Van Biervliet, Causeries psychologiques, 2® série
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croiSt c*est que le seuil dépend non seulement de la sensation perçue^ mais aussi de la subtilité dHnterprétation, que celle-ci peut varier J augmenter^ diminuer suivant les sujets et suivant les circonstances.... Je ne crois pas que le seuil de la sensation double soit mesurable scientifiquement » Une autre cause de rimpossibilité d’une mesure exacte du seuil différentiel est le fait du mélange de la perception à la sensation (23, Phénomène psychique ) : La sensation lumineuse commencée par un ébranlement rétinien n^est, à son entrée dans V écorce cérébrale^ que la suite de cet ébranlement, mais là, en franchissant le seuil de la conscience, die s"* engage dans un milieu essentiellement complexe, encombré de souvenirs, (Témotions, d'autres sensations venues de tous les points de Vorganisme, et, dans ce remous de mouvements innombrables autant que divers, la sensation simple est emportée, noyée, transformée en une sensation consciente infiniment complexe... Deux sujets quelconques voient différemment la même et identique lumière ; le savant la voit autrement que Vignorant, le peintre mieux que le musicien, la femme nerveuse en est impressionnée plus que Vhomme équilibré^. » Ajoutons au sujet de l’excitation lumineuse, dont parle ici M. Van Biervliet, que le véritable excitant est l’éther touchant la rétine ; or l’état de cet éther dépend de l’intensité de la source lumineuse et aussi des modifications subies par cet éther par suite de l’état de l’éther intramoléculaire de la rétine ; par conséquent dans ce cas le jugement n’est pas porté sur l’intensité du véritable excitant.
Fechner crut pouvoir déduire de la loi de Weber une formule donnant la mesure de l’intensité des sensations (6 A h); nous exposons brièvement son raisonnement. Soit e une excitation et Dq le seuil différentiel correspondant, « et e + De les sensations correspondantes à 6 et e -b De, Fechner admet les postulats suivants r 1° Il existe une relation fonctionnelle entre la grandeur S et la grandeur e ; 2® La différence De est supposée constante dans toute l’éten-
1. Analyse du livre de Foucault, L’illusion paradoxale et le seuil de Weber, Ann. ps. 1911, 426.