. Expérience relig., Confér. d’Edimbourg, tr. fr. Aie. 1906, 40- 51, 66-61.

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condition essentielle de toute expérience scientifique ? Sans doute il reste le terrain de la recherche et les psychologues peuvent sans cercle vicieux expérimenter et observer pour se rendre compte si ces phénomènes sont soumis au déterminisme scientifique, mais il n’est pas non plus inutile de remarquer combien en cette matière il est difficile d’apporter à ces expériences et à ces études un esprit sincère L’affirmation, exempte de toute hésitation, de Leuba au sujet de la vie religieuse de sainte Thérèse suffirait à établir cette assertion.

Quant à la position de James et de Ritschl, elle se place sur le terrain de faits à proprement parler transcendants, loin d’en nier la possibilité ; mais reste à étudier si ces faits sont susceptibles d’une étude scientifique et soumis au déterminisme. On peut bien se demander si ceux qui affirment avoir un sens particulier du divin ont montré par ce fait une supériorité vitale, mais nous ne sommes pour ain^i dire plus sur le terrain de la Psychologie. Le peu que nous avons dit de la Psychologie religieuse proprement dite fera comprendre que nous n’abordions pas ses problèmes ; il faut d’ailleurs poser une question de mot qui a sa très grande importance et se demander si les conceptions exposées répondent à ce que l’homme appelle « religion ». Nous n’avons pas à la résoudre ici, et nous nous contenterons dans ce chapitre d’examiner au point de vue de l’expérimentation psychologique l’enquête de James sur l’expérience religieuse, l’enquête sur les hallucinations télépathiques, les expériences médiumniques.

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