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Théorie de rinnervation centrale

Les phénomènes de l'innervation centrale témoignent d'effiat^ molécnlaires opposés les uns aux autres» semblables à ceux que nous a présentés le processus d'excitation, déroulé dans le filet nerveux. Nous prendrons ici pour base les vues générales, qui ont été développées, au sujet de ce dernier processus. Nous admettons donc pour la cellule ganglionnaire un état stationnaire, analogue à celui qui avait été supposé pour le nerf, un état, où les travaux moléculaires positif et négatif réalisés sont en équilibre. L'application d'un irritant aug^ mente de nouveau les deux quantités de travail. Or, tout cela démontre, qu'ici raccroissement du travail moléculaire négatif est notamment prépondérant; par conséquent, une impulsion momentanée de l'irritant ne provoque généralement aucune excitation. Cependant, si les irritants se répètent, les irritants suivants diminuent gradaellement le travail moléculaire négatif, par rapport au travail positif, jusqu'à ce que enfin ce dernier augmente dans une telle étendue, que l'excitation apparaît.

Nous pouvons donc nous représenter que, dans la cellule ganglionnaire irritée, il se manifeste régulièrement un processus analogue à celui qui se développe dans le nerf, à l'anode, par suite de la fermeture du courant constant. Sous l'action de l'irritant, se produisent, d'une façon très-caractéristique, ces processus, qui consistent à convertir les combinaisons fixes en combinaisons plus relâchées, à accumuler par conséquent le travail de réserve. Gomme, par l'effet du courant sur le nerf, l'action électrolytique amène'probablement ces sortes de dissociations, qui n'ont pas lieu normalement dans le nerf, nous ferons alors la supposition suivante. L'irritation de la cellule ganglionnaire augmente seulement l'énergie de ce dernier organe, qui a spécialement pour but de constituer des molécules chimiques complexes, en d'autres termes, d'emmagasiner du travail de réserve. Ceci nous amène à démontrer une différence essentielle entre le filet nerveux et les cellules centrales, différence, qu'indiquent encore d'autres considérations physiologiques. Les cellules ganglionnaires sont les laboratoires, proprement dits, de ces matières, qui composent la masse nerveuse. Dans les

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filets nerveuxy ces matières sont» par suite de la fonction physiologique, consommées en grande partie; et» évidemment, elles ne peuvent pas être formées dans ces organes» si nous faisons abstraction de cette restitution insuffi-^ante et partielle qui,lors de chaque irritation» accompagne la dissociation. Car» séparés de leurs cellules d'origine» les filets perdent leurs éléments nerveux constituants ; et le renouvellement de ces derniers doit provenir des points centraux (1). Même» quand la fonction est à Tétat de repos, aucun équilibre parfait entre l'échange de matières et de forces n'existe dans la cellule ganglionnaire. Or, la déviation s'opère ici dans un sens opposé» comme dans le filet nerveux. Chez ce dernier, la formation des produits définitifs de combustion, formation qui donne lieu à la production du travail positif» a la prépondérance. Dans la cellule» la production des combinaisons complexes, dans lesquelles s'emmagasine le travail de réserve, est prépondérante. Puisque,véritablement» dans le corps de l'animal, la production du travail positif» par conséquent la combustion des combinaisons organiques complexes» l'emporte généralement, c'est émettre une idée fausse de considérer, comme unique et exclusif, ce mode d'alternance d'échange de matériaux et de forces. Incidemment» il se fait toujours beaucoup plus de réductions» de décompositions de combinaisons fixes en combinaisons relâchées ; c'est pourquoi, le travail négatif est réalisé; en d'autres termes, la réserve de travail s'emmagasine. Le système nerveux est justement le réceptacle important de cet emmagasinement du travail de réserve. A la formation de la substance nerveuse coopèrent des combinaisons, partiellement plus complexes, que les matériaux de nutrition, dont elles proviennent. Ces combinaisons ont un pouvoir comburant élevé ; elles recèlent donc une grande quantité de travail de réserve (2). Les cellules ganglionnaires, qui sont les artisans de ces combinaisons, ressemblent en un certain sens aux cellules végétales. Elles recueillent le travail de ré^rve; et celui-ci, après être resté latent pendant un temps quelconque, peut se convertir de nouveau en travail réel. Ainsi, les cellules ganglionnaires sont les entrepôts des seront ultérieurement utilisés. Les lieux principaux de

)n du travail, emmagasiné par ces cellules, sont les nerfs

)8 et leurs organes terminaux.

'e difiérente, dont les cellules se comportent en présence

iOOet suiv.

et suiv.

THÉOKIB DE L'INNERVATION GENTiALE. 299

des irritants, nous indique, qu'il y a en chacune d'elles deux régions. Par sa conduite vis-à-vis des irritants, l'une de ces régions est analogue à la substance nerveuse périphérique ; l'autre région s'en distingue considérablement. Nous nommerons la première, la région pértpAén^tf^ de la cellule ganglionnaire, et la seconde, sa région centrale; toutefois, ces dénominations n'ont pas la prétention de déterminer la situation ou position respective des deux régions. D'après nos suppositions» la région centrale est spécialement le laboratoire de ces combinaisons complexes, qui forment la substance nerveuse : le lieu d'emmagasinément du travail de réserve. Un mouvement d'irritation, communiqué à cette région centrale, accélère seulement les processus moléculaires, dans la direction qui leur a été une fois assignée, et disparaît, par conséquent, sans effet extérieur. Il n'en est pas de môme dans la région périphérique. Celle-ci prend encore part à la transformation du travail réel en travail de réserve. En outre, il se fait déjà, chez elle, une consommation plus active de matériaux avec production de travail; aussi, une partie des matériaux de conisommation lui viennent de la région centrale. Si elle est touchée par un irritant, ici, le travail moléculaire négatif dépasse notablement en étendue le travail moléculaire positif. Mais, quand le travail moléculaire négatif descend de nouveau à sou point ordinaire, le travail positif persiste davantage et peut, par conséquent, après de longs intervalles de latence ou si, du moins, de nouvelles impulsions de l'irritant ont eu lieu, engendrer l'excitation. D'ailleurs, ici, comme dans le nerf, une partie seulement du travail moléculaire positif se transformera toujours en travail d'excitation; de nouveau, une portion de ce dernier travail se changera en effets extérieurs d'excitation; une autre partie du travail moléculaire positif redeviendra travail négatif; et le travail d'excitation peut, entièrement ou partiellement, être converti en d'autres formes de mouvement moléculaire. En outre, dès que l'excitation a apparu, le travail d'excitation, accumulé, est consommé d'une façon relativement rapide et se comporte, comme une décomposition explosive. Conformément à l'arrêt énergique, une grande somme de travail d'excitation a pu cependant s'accumuler ; et, naturellement, l'effet de l'irritant, qui se déploie, est plus intense, que lors de l'irritation du nerf. La région irritable de la cellule ganglionnaire et la substance nerveuse périphérique se conduisent à cet égard, comme deux chaudières à vapeur, dont l'une est munie d'une soupape difiBcile à mouvoir et l'autre, d'une soupape très-mobile. Dans le premier cas, la force de tension de

la yapeur s'élève à une grandeur importante ; alors, la soupape se soulève et la vapeur s'échappe avec une force considérable. D'ailleurs, la région périphérique de la cellule a une conduite, probablement différente, selon les cas ; car, parfois celle-ci se rapproche plus ou moins de la manière d'agir de la substance nerveuse périphérique. Par exemple, les excitations sensibles, transmises en haut par les cellules ganglionnaires des cornes postérieures, sont évidemment moins modifiées, que les excitations réflexes, effectuées par les cellules ganglionnaires des cornes antérieures. Ces différences sont, peut-être, déterminées par le nombre des cellules centrales, que l'irritation doit. traverser. On pourrait imaginer, qu'entre ces régions centrales et périphériques de la cellule ganglionnaire il s'établit un passage graduel, et que certains filets nerveux se terminent dans les régions moyennes, où l'arrêt est, sans doute, incomplet, mais où la propagation de l'irritation est entravée.

Voici, comment on peut interpréter cette augmentation particulière de l'irritabilité réflexe, provoquée par les irritants répétés ou par les substances toxiques. Grâce à l'influence de ces agents, le travail moléculaire positif, une fois mis en jeu, n'est plus capable, comme d'ordinaire, de se transformer de nouveau en travail négatif, ou bien, il opère plus incomplètement cette conversion. Par conséquent, il s'emmagasine, jusqu'à ce que l'excitation prenne naissance. Les effets de ces agents empêchent donc la restitution de la substance ganglionnaire ; ils permettent ainsi à des impulsions extérieures, relativement faibles d'engendrer une décomposition si rapide, que les forces de réserve sont épuisées en très-peu de temps.

Les phénomènes, concernant l'arrêt alternatif de ces excitations parvenues de divers côtés aux mêmes cellules ganglionnaires, et ce fait, que, par certaines cellules l'irritation se propage absolument dans une seule direction, mais est arrêtée dans la direction opposée, nous obligent à formuler encore les hypothèses suivantes. Les irritations, qui atteignent la région centrale d'une cellule ganglionnaire, '^^'^^gent les processus moléculaires, ici développés, à la répériphérique. De même, les irritations, qui aboutissent à la % périphérique, déterminent la forme du mouvement moire, provoqué en ce point, à s'étendre à la région centrale. obabilité intrinsèque de cette proposition est mise en lu- , par ce fait généralement connu: tous les processus chimidont l'état d'équilibre des molécules complexes a été

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