‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 139 sur 204 · Elem. der Psychoph, I. p · texte numérisé non relu

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parallèle se concilierait arec une inierpréttrtion physiologique, comme avec une interprétation psychologique. La première interprétation devrait seulement admettre, que toute modification de la sensibilité absolue est unie, dans les limites de la validité de cette loi, à une modification proportionnelle de tons les effets de reicitation, hypothèse qui, à la vérité, a besoin d'être confirmée, mais peut bien n'être pas invraisemblable k priori (1). On ne serait autorisé, enfin, à insister sur Tin^Taisemblance à priori, qu'il y aurait à ce que dans le domaine physique une loi, comme celle de Weber, possède de la valeur, que si les preuves expérimentales étaient capables de présenter cetle loi, comme une expression exacte. Hais, sa validité empirique, uniquement approximative, n'empêche pas de soupçonner, que cette loi soit seulement une forme mathématique accidentelle, exprimant, dans c^taines limites à peu près justes, le fait suivant : l'excitation nerveuse centrale croit plus lentement, que l'irritation externe. Toutes ces objections subsistent et ne seront réellement écartées, que le jour, où l'on arrivera à unir plus étroitement l'interprétation psychophysique avec d'autres faits de notre expérience interne et externe. Mais ceci n'est pas possible, tant que l'on reste attaché à l'interprétation psychophysique. Car, d'après celleci, la loi de Weber est une loi fondamentale, valable seulement pour les relations de l'extérieur et de l'intérieur ; et, par conséquent, il est impossible de découvrir, dans les domaines soit de l'expérience interne, soit de l'expérience externe, des faits qui l'appuient.

Uinterprétation psychologique essaie de dériver la loi, non des propriétés physiologiques de la substance nerveuse, ni d'une corrélation particulière du physique et du psychique, mais des processus psydiologiques, qui déploient leur effet, lors de la mensuration comparative des sensations. Elle ne rapporte donc pas cette loi aux sensations, prises en elles-mêmes, mais aux processus d'aperception, en l'absence desquels, une appréciation quantitative des sensations ne peut jamais avoir lieu. Au point de vue psychologique, la loi de Weber se ramène évidemment à l'expérience générale suivante : nous possédons^ dans notre conscience, non pas une mesure absolue, mais seulement une mesure relative de l'intensité des états, qui existent chez elle ; bous mesurons donc un état de conscience à un autre état, que nous sommes obligés de comparer avec lui. De cette manière, nous pouvons concevoir la loi de Weber, comme un cas spécial d'une loiplu^ gêné-

i. Consulter G. E. MûUer, loc. dt. p. 368.

IMPORTANGB DB LA LOI DB WBBRH. 397

raie de relatian oade la relativité de nos états internes. L'interprétation, dont il s'agît, tire sa principale force de ce qu'elle ramène la loi de Weber à une loi plus générale, dont nous constaterons encore la valeur dans d'autres domaines, surtout lors de la comparaison qualitative des sensations, comme du rapport desspntiments avec les représentations. La loi de relation n'est plus tant une loi de la sensation, qu'une loi de Vaperception, et, on comprend ainsi, que sa validité s'étende bien au-delà du domaine des énergies de la sensation. En même temps, il est évident, que cette loi n^est pas non plus en contradiction avec rbypothèse, que la sensation, comme telle, croit, d'après la môme loi de proportionnalité approximative, que l'excitation sensorielle centrale dans les limites de la validité de cette loi. Car, elle ne concerne point directement les sensations elles-mêmes, mais les processus aperceplifs, qui sont mis en jeu par les sensations. L'interprétation psychologique oflfro donc cet avantage, qu'elle n'exclut pas une explication physiologique simultanée ; tandis que chacune des interprétations précédentes comporte uniquement une explication étroite. En cela, il faut assurément remarquer, que notre connaissance des processus d'innervation centrale est encore trop défectueuse, pour offrir les bases expérimentales nécessaires à une explication de ce genre.

Dans les discnssions critiques, dont la loi de Weber a éié l'objet ces dernières années, on a généralement incliné, à rencontre de Fechner, vers une interprétation physiologique. Aussi, la plupart du temps, en posant cette prémisse vraie, que tout fait psychologique, appartenant au domaine de nos représentations sensorielles, doit avoir une base fondamentale physiologique, on en tirait cette conclusion inexacte, qu'une interprétation psychologique est caduque dans toutes les circonstances. Or, malgré l'état imparfait de la physiologie cérébrale, nous sommes très-souvent en position de connaître et de formuler psychologiquement certaines lois, dont le sens physiologique est encore recouvert d'obscurités ou fait partie du domaine des hypothèses. Comme nous le verrons plus loin, les « lois d'association • en sont une preuve manifeste. Mais assez fréquemment, cette polémique visait non seulement l'interpréterprétation de la loi de Weber, mais cette loi elle-même. En effet, certains observateurs, Ilering par exemple, niaient absolument sa justesse et d'autres, Aubert, Delbœuf, Mûller, etc., lui accordaient simplement une valeur approximative. De l'avis de Bering (1), il est indispensable, pour juger exactement

I. Loc, ciU p. n, S4. DelbcBuf (Revue philosophique de Th. Ribot, 111, 1877, p 2i5) a mis en lumiôre et critiqué à son poiut de vue, que nous discutarons plus loiu, les points litigieux qui diviseut Feohner et tiering.

les choses réelles, qu'il existe nécessairement nne proportionnalité entre nos sensations et les excitations externes ; l'expérience noos enseigne par exemple, que la différence entre 5 et iO livres est estimée plus considérable, qne celle entre 5 demi-onces et 10 demi-onces. Mais ici Uering oublie, que pour juger les in. iensïXés absolues de l'excitation externe, seule l'association avec des expériences antérieures peut évidemment être décisive, puisque l'expérience est seule capable de nous donner quelques renseignements sur les énergies absolues de l'excitation, qui correspondent à des sensations déterminées. L'expérience nous a appris, qu'un poids fort doit être beaucoup plus modifié qu'un poids faible, afin de produire une modification vraiment perceptible de la sensation ; cette dernière modification, nous la rapportons donc sur-le-champ à des accroissements de poids absolument différents. Il est clair, que ces sortes d'associations ne décident rien sur la grandeur réelle des sensations. Quant à la supposition de la validité de la loi de Weber pour le seuil différentiel, Brentano (i), Langer (2), Hering lui-même (3) ont prétendu, que des différences perceptibles de la sensation n'étaient pas nécessairement des modifications également grandes, et, que, par conséquent, la relation réelle entre la sensation et l'irritation ne peut être établie parles expériences, sur lesquelles s*appuie la loi. Nous l'avons déjà remarqué (p. 375), cette objection devrait être étendue, puisque, comme nous le révèle l'application de la méthode des graduations moyennes, du moins dans le domaine des sensations lumineuses, la loi est généralement valable pour des gradations également perceptibles de la sensation. Or, nous avons plusieurs fois fait observer, qu'il est impossible à la loi de Weber de se rapporter à autre chose, qu'à notre appréciation des sensations, en d'autres termes, à la détermination de leur degré de perceptibilité, parce que nous sommes absolument incapables de dire, comment les sensations se comportent, indépendamment de notre aperception. Cette objection n'atteint donc nullement l'interprétation psychologique, puisque celle-ci requiert justement la loi de Weber, pour percevoir comparativement les sensations. Il en est de même d'une objection adressée par G. E. MûUer (4) à toute interprétation non physiologique. Voici la teneur de cette objection : Une différence considérable de la sensibilité différentielle relative, pareille à celle qui a été trouvée dans divers domaines sensoriels, et parfois même dans celui de la vue, à propos par exemple des sensations de couleurs, devient compréhensible, si l'on est partisan de l'interprétation physiologique suggérée par la différence des diverses substances sensorielles ; mais, au contraire, si l'on est attaché à l'interprétation psychophysique, on doit s'attendre à une sensibilité différentielle constante. Ce point de vue serait justifié, s'il s'agissait ici d'une constante, qui se rapporterait généralement à la

i. Psychologie auf empirischer Grundlage, p. 88.

i. Die Grundlagen der Psychophysik. léna 1876. p. 14.

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