Emploi des méthodes psychologiques
A. Méthodes d’observation.
Les phénomènes psychiques étant toujours observés en Psychologie expérimentale dans leur relation avec le phénoniène normal, il importe de se rendre compte dans la méthode d’observation directe si le sujet est ou non normal. Pour examiner les sujets, on peut se servir des tests eu de documents fixes que l’on présente au sujet ; on a déterminé la manière dont un sujet normal se comporte vis-à-vis de ces documents et on conclut de l’observation du sujet sa situation par rapport à la normale. On trouve des listes de tests dans les traités techniques
Il faut aussi s’assurer des dispositions actuelles du sujet : un sujet normal peut ne prêter son concours qu’à demi, « avoir son attention ailleurs )) par suite de préoccupations, s’autosuggestionner, simuler certains phénomènes pour donner une opinion avantageuse de lui-même, et, puisque nous ne pouvons conclure les faits de conscience du sujet que de leurs manifestations externes, il est évident qu’une pleine confiance donnée dans les cas précédents aux déclarations orales ou gestes expressifs de l’individu fausserait la juste interprétation de l’observation 2.
S’il faut tenir compte de la Psychologie de l’observé, il faut aussi se méfier dans une juste mesure de la Psychologie de l’observateur. La manière d’interroger le sujet influe beaucoup sur la nature de ses réponses, comme l’ont démontré avec évidence les belles expériences de Binet sur la suggestibilité ^ ; beaucoup ont une tendance à juger
1. Cf. V. g. Toulouse et Piéron, Techn. de Ps. expér., 2® éd., t. 1, 2S3-295, et t. 2, 205-266. G. M. Whipple, Manual of mental and phys. tests. Baltimore 1910.
2. Toulouse, 1. s. c., t. 1, 13-16, 23-26 ; Ribot, Psych., M. ds les ec., 250-251.