‹ Éléments de psychologie expérimentaleChapitre 87 sur 358 · Sens de la durée · texte numérisé non relu

Sens de la durée

Faits expérimentaux, a) Temps viscéral. Les observations vulgaires, aussi bien que celles de la Psychologie pathologique, prouvent que les impressions cénesthésiques (faim, somnolence, fatigue, etc.,) nous font apprécier le temps, souvent avec une assez grande exactitude : « C^est ainsi que le détenu acquiert une cu^uité remarquable dans la mensuration du temps et sait à quelques minutes près qiumd V heure de ses repas est venue. On ne s'' étonnera pas que les hypocondriaques, qui, comme on Va dit spirituellement, entendent les harmoniques, perçoivent directement le rythme du temps » On observe d’ailleurs que toute maladie, toute altération de la cénesthésie, entraîne des différences notables dans l’appréciation de la durée Mais tous ces faits indiquent en même temps que le temps n’est pas directement senti : par l’expérience passée il se fait une association entre tel état cénesthésique, telle impression, et l’heure marquée aux horloges, ou encore entre l’état cénesthésique et la durée d’une opération (ainsi la fatigue musculaire indique que la marche a duré longtemps) ; ou bien les variations de l’état cénesthésique sont comptées explicitement ou implicitement, h) Temps musculaire. L’impulsion motrice, ou besoin de mouvement, et la fatigue musculaire rythment également une certaine périodicité ; mais les appréciations de cette périodicité sont données avec moins d’assurance encore que lorsqu’il s’agit du temps viscéral *.

1. Bos, Contribution à la théorie psychologique du temps, R. ph. 1900, t 2, 600. Cf. Revault d’Allonnes, Rôle des sensations internes dans la perception du temps, R. ph. 1905, t. 2, 604.

2. Raymond et Janet, Névroses et Idées fixes. Aie. 1898, t. 2, 63 ; Obsessions et Psychasténie, Aie. 1903, t. 1, 291-293 ; t. 2, 372. Pérès, Causes d’inégalité d’évaluation de la durée, J. ps. n. et p., 1909, 227-231.

Page 1