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Mech. der Nerv. p

280 MÉGANIQUE PHYSIOLOGIQUE DE L'A SUBSTANGE NERVEUSE.

car, simultanément l'excitation reste continuellement prépondérante. Il n'en est plus de môme dans le voisinage de Tanode. Ici, les forces d'arrêt, en activité, déploient une énergie considérable ; si le courant est intense, elles croissent plus rapidement, que les effets d'excitation. C'est pourquoi, si les courants sont un peu plus forts et l'anode appliqué contre le muscle, l'arrêt, produit à l'anode, empêche l'excitation, commençant au cathode, de se propager au muscle. Par conséquent, si le courant ascendant est renforcé, la secousse de fermeture décroit bientôt très-rapidement et disparait enQn entièrement. Cet arrêt anodique commence à l'anode, au moment de la fermeture ; il s'étend alors lentement et décroît, à mesure qu'il s'éloigne davantage. D'après l'intensité du courant, cet arrêt parcourt seulement 80 à 500™™. à la seconde ; il est bien inférieur au processus d'excitation, dont la vitesse est de 26 à 32 mètres. Si le courant est énergique, la vitesse de l'arrêt augmente notablement et s'étend même au cathode. Quand le courant est ouvert, les différences, existant pendant la fermeture, disparaissent avec plus ou moins de rapidité; et, en même temps, les effets d'arrêt sont provisoirement prépondérants au cathode. L'irritation d'ouverture consiste dans ce processus de compensation. Elle émane spécialement de la région de l'anode, où l'arrêt, existant durant la fermeture, se convertit en excitation, oscillation qui s'accom* plit d'autant plus rapidement, que le courant était plus intense. Par conséquent, les processus d'irritation, mis en jeu par le courant constant, présentent généralement le caractère suivant. Les effets excitateurs et d'arrêt qui, en présence d'autres irritations, se propagent uniformément aux nerfs, se séparent d'après la position des électrodes ; car, lors de la fermeture, les forces excitatrices sont prépondérantes dans la région du cathode et les forces d'arrêt, dans la région de l'anode ; mais, lors de l'ouverture, il s'opère une compensation qui produit, passagèrement, une répartition opposée des forces (1).

Avant d'étudier les conséquences théoriques, provenant des expériences précédemment communiquées, je vais exposer brièvement les méthodes, que j'ai employées dans ce but. AGii de dessiner les courbes des secousses, je me suis toujours servi du myographe pendulaire. Pour irriter le nerf, j'ai eu recours à la fermeture ou à l'ouverture des courants constants, tantôt aux décharges d'induction, tantôt enfin au \ ébranlements mécaniques^ développés parla chute

1. Voir dans mes Untersuchungen p. 233 et suiv. la description détaillée des ré- *«uUat9, obtenus à l'aide de rirritation par le courant constant.

PARCOURS DES PROCESSUS D'iRRITATION.

d*an marteau qai comprimait le nerf. L*irritant d*essai, employé dans tons les cas, était une décharge d'indactioa d'oavertare. La figure schématique 73 re~ présente la disposition de l'expérience, od le processus d*irritation à examiner était l'excitation de fermeture produite par le courant constant. Le royographe pendulaire se compose d'un lourd pendule de fonte p. Celui-ci est suspendu à un solide poteau, et sa durée d'oscillation mesure environ Vt seconde. Au pendule est fixée une plaque de verre g, noircie préalablement à la lampe. Sur cette plaque, le muscle inscrit ses secousses. A son extrémité inférieure, le pendule porte un petit levier d. Lors des oscillations du pendule, ce levier touche les petits interrupteurs de courant s, «*, et, de cette manière, met en jeu les irritations, s et s' reposent sur la table t du poteau du myographe. Les

Fir.. 73.

deux interrupteurs maintiennent le courant fermé ; car, un bâtonnet métallique, placé obliquement et soutenu par une plaque de platine presse, à l'aide d'un ressort, sur une lige de platine. Si le levier d renverse le bâtonnet métallique, ce contact est supprimé et le courant interrompu, k est la pile, dont la fermeture doit mettre en jeu dans le nerf le processus d'irritation, qu'il 8*agit d'examiner. De celte pile partent les fils conducteurs i, a allant à l'interrupteur s ; et, de ce dernier, les fils 3, 4 allant au nerf n. Tant que « est fermé, le contact du platine forme une conduction, dont la résistance, comparée à celle de la portion du nerf, est extrêmement faible : aussi, aucun courant perceptible ne traverse cette portion du nerf. Si la pression du levier d détruit le contact, le

plein conrant passe dans le fil i et 3, va aanerf, et de celui-ci, il revient par les fils 4 et 2 à la pile k. k' est la pile, pour la décharge d'induction qui sert d'irritant d'essai. De cette pile^ le fil 6 se rend directement à la bobine primaire d'induction/; le fil 5 conduit d'abord à l'interrupteur s' et, de là, à la bobine/. Les fils 7 et 8, unis aux extrémités de la bobine secondaire d'induction //, vont à une portion du nerf qui, dans la fig. 73^ se trouve un peu au-dessous de la portion de ce nerf, irritée par la pile 1:. Quand la pile k' est fermée par le contact s', le courant s'écoule à travers la bobine I ; et, alors, aucun effet d'in. duction ne se produit sur la bobine IL Si ce contact est interrompu par la pression du levier d, le courant cesse subitement dans la bobine I ; et il se développe dans la bobine // un courant d'induction d'ouverture, agissant comme irritant sur la portion de nerf, comprise entre 7 et 8. Au tendon du muscle m est attaché un levier (non figuré ici), muni d'une fine pointe. Grâce à ce levier, le muscle décrit lui-même sa secousse sur la plaque de verre g. La vitesse du pendule n'étant nullement uniforme, on comprend, que les espaces parcourus ne soient pas simplement proportionnels au temps employé. Mais, au moyen de la loi du pendule, on doit calculer les valeurs de temps, d'après l'espace parcouru. Avant chaque oscillation^ on donne au pendule une déviation déterminée, et on dispose les interrupteurs sels*, de façon que les courbes des secousses commencent, autant que possible, au milieu de l'arc d'oscillation. Pour toutes les secousses, que nous avons ici obtenues, cette déviation et, par conséquent, l'amplitude d'oscillation du pendule mesuraient un angle d'environ iO degrés.

L'expérience s'exécute de la manière suivante. D'abord, on laisse le crayon, fixé au levier musculaire, dessiner une simple ligne d'abscisse. Cette première opération a lieu, si le pendule décrit une oscillation, les courants des deux piles k et k* étant ouverts. On détermine ensuite les deux points de la ligne d'abscisse, qui correspondent aux moments de i'irritation, effectuée par la pile k et par la décharge d'induction d'ouverture. Dans ce but, les courants des deux piles étant fermés, la main de l'expérimentateur amène lentement le pendule vers s et, ensuite, vers s* : si le contact s est détruit, le muscle, recevant l'excitation de fermeture, dessine un trait vertical ; si le contact n'existe plus en 5', le muscle, grâce k l'irritation produite par la décharge d'induction d'ouverture, marque un second trait vertical. Lors de chaque expérience d'oscillation^ l'excitation c, engendrée par la fermeture du courant constant, est mise en jeu, sans être suivie de l'effet de l'irritant d'essai ; et la secousse B, produite par l'irritant d'essai, est mise en jeu, sans être précédée de l'excitation C ; ici, on laisse le pendule osciller, la pile k* étant ouverte, et la pile k fermée ; et, ensuite, k étant ouvert et k' fermé. Enfin, on arrive à la dernière expérience: k et k* sont fermés, et les excitations C et R sont produites successivement, durant la même oscillation. On peut varier de diverses manières ces expériences : i^ les interrupteurs s et s* sont placés dans les positions les plus différentes, depuis la distance zéro (irritation simultanée) jusqu'à l'éloignement le plus considérable ; 2<> Fénergie du courant de la pile k peut être graduée par

THÉORIE DE L^EXaTATlON NERVEUSE. 283

un rhéostat et par Fangmentation d'éléments constants, unis à la pile ; 3* l'intensité de l'irritant d'essai est modifiée, si l'on fait varier la distance existant entre les bobines d'induction primaire et secondaire ; 4<* l'irritabilité de divers points du nerf, situés en avant et en arrière du courant, est successivement interrogée par la décharge d'induction. Quant à la description détaillée des méthodes employées dans ces cas, comme lors des antres formes d'irritation (excitation d'ouverture par le courant constant, excitation par des secousses de courant, ébranlements mécaniques, modification thermique, etc.)» je renvoie à mes Untersuchungen zur Mechanik der Nerven (I). J'ajouterai cependant, que les expériences avec le courant constant nécessitent des observations de contrôle particulier, à cause de l'influence modificatrice, qu'exerce la résistance des diverses parties du nerf. Gomme le courant électrique transporte les liquides du nerf de l'électrode positif vers l'électrode négatif, l'excitation au cathode pourrait bien être déterminée par la diminution de résistance de la conduction ; et l'arrêt à l'anode, par l'accroissement de cette résistance. Les expériences, où les modifications de résistance sont compensées, montrent, que celles-ci ne jouent aucun rôle sensible dans les phénomènes, que nous avons décrits auparavant (2).

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