Procédés expérimentaux
Les recherches de la Psychologie comparée ont été particulièrement dirigées vers l’étude de la mémoire ; les principaux procédés employés ont été : les labyrinthes et les boîtes truquées, le dressage proprement dit par persuasion ou par coercition, certaines observations plus ou moins mélangées d’expérimentation portant sur l’imitation et l’orientation, les dispositifs de l’école russe (Pawlow, Bechterew ®).
A. Méthode des labyrinthes.
Voici l’exposé succinct de cette méthode : « Si Von fait passer un animal à travers un labyrinthe, il s'égarera dans diverses voies ou impasses jusqu'au moment où il arrivera accidentellement à trouver V issue. La répétition du passage entraînera la diminution progressive des tâtonnements, jusqu'à production d'un acte précis et rapide, dont les progrès deviennent ensuite inappréciables... En ne faisant répéter
1. Analyse du livre du Bohn, t Naissance de l’intelligence », Ann. ps. 1910, 476.
2. Cf. C. R. du 6® congrès psychologique, Gen. 1910, 281-358.
3. Cf. Piéron, Evolution de la mém., pàss.; Bohn, Nouvelle Ps. animale, 167-173; Miss. M. Washburn, The animal Mind. N. Y. 1908, pass.
Vacte qu^après des intervalles plus ou moins éloignés, et en déterminant à nouveau chaque fois sa p/récision et sa rapidité, on peut établir une courbe de décroissance... Enfin, quand le souvenir parait évanoui, on peut V étudier encore en le révélant par la méthode des acquisitions nouvelles. On peut en effet, au bout dHntervalles variables, après une expérience donnée d’acquisition, comparer le nombre de répétitions nécessaires pour le perfectionnement de Vacte avec le nombre initial w Les labyrinthes emplo3^és diffèrent d’ailleurs beaucoup quant à la forme et la complication : un de ceux qu’utilisait Porter pour ses recherches sur les oiseaux et qui a également servi pour les expériences sur les mammifères, comprenait cinq impasses et obligeait l’animal à effectuer 34 rotations de 90® ou 180® (labyrinthe de Hampton-Court).
B. Boîtes truquées. •
L’animal affamé est enfermé dans une cage munie d’un grillage devant lequel est placée la nourriture : la porte est munie d’un mécanisme que la bête doit faire fonctionner pour sortir et satisfaire sa faim. Dans d’autres expériences, la nourriture est à l’intérieur de la cage truquée et l’animal à l’extérieur. Pour les oiseaux le truc imaginé par Porter consistait à tirer une ficelle avec le bec par un anneau ou à pousser un fil tendu ® ; la boîte de Kinnaman pour les singes avait 9 loquets ou leviers à manœuvrer dans un certain ordre Les expériences sont conduites comme dans l’usage du labyrinthe.