‹ Eléments de psychologie physiologiqueChapitre 140 sur 204 · IMPORTANGB DE LA LOI DB WEBER · texte numérisé non relu

IMPORTANGB DE LA LOI DB WEBER

transformation du processus physique en un processus psychique. Or, il n'en est nullement ainsi avec Tinterprétation psychologique. Celle-ci nous fait parfaitement comprendre, que notre comparaison aperceptive dépend, non seulement de l'état de la conscience, mais aussi de la nature ou composition des excitations sensorielles centrales. Puisque l'interprétation psychologique n'exclut pas une interprétation physiologique, la base fondamentale physique de cette différence pourrait bien consister^ en ce que l'excitabilité de l'organe d'aperception a une grandeur variable^ en présence de diverses impressions sensorielles.

D'autre part, on a fréquemment invoqué, en faveur d'une interprétation psychophysique ou psychologique de la loi de Weber, les expériences directes qui démontrent la dépendance des secousses musculaires vis-à-vis de l'énergie des excitations momentanées. Selon les expériences de Fick, les degrés des élévations (Hubhôhen) croissent à ce sujets dans des limites assez larges, proportion* nellement aux énergies de l'excitation (1). Sans doute, par ce moyen, la grandeur de l'excitation nerveuse n'est pas directement mesurée. Cependant^ malgré la simplicité de la relation trouvée, il est impossible de ne pas admettre, que la marche de l'excitation nerveuse est proportionnelle, dans certaines limites, à l'énergie de l'irritation, et que^ d'autre part, la marche de la secousse musculaire est proportionnelle aussi à l'excitation nerveuse. Ceci ne prouve rien encore, quant aux excitations sensorielles centrales^ quoique d'ailleurs aucune espèce d'argument, en faveur de l'interprétation physiologique, ne puisse être empruntée aux rapports de l'excitation des nerfs périphériques. Cette circonstance a quelque importance, parce que, comme nous l'avons déjà dit, les propriétés générales de la substance nerveuse centrale ne nous fournissent aucun point d'appui, qui oppose une contradiction à l'hypothèse d'une proportionnalité existant, dans certaines limites, entre les excitations sensorielles centrales et les excitations nerveuses.

Il y a déjà bien longtemps, j'avais cru devoir remplacer l'interprétation psychophysique de Fechner, par une conception psychologique de la loi de

I. Pick^ Uniersuchungen ûber elMrische Reizurig, Brunswick 1869. D'après les démonstrations de Krouecker^ une loi analogue commande au trajet de la fatigue : âaand le nerf est atteint, à des intervalles toujours égaux^ par des secousses maxima e courant, d'énergie constante, le degré d'élévation des contractions musculaires «•abaisse proportionnellement au temps écoulé. {MonastbericMe der Berliner Akad, 1870, p. 631, Sitzungsber. der sàchs. Ges. 1871, p. 718). Or, cette proposition de Kronecker découle de la loi posée par Fick, si on suppose, que le rétablissement est approximativement proportionnel au temps, et qu'un aoaissement du degré d'élévation, occasionné par la diminution cTirritabilité, peut être compensé par un accroissement de l'énergie de Tirritation, accroissement correspondant à ce degré d'élévation. Saas doute, selon la juste remarque de G. E. MOller {loc. cit, p. 302), ces suppositions ne sont pas prouvées; mais leur validité, dans certaines limites, est extrêmement probable, par suite de la simplicité des lois trouvées par Fick et Kronecker. Luchsiuger a très -bien démontré, comment Preyer a échoué, en essayant d'établir, pour la relation de Texcitation nerveuse et de la secousse musculaire, « une loi myo-physique > analogue à la loi de Weber. Voir Preyer, Da$ myo-physische Gesetz, féna 1874. — Luchsiuger, in Ârchiv de Pfîttger, vol. VIII,

400 WTBNMtÉ DE LA MNSATIOM.

Weher Car cette question : l'exprossion de cette loi pent-elle être ramenée à nne eioérielice quelconque plu» générale î me parut avoir une importance déci- X« mot une expérience de ce genre est donnée dans la relativité des éuts rciSuS 'rllâtivité qui Be confirme ab«)lument. DelbcBuf (!«) Schncidfr (3) rt Ueberhorst (4) ont manifesté dee opinions analogues. Quoique les deux première auteurs cités admettent encore, qu'une sensation isolée, ne contrastant nullement avec d'autres sensations analogues, ne puisse être généralement «^. une confirmation expérimentale suffisante serait cependant incapable

d'f^tAver cette présomplioa.

Nous l'avons déjà remarqué, l'interpréUtion psychologique se recommande de oréférence aux deux autres, parce qu'elle confirme le mieux le principe du parallélisme absolu entre le fait corporel et le fait psychique; et que d ailleurs elte^exclut nullement la possibilité de démontrer plus urd l existence d une base fondamentale physiologique des processus aperceptifa. A cause de notre Ignorance actuelle des processus centraux, naturellement des hypothèses très- Ertaines sont seules possibles à cet égard. Du schéma hypothétique précédemment utilisé (fig. 65 p. 245), nous ne considérerons ici que les centres se HC AC Si dans un centre sensoriel SC, l'intensité de l'excitation croit, dans leslimiles de la validité de la loi de Weber, proportionnellement à l'éneririe de l'irriUtion, une comparaison de sensations d'intensité différente, a b e sera possible, grâce aux exciUtions aperceptives transmises aux vwe» to ib ' te ; et ces excitations seront mises en jeu par les irriUnU de signaux, Je les voies centripètes x, y, »,... transmettent au centre AC (5). Quant à ces exciUtions, nous supposerons, qu'elles sont proportionnelles, dans les même» limites, aux énergie» de l'irritation. Or. !• une exciUtiona devra posséder une ceruine énergie, jusqu'à ce que le signal correspondant x fasse entrer en excitation sympathique le centre AC et déchaîne une innervation centrifuge la, ou bien. -pour parler le langage psychologique, jusqu'à ce que la sensation excite l'attention ; cette grandeur roinima de l'excitation centrale répond à la portion psychologique du seuil de l'irriUtion ; 2» conformémentaux rapporu psycholoeiaue» de l'aperoeption, que nous examinerons ultérieurement, on peut supposer, Sue chaque exciution centrifuge, mise en jeu en AC, dépend de 1 énergie d«i irritants occasionnels et môme de l'intensité des exciutionsaccumn léesen 4C. Celte dernière hypothèse est ici suggérée parce fait psychologique : I activité de l'aperception est toujours étroitement limitée, de manière que. si l'attention est

1. Yorlesmgen iiber die Uenschen-und ThUrseeU, 1. Leipzig 1863, p. 133 ei

«épaîâV Pour lecSs «c'iuelîil sufflrait'd'lmaginer, que les exe.lation» provoctnc« «ont épaiemenl iransmifes aux voies al, W

considérable, sealement un très-petit nombre de représentations peuvent être simultanément perçues. Pour les centres sensoriels proprement dits^ nous n'avons aucune raison de présumer une dépendance de ce genre ; car, les rapports de leur excitation semblent égaler plutôt ceux des surfaces sensorielles périphériques, puisqu'aux diverses sensations correspondent des excitations des éléments centraux, isolées les unes des autres, qui n'exercent donc pas une influence réciproque immédiate. Au contraire, nous devons nécessairement supposer dans l'organe de Taperception une union plus étroite des éléments, si nous voulons comprendre les phénomènes du « défilé * (Enge) de la conscience. C'est ce qui justifie ici Thypothèse suivante : l'excitation centrifuge, mise en jeu, croit proportionnellement à l'énergie de l'irritant occasionnel, mais en môme temps, elle est inversement proportionnelle à la grandeur d'excitation existant déjà dans l'organe de Taperception. Si nous nommons jR cette dernière grandeur, ^Rson accroissement effectué par un irritant de signal, Taccroissenient AE de l'exci-

AD

tation centrifuge, provoqué par Ai? sera proportionnel à -— . Or, ceci est une

jR

relation, qui (nous le verrous plus tard) peut être considérée, comme l'expression mathématique de la loi de Weber. Evidemment, ces remarques indiquent seulement, que les rapports psychologiques de l'aperception nous amènent à établir pour les bases fondamentales physiologiques les mômes hypothèses, qui concordent avec la loi de Weber; tandis que ces sortes d'hypothèses, si on les rapporte généralement à la conduction nerveuse périphérique ou centrale, reposent absolument dans le vide (1).

Nous avons trouvé, que rimportaiice de la loi de Weber consiste, en ce que cette loi représente une loi générale de relation. Afln de traduire cette loi en formule mathématique, nous prendrons essentiellement pour guide cette interprétation psychologique. Dans ce cas, nous laisserons de côté les déviations de cette loi, qui varient, selon les domaines sensoriels et ont trfcs-probablement leurs origines dans les conditions physiologiques variables de l'excitation sensorielle. Mais nous regarderons, tfomme un phénomène basé également sur l'essence de l'aperception des sensations, le fait du seuil de l'irritation, quoique les

i. Quant à l'étude détaillée des processus d'aperception, dont nous avons aécessairement parlé ttplu>ieur8 repriset*, consulter la quatrième section de cet ouvrage.

divers modes de conduction exercent simultanément de l'influence sur la grandeur du seuil, en tant qu'on peut déterminer cette grandeur seulement pour l'irritant extérieur, et non par rapport à l'excitation sensorielle centrale. Pour conserver à la loi son importance psychologique, nous pouvons considérer les excitations sensorielles centrales elles-mêmes, comme les excitations qui se produisent et, par conséquent, négliger complètement ces irritants, qui sont trop faibles, pour mettre en jeu une excitation sensorielle centrale. Voici doncrimportance psychophysique de ce terme «seuil de l'excitation » : il y a des irritants, qui engendrent l'excitation sensorielle centrale, par suite la sensation, mais non le processus plus central de Taperceptiou ; et le seuil de l'irritation correspond à cette grandeur de l'excitation et de la sensation, par laquelle la sensation peut être perçue. Pris dans cette signification, comme la limite inférieure de l'aperception, le seuil de l'irritation est, d'après les renseignements fournis par l'observation, une grandeur extrêmement variable ; il ne peut être maintenu approximativement constant, que par un état, autant que possible invariable, de l'attention. Si donc, nous portons les degrés de perceptibilité de la sensation sur une ligne d'abscisse, dont les ordonnées marquent les excitations sensorielles correspondantes, alors à une ordonnée a de grandeur déterminée, au seuil de l'irritation, répondra le point zéro de l'abscisse ; et toutes les valeurs de cette dernière, qui, au-delà de a, appartiennent, aux ordonnées croissantes, pourront être appelées positives, et négatives toutes les valeurs, qui, en deçà du seuil a, appartiennent aux ordonnées décroissantes. Ici, la grandeur négative ne désigne pas, évidemment, un phénomène, qui serait absolument en opposition contraire à la sensation positivement perceptible, comme la sensation de froid est opposée à la sensation de chaleur ; mais elle doit uniquement mesurer la distance, dont une sensation s'écarte de la limite de la perceptibilité. Comme on peut s'éloigner de cette limite d'après deux directions opposées, l'application des désignations positive et négative est ici aussi bien justifiée, que pour la description des directions opposées dans l'espace, qui doivent être mesurées à partir d'un point déterminé. *

Quant aux valeurs de sensation positives, c'est-à-dire dépassant le point perceptible, la loi de Weber signifie, qu'avec elles la grandeur de la sensibilité différentielle relative reste constante, par rapport aux valeurs correspondantes de l'irritant. Si nous nommons donc A/? l'accroissement ajouté à un irritant R, afin de produire une modification,

à peine perceptible ou également perceptible, de la sensation, et i cette modification, on a

où C indique une grandeur constante et k est supposé également constant pour les valeurs de R les plus difTérentes. Afin de représenter géométriquement cette loi, portons les divers degrés de perceptibilité de la grandeur k sur une ligne d'abscisse, et sur cette ligne élevons des ordonnées perpendiculaires, dont les grandeurs soient proportionnelles aux énergies correspondantes de l'irritant. Alors, une sensation £, correspondant à l'irritant R, peut être considérée, comme composée d'un certain nombre n de ces degrés de perceptibilité de la grandeur

E * = - (fig. 106). Si nous désignons par a l'ordonnée de l'irritant,

correspondant au seuil de l'irritation ou à la valeur £ = 0, et par 6, c,

d,,.' les ordonnées suivantes, qui correspondent successivement aux valeurs d'abscisse k, ik, 3k..., !a loi de relation nous apprend, qu'aux accroissements égaux * répond toujours le même rapport des ordonnées, entre lesquelles est comprise chaque partie k. Par consé-

Quent, =::-=:- .... esl une proportion constante, et les ordonfiées, ^ abc

qui se suivent, constituent la série ci-dessous :

oii a est l'ordonnée pour la valeur d'abscisse 0, et -^j^rZÂ > ^^ uiême ordonnée pour la valeur d'abscisse nk= E, k laquelle appartient Voy

b'* donnée de l'irritant R. Eu introduisant dans la valeur — — i de For-

donnée/?, au lieu de n, la valeur -r , il résulte, comme relation générale entre l'abscisse et les ordonnées de la courbe, l'équation

ou, si l'on pose le seuil de l'irritation a = 1,

Qi, de là, la relation

log. nat. R

té — K ■ , 1. •

log. nat. b

Les grandeurs 6 et a étant constantes, on pose --r = C, oii

^ ' ^ log. nat. b

C est une constante, et on donne finalement à la loi la forme:

E= C log. nat. R,

que nous pouvons ainsi traduire en langage ordinaire : la perceptibilité d'une sensation croit proportionnellement au logarithme de Virrita^ tion. Faisons remarquer ici que, pour simplifier, la grandeur du seuil de l'irritation a été prise comme unité de l'irritant; pour /?=!, JSdevient [)ar conséquent = 0;en d'autres termes, la sensation atteint sa valeur limite entre le degré supérieur au point perceptible et le degré inférieur au point perceptible. Si R est plus petit que 1, E devient négatif, car, les logarithmes des fractions sont des valeurs négatives ; et la distance de la sensation d'avec cette limite correspondant au seuil de l'irritation

OU le degré de son imperceptibilité est mesuré par la grandeur de ces valeurs négatives, de la même manière que son degré, supérieur au point perceptible, est mesuré parles valeurs positives.

En se reportant à la relation k = C -— établie pour la loi de Weber, la

formule donnée en dernier lieu peut encore être obtenue par un autre moyen. Si, par hypothèse, cette relation est valable pour des degrés de perceptibilité infiniment petits de sensation et des différences d*irritation infiniment petites, k se convertit en grandeur différentielle d E, et de mémo \ Ren d R; ei Ton obtient ainsi Téquation différentielle

dE=ciI,

que Fechner a appelée la formule fo)idammtale psychophysique. Colle-ci donne par une simple intégration Téquation :

E = C log. nat, R + A,

où la constante d'intégration À se détermine, parce que, pour la valeur du seuil a de rirritation, E devient =^ 0 ; d*où suit

0 = C log. nat, a + A, A = — C log. nat. a, par conséquent, en introduisant cette valeur dans la première équation,

E = C {log, nat, R — log. nat. a), ou, en posant, comme auparavant, a = 1,

E = C log. nat. R.

Fechner nomme cette équation la formule de mensuration psychophysique, La ligne logarithmique (fig. i06) décrit la relation entre E et R, de façon que la courbe traduit l'accroissement deTirrilation, qui correspond h de» accroissements égaux de E. Si nous prenons la voie inverse, en représentant par une courbe l'accroissement de E, qui répond à des accroissements égaux de R, on obtient la ligne dessinée dans la fig 107. Cette ligne s'élève au-dessus de la ligne d'abscisse, au point a, au seuil de l'irritation, et atteint son maximum au point m, à la hauteur de l'irritation. A gauche de a, la courbe descend audessous de la ligne d'abscisse, pour se rapprocher asymptotiquement de l'axe y y' des ordonnées. Par conséquent, voici d'après cette courbe la relation entre rirritation et l'aperception de la sensation. Quand la valeur de l'irritation est nulle ou zéro, la sensation se trouve à une profondeur infinie au-dessous du seuil de l'irritation. C'est pourquoi, lors de la grandeur croissante de l'irritation^ les sensations prennent graduellement des valeurs finies, mais toujours encore

négatives, c'est-à-dire imperceptibles, pour devenir nnlles, quand le seuil de Firritationesta: elles sont alors au-dessus du seuil, se convertissent, si les irritations croissent davantage, en grandeurs positives ou perceptibles, jusqu'à ce que enfin une valeur limite m de l'irritation est atteinte, où d'autres accroissements finis de l'irritation ne peuvent plus effectuer une augmentation sensible de la sensation. D'après ce dessin graphique, les sensations, situées au-dessous du seuil de l'irritation, doivent être représentées commodes grandeurs négatives, croissant d'autant plus qu'elles s'éloignent davantage du seuil, jusqu'à ce que à l'irritation nulleouzéro corresponde une sensation négative infiniment grande, en d'autres termes, une sensation qui est plus imperceptible, que tout autre. D'autre

KiG. 107.

part, la sensation n'atteint pas des valeurs positives infiniment grandes ; cela est dû, d'après cette supposition, non pas à la loi de son accroissement, mais tient essentiellement aux mômes conditions physiologiques de la réceptivité à l'irritation, qui produisent lesdéviations supérieures. La sensation croît toujours plus lentement ; mais serait-on en état d'augmenter d'une façon illimitée l'excitation nerveuse, la perceptibilité de la sensation croîtrait à l'infini. Le fait delà hauteur de l'irritation se trouve déjà indiqué dans la loi générale ; puisque, dès une certaine limite m, à chaque augmentation finie de l'irritation correspond seulement encore un accroissement infiniment petit de la sensation.

Indépendamment des trois valeurs fondamentales, précédemment énumérées, de l'irritation, valeurs nulles, valeurs de seuil et valeurs de hauteur, il en existe encore une quatrième, qui est basée sur la forme de la loi de Weher et a problablement, de l'importance pour certaines particularités de la sensation. Si nous considérons la forme la plus générale de notre loi, donnée dans la formule fondamentale, évidemment, celte forme ne signifie pas simplement que, pour toute l'étendue de la sensation, chaque modification infiniment petite de la

d R sensation est proportionnelle au rapport -^ , mais que, si la grandeur de Tirrita-

tion R ne change pas sensiblement, la modification d E infiniment petite de la sensation restera proportionnelle à la modification dR infiniment petite de l'irritation. En d'autres termes, tant que l'irritation est sensiblement constante, la relation fonctionnelle entre la modification de la sensation et la modification de l'irritation peut être regardée, comme une relation linéaire ; c'est ce que révèle le dessin graphique^ puisque chaque segment, le plus petit, des courbes fig. 106 ou fig. 107 peut être considéré, comme une portion d'une ligne droite. On reconnaît aussitôt, que le changement de direction a^par rapport à la raideur de l'ascension, une vitesse très-diflFé rente en divers points. Cette partie, qui montre la vitesse relative la plus faible du changement de direction, se trouve, évidemment, dans les deux courbes, un peu à droite de a: ici, le segment, proportionnellement le plus grand, de la courbe, est regardé comme une ligne droite qui, supposée prolongée, coupe l'axe de l'abscisse à, une distance, qui n'est pas trop considérable. Dans cette partie de la courbe, d R atteindra donc relativement les plus grandes valeurs, sans que d E cesse de croître proportionnellement. Fechner (1) appelle valeur cardinale de l'irritation la grandeur de l'irritation correspondant à ce point remarquable. La sensation croissant plug rapidement en a, et en m plus lentement que l'irritation, le point de la courbe, correspondant aux valeurs cardinales, doit se trouver à la limite entre ces deux segments du parcours : car, la limite entre l'accroissement plus lent et l'accroissement plus rapide est justement l'accroissement proportionne/. On trouve celte valeur cardinale, en déterminant par le calcul ce point de lacourbe logarithmique,

pour lequel le rapport — est un maximum (2). Il suit de là, que la valeur cardinale de l'irritation = e, est égale au nombre fondamental des logarithmes naturels, si on pose la valeur de seuil de l'irritation = i. Si donc l'irritation mesure 2, 7183... fois sa valeur de seuil, la sensation croît proportionnellement à l'énergie de l'irritation. Probablement, la valeur cardinale a une certaine importance, quand on utilise les sensations dans le but de connaître les impressions objectives, puisque la graduation des irritants extérieurs, dans ces limites, où la sensation reste approximativement proportionnelle à l'irritation, doit être perçue de la manière la plus précise.

Très-souvent, dans ces derniers temps, la loi fondamentale logarithmique exposée plus haut a été contestée; cependant, les propositions, qu'ont faites pour l'améliorer, ceux mômes qui l'attaquaient, présentent les plus grandes divergences. Le malentendu — comme si la sensation, prise en elle-même, devait ou pouvait être fixée, établie, indépendamment de toute comparaison aperceptive — joue de nouveau ici un grand rôle. Pour éviter, autant que possible, de

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