‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 11 sur 204 · Opéra philos, éd. Erdmann, p · texte numérisé non relu

Opéra philos, éd. Erdmann, p

?. Wolff, P^ehjhgi%einpHca, § 483.

tion. Ce que la raison, mère des idées de rincondi lionne obtint ici en éiéva- Tition, elle le perdit par son infécondité complète pour la connaissance. Même, le principe régulateur, qu'elle met^ pour ainsi dire^ aux mains de l'entendement, n'est pas réellement contenu dans ses idées, mais il est déjà ren« fermé dans l'activité de la raison^ comme faculté de conclusion^ qui exige pour chaque jugement la recherche des prémisses. Or, l'activité de la raison, comme principe régulateur de l'entendement, ne s'étend pas plus loin. Dès que la raiton admet une substance de l'âme ou une cause finale supérieure, et d'autres principes de même nature, elle devient constitutive, quoiqu'une supposition de ce genre puisse être seulement introduite comme une hypothèse destinée à relier les phénomènes, et que la pensée d'exprimer, par ce moyen, un concept réel de la connaissance, soit encore tant repoussée de nos jours par les esprits philosophiques. Si on soustrait aux idées de raison cette dernière signification théorique de la connaissance, il ne reste rien, que le fait de l'existence de ces idées, et, par ce fait, nous sommes avertis, qu'il faut nous garder de conclure de ces idées à l'existence de leurs types ou de les employer généralement à un usage théorique quelconque. Le rôle constitutif, que les idées de raison ne possèdent pas dans le domaine théorique, Kant le leur a réservé pour l'usage pratique ; personne ne Tignore. Sur ce dernier terrain — d'après l'opinion de ce philosophe — les principes à priori manifestent leur valeur ; ces principes qui, par la forme impérative avec laquelle ils commandent l'obéissance, démontrent leur propre vérité, comme la vérité de l'idée, dont ils proviennent, de la liberté de la volonté et doivent, justement en cela, prouver du moins la possibilité des autres idées de raison (1). L'entendement étant législateur de la connaissance, la raison est par conséquent législatrice de la faculté de l'appétition. Évidemment, il ne peut être ici question que de la raison, prise dans la deuxième acception, c'est-à-dire comme faculté des idées. La réalisation pratique de l'idée de liberté, dans l'ordre moral, tranche le conflit, introduit dans les antinomies de la raison pure entre la liberté et la nécessité, en faveur de la première (2). Si on étudie, cependant, le débat des antinomies théoriquement^ et si on réfléchit, qu'il est basé sur la raison, faculté de conclusion, qui pour chaque conséquence exige la découverte d'une condition, il n'est pas douteux, qu'au point de vue purement théorique, l'antithèse n'ait le dessus; car, l'antithèse n'autorise de s'arrêter nulle part à un commencement de la série des conditions et laisse apparaître, par conséquent, cette idée de l'inconditionné comme une pure fiction, que se permet la raison pour exprimer la totalité des conditions, sans néanmoins accorder, qu'en remontant d'une condition à une autre condition, jamais une halte soit permise. Kant lui-même, bien qu'il semhle laisser la dispute indécise, finit par donner raison à l'antithèse, car il ne conçoit l'union de la loi morale et de la loi naturelle, comme possible,

1. KriUk derprakt. Vemunft, p. 106. OEuTret*, vul. 8. i. Kritik der reinen Vemunft, p. 353.

qa'aulant que la première est valable (1) pour rhomme en soi et la seconde, pour rhomme, en tant que phénomène. Il en résulte évidemment cette question difficile : comment l'homme, en qualité de noumène, peut-il encore néanmoins devenir phénomène, puisque Tidée de liberté, dans sa réalisation pratique, apparaît comme causalité dans la série des phénomènes ?

Ainsi^ le rapport, entrevu par Kant, entre la raison et la faculté de Tappétition, a amené ce philosophe à appliquer (grâce à un procédé, qui lui est spécial) les trois parties de la faculté supérieure de la connaissance aux trois facultés capitales de Tâme. Puisque, déjà, dans l'ancienne psychologie, l'entendement n'était autre, que la faculté de la connaissance, il ne resta pour le sentiment (Gefûhl), qui se trouve placé entre la connaissance et le désir, que la faculté du jugement^ également située entre les facultés des concepts et du raisonnement. Le rapport de la faculté du jugement avec le sentiment a surtout été décidé par cette analogie : c'est ce qui résulte des raisons, que Kant a données, lorsqu'il a exprimé cette pensée (S). Si on igoute d'autre part, que la raison, faculté de raisonner — (en cette qualité, elle rentre cependant dans cette triple division de la faculté supérieure de la connaissance) — ne peut être nullement mise en rapport avec le désir, mais que celui-ci a pour origine la signification pratique de l'une des idées transcendantes de la raison : évidemment, le rapport tout entier des trois facultés fondamentales de l'âme avec les trois activités essentielles de la faculté de la connaissance, qui se manifestent dans la logique formelle, est uniquement le produit d'un schématisme artificiel, opéré d'après la méthode des formes logiques. Or, dans ce cas, le schématisme a même réagi contre la manière de concevoir les trois facultés de l'âme, puisque Kant ne considère ses trois facultés capitales, que dans leurs manifestations supérieures. S'il est déjà douteux, que la première faculté, dans la totalité de ses phénomènes, soit convenablement exprimée par ce terme « de connaissance > ^ certainement la limitation des sentiments de plaisir et de déplaisir au jugement esthétique du goût, et le rapport de la faculté du désir avec l'idéal du bien sont incapables de servir de point de départ à une étude, purement psychologique. Le résultat proprement dit des recherches psychologiques de Kant consiste donc dans cette afiirmation, que la connaissance, le sentiment et le désir différent, quant d leur origine: c'est ce qui le distingue de Wolff et de son école. Au contraire, le rapport, qu'il établit de cette différence avec les trois degrés de la connaissance, repose, même dans son application aux sentiments et aspirations plus élevés, sur une base fondamentale douteuse et est absolument inapplicable à la totalité des phénomènes psychiques ; seulement, il atteste d'une manière très-remarquable, que la spécification la plus précise des phénomènes de l'âme cherche de nouveau un principe

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