Intensité des sensations. Lois Psychophysiques
1° Les intensités des sensations de même modalité sont comparables sous le rapport de l’égalité et du plus ou du moins.
Cette thèse a été niée par H. Bergson Distinguant entre les états de conscience représentatifs d’une cause extérieure et ceux qui se suffisent à eux-mêmes comme la douleur, il affirme que dans le premier cas la perception de l’intensité consiste dans une évaluation de la grandeur de l’excitant, et que dans le second cas, nous appelons intensité la multiplicité plus ou moins considérable de faits psychiques simples que nous devinons au sein de l’état fondamental, multiplicité ne présentant d’ailleurs aucune ressemblance avec celle qui s’exprime par le nombre.
La première partie de l’affirmation de Bergson semble vraie : si je prends la classe des sensations dans lesquelles l’objet se distingue de l’acte de connaissance, comme la vue, l’ouïe, la résistance, etc., l’appréciation de l’intensité porte sur l’excitant et elle ne semble pouvoir porter sur l’acte que très indirectement, en tant par exemple que nous constatons le plus ou moins d’étendue que l’acte occupe dans le champ de la conscience ou la douleur causée par l’énergie en excès employée à l’acte de vision, audition, etc. Mais la seconde partie est fausse : si l’on considère les sensations dans lesquelles l’objet est plus ou moins confondu avec l’acte même de la connaissance, comme la douleur, la chaleur, etc., il est certain que psychologiquement par ces mots « je souffre plus ou moins, j’ai plus ou moins chaud », etc., chacun compare une impression calorifique ou douloureuse à une autre, indépendamment de toute excitation extérieure ou de toute multiplicité des états de conscience. Ce « plus ou moins » n’est d’ailleurs pas le a plus ou moins » que l’on trouve dans l’étendue ; dans ce dernier cas en effet, l’étendue plus grande s’obtient en ajoutant à l’étendue plus petite une étendue de même espèce, tandis que nous ne per-