Myers, Text-Book
SENSATIONS
Us yeux » Les autres faits cités par Myers prouvent que la perception visuelle dépend de l’état de la rétine quant à la forme de l’objet perçu, mais non quant à la troisième dimension. D’ailleurs Myers ne conclut pas directement à autre chose, d) Comme le fait très justement remarquer Seasliore, les cas anormaux de vision nous renseignent sur la manière dont nous projetons dans l’espace ; par exemple, dans beaucoup de cas la lumière intra-rétinienne est projetée dans l’espace, et nous la projetons à volonté sur telle ou telle surface à n’importe quelle distance, ce qui serait impossible si chaque impression rétinienne répondait à une situation de l’objet en profondeur. (Expérience des images consécutives, de la projection sur un mur de l’image de la rétine, etc. *.)■
Conclusions. Les sensations visuelles, considérées exclusivement en tant qu’elles présentent une étendue colorée, ne semblent donc pas pouvoir à elles seules fournir les éléments d’où l’on puisse déterminer la distance et le reUef. Si on se rapporte à ce que nous avons dit plus haut de la projection de la lumière intra-rétinienne, il semble bien qu’il faille admettre la théorie suivante : l’objet connu par la seule sensation d’étendue colorée est l’étendue de l’éther lumineux et coloré touchant la rétine, mais, comme normalement ces vibrations de l’éther coloré et la couleur résultante sont causées par un objet situé à une certaine distance : « Nous tious servons de nos lignes visuelles aboutissant au cône fixateur absolument comme V aveugle se sert de son bâton pour explorer la région quHl désire reconnaître » Nous pouvons dire que nous voyons l’objet d’où partent les rayons lumineux, comme l’aveugle peut dire qu’il touche l’objet que touche son bâton, mais, de même que l’aveugle.
1. Les contradictions dans l’étude des perceptions visuelles, ps. n. et p., 1907, 530.
2. Seashore, Elementary Experiments in Psychology, N. Y. 1909,
3. Fortin, Théorie Psycho -physiologique do la vision. Recueil d’Ophtahn., nov. 1906, c. Monnet, 1. s. c., 114.
SENSATIONS
pour être renseigné sur la distance de l’objet, doit connaître par des expériences préalables la longueur du bâton, il est également impossible de déterminer la distance par les seules sensations visuelles, si d’autres sens ne nous ont appris le rapport existant entre ces sensations et la troisième dimension.
3° Espace auditif Ce que l’on a dit pour l’axe optique dans la vision monoculaire et pour la convergence des axes optiques dans la vision binoculaire peut s’appliquer à la ligne d’incidence de l’ébranlement de la masse d’air contenue dans l’oreille externe ou à la convergence des lignes d’incidence pour les deux oreilles. L’oreille se placera de manière que la ligne d’incidence soit aussi favorable que possible à l’audition, et ainsi il sera possible d’apprécier et la direction et la distance de la source de l’ébranlement sonore. Mais il faudra faire la même remarque que pour la vision : d’autres sens doivent nous indiquer la position de l’oreille et nous devons avoir déterminé par une éducation préalable la relation existant entre la position de l’oreille entendant et la distance.
4P Espace tactile. Nous avons déjà indiqué les résultats de l’expérience relativement à la situation des différentes parties du corps (19, 3°, g). Les sensations qui accompagnent le mouvement viennent de bonne heure se superposer aux sensations qui permettent de dresser l’atlas tactile subjectif ; la main se porte instinctivement vers la partie blessée, le membre heurté s’écarte instinctivement de l’obstacle. A telle sensation de mouvement sera bientôt Hée la locahsation de telle partie du corps ; la partie vers laquelle se dirige le mouvement ayant été vue, ainsi que le membre en mouvement lui-même, il s’établira bientôt une coïncidence entre les trois atlas subjectifs tactile, cénesthésique et visuel, (on pourrait en dire autant de l’espace auditif et même de l’espace olfactif). Pour l’œil
1. P. Botinier, Audition, Doin 1901, 135-150; Seashore, 1. a. c.» ch. 6, 65-70.
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en particulier, les sensations tactiles des muscles dans les mouvements instinctifs pour se mettre au point seront peu à peu associées aux sensations tactiles et cénesthésiques renseignant ,sur la distance ^ Lorsqu’il s’agira d’apprécier la distance d’un objet éloigné on se déplacera pour l’atteindre et de ce déplacement résulteront des sensations tactiles et musculaires préalablement associées à des distances données ; il sera donc possible de nombrer ces sensations et les distances qui leur correspondent et de déterminer ainsi la distance donnée. L’œil fixant l’objet dont on a ainsi mesuré la distance éprouvera certaines sensations qui seront une fois pour toutes associées à cette distance et permettront ensuite de se faire une idée de la distance sans se déplacer ; même remarque pour l’oreille et pour l’odorat.
5^ Conclusions, a) Les impressions tactiles sont essentielles à la formation des concepts qui entrent dans la notion d’espace ; sans doute c’est la même étendue que sentent les différents sens, mais les données de la vue, de l’oreille, et en général des sens différents du toucher, ne fourniraient pas à l’intelligence des données suffisantes pour qu’elle puisse en abstraire les concepts de direction, dimension, distance, etc.. Ces impressions tactiles sont d’ailleurs suffisantes ; mais elles n’arrivent à pouvoir déterminer la distance dans tous les cas que si l’on comprend dans les sensations tactiles et les sensations de pression et les sensations accompagnant le mouvement, b) Les oreilles et les yeux déterminent ensuite la distance des objets éloignés d’une manière beaucoup plus rapide : les sensations motrices des muscles des yeux, associées dans des expériences préalables à celles des sensations de pression et de mouvement qui ont déterminé la distance, renseignent « sur la 'perspective ^ le reliefs la distinction des formes et des positions dans V espace'^. »