‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 77 sur 358 · Myers, 1. s. c · texte numérisé non relu

Myers, 1. s. c

SENSATIONS

30 Sens musculaire.

On groupe sous le nom de sens musculaire un ensemble de perceptions parmi lesquelles on peut citer celles de mouvement des membres (sensations kinesthésiques), de poids, d’attitude relative des membres, de choc, d’extériorité, d’activité, d’innervation.

Ce sens a été le point de départ de nombreuses controverses, soit entre philosophes, soit entre psychologues Scaliger (m. 1558) et Destutt de Tracy (ni. 1836) parlent déjà de sensations de mouvement Maine de Biran attribue la connaissance de l’extériorité des corps à l’union de la sensation d’effort et de la sensation de pression produite sur notre corps par l’objet qui lui résiste * ; de même Bain fait dériver la distinction du moi et du non-moi, ou de ce qu’il appelle « conscience -objet » et « consc'ence-sujet », d’une sensation de tact associée avec une dépense d’effort et ce philosophe fait également dériver du sens musculaire le sentiment de l’activité musculaire Parmi les physiologistes, J. Müller admet que les sensations de poids, résistance, etc. ont leur origine dans la connaissance de la quantité d’énergie nerveuse lancée dans les nerfs moteurs * ; Cliareot admet la même opinion. Wundt soutint d’abord que les décharges motrices venant du cerveau sont accompagnées de « sensations d’innervation » ; mais, depuis 1894, il remplace ces sensations par une conscience prémonitoire du mouvement à faire, consistant en sensations périphériques Fouillée et Malapert adoptent l’existence de sensations d’effort actif®. James dès 1880 attaqua avec vigueur l’existence des sensations d’innervation et expliqua les perceptions de mouvement et d’effort par des inférences ayant leur fondement dans des sensations afférentes venues des muscles et des

Page 1