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THÉORIR DE L'INNERVATION CENTRALE

troublé» onty pour ainsi dire» une tendance à se répandre au dehors. L'explosion de quantités très-minimes d'azotide de chlore suflBt à décomposer plusieurs livres de cette substance ; et un seul éclat brûlant peut réduire en cendres tout le bois d'une forêt. Toutefois» dans le cas présent» il y aurait peut-être une difficulté, c'est que les processus moléculaires opposés se propagent» chaque fois et selon la direction» à une même masse. Mais nous devons considérer» que ces processus existent toujours simultanément dans chaque région de la cellule» et que, d'après les conditions nécessitées par l'échange continuel de matières, un passage incessant et graduel a lieu entre les deux régions. Nous rappellerons ici l'exemple du nerf modifié par le courant constant. Les processus moléculaires d'arrêt sont prépondérants dans le domaine de Panode» et les processus moléculaires excitateurs» dans celui du cathode. Les irritants d'essai d'une énergie différente démontrent» que Tarrêt et même l'excitation sont augmentés à l'anode» et que le processus d'arrêt» si l'énergie du courant est accrue» se transmet au cathode et le dépasse même (comp. p. 279 et suiv.).

D'une manière analogue»les processus moléculaires se propageraient dans la cellule ganglionnaire. Donc» si un irritant» amené à la région centrale» met ici en jeu le travail moléculaire négatif renforcé» ce processus gagne aussi la région périphérique. Au contraire» si dans la région périphérique l'irritant élève le travail moléculaire positif, au point d'engendrer l'excitation» celle-ci atteint même par sympathie la région centrale. La flg. 77 nous représentera» par exemple» la conduite des cellules ganglionnaires des cornes antérieures et postérieures de la moelle épinière» visà-vis de leurs filets afférents etefférents. M est une cellule de la corne antérieure» S de la corne postérieure ; c et c' sont les régions centrales» p et p' les régions périphériques de ces cellules. Dans la moitié ^ antérieure de la moelle» l'irritation

se propage seulement de m' vers m ; dans la moitié inférieure» de s vers à* ; et l'irritant» provenant dé m ou ^» est au contraire arrêté en c» c\ Une transmission de l'irritation entre SeiM s'opère seulement dans une direction» de S vers Jf» mais non dans l'autre sens» car l'irritant» agissant en m» s'éteint en c. L'irritant agissant en m* peut être transmis

302 BlâCANIQUB PHYSIOLOGIQUE DB LA SUBSTANCE NERVEUSE.

jusqu'en if, où il doit se tenDiDer, puisque» selon nos suppositions, la région centrale d'une cellule ne peut devenir le théâtre d'un mouvement moléculaire de Texcitation, qu'à partir de sa région périphérique. Enfin, l'excitation réflexe, émanant de s, est arrêtée par Hrritation déployée en ^'^puisque le mouvement moléculaire de Tarrét, né en &, tend à se propager à la région périphérique ; aussi, l'excitation, qui commence ici, est entièrement ou partiellement supprimée.

Les résultats de l'irritation des ganglions périphériques, comme des ganglions du cœur, des vaisseaux sanguins, de l'intestin rentrent, sans effort, dans le cadre de cette hypothèse. Le mode d'union des nerfs avec les cellules ganglionnaires décidera également, si l'irritation des n^rk, aboutissant à ces ganglions périphériques, entraîne* l'excitation ou l'arrêt. Les filets d'arrêt du cœur se termineront, par exemple, dans la région centrale des cellules ganglionnaires cardiaques, et les filets d'accélération, dans la région périphérique de ces cellules ; il n'est pas besoin d'admettre des appareils différents pour ces deux processus. Le résultat de l'irritation est modifié, car ces ganglions se trouvent simultanément dans une irritation automatique incessante; aussi, les nerfs, provenant du dehors, exercent seulement une action régulatrice sur les mouvements. D'ailleurs, ici, les cellules ganglionnaires jouissent de la faculté d'emmagasiner et à! additionner les irritations. L'énergique excitation des nerfs d'arrêt du cœur amène, après très-peu de temps, la cessation des battements de cet organe. Si les irritations sont plus faibles, cette cessation se produit, quand le cœur a exécuté plusieurs pulsations. Ce phénomène se manifeste encore plus nettement avec les nerfs d'accélération, toutes les fois qu'après le début de l'irritation, plusieurs secondes s'écoulent régulièrement, avant qu'une accélération notable apparaisse. D'autre part, l'irritant exerce son effet, longtemps après la cessation de son application, puisque le cœur revient graduellement à battre, comme auparavant.

Dans ces parties centrales périphériques, les rapports sont évidemment beaucoup plus simples. Gela tient aux deux raisons suivantes : l^' les cellules ganglionnaires forment entre elles des combinaisons moins compliquées ; 2<> la simplicité de la structure entraine la suppression d*une certaine variabilité des propriétés fonctionnelles, qui se manifeste dans le cerveau et la moelle épinière. Selon les circonstances, les conditions de transmission peuvent varier extraordinairement dans ces organes centraux, ainsi que le témoignent les phénomènes de la

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