SRNSATIONS DU SENS GÉNÉRAL DE LA SENSIBILITÉ
tactile, ces sensations de mouvement agissent de concert avec les sensations de pression et contribuent essentiellement de cette manière aux idées ou représentations, que nous nous faisons de la composition physique des corps. Comme les sensations de pression, elles offrent certaines variétés de qualité, dont quelques-unes cependant, par suite de leur caractère indéterminé et de leur ton de sensibilité fortement accentué, ressemblent aux sensations générales. Parmi ces sensations de mouvement qualitativement différentes, les plus nettement développées se rapportent à retendue et à Vénergie du mouvement ; ce sont celles qui, se combinant avec les sensations de pression de la peau, servent de base fondamentale à nos représentations de mouvement. Le travail d'un muscle est, personne ne Tignore, mesuré par le produit obtenu, en multipliant le poids soulevé p par la hauteur d'élévation h. Notre sensation de mouvement ne croit pas en intensité d'une façon simplement proportionnelle à ce produit (p X A), mais nous distinguons nettement les deux facteurs de ce produit : au poids p correspond la sensation de force, et, à la hauteur d'élévation A, la sensation de contraction. Toutes deux sont variables indépendamment l'une de l'autre. Quand le poids reste constant, la sensation de contraction peut varier, selon l'étendue de la contraction musculaire ; et même, nous pouvons produire une modification isolée de la sensation de force, si, l'état de contraction restant égal, nous faisons varier le poids qui pèse sur une partie du corps. Quant à ces deux espèces de sensation, celle de force semble de nouveau offrir les rapports les plus simples; car, elle est plus uniforme dans sa qualité et, par conséquent, susceptible d'une graduation intensive très-délicate. Au contraire, la sensation de contraction se composerait constamment d'une pluralité de sensations qualitativement différentes, dont les unes se combinent simultanément et les autres se succèdent à des intervalles de temps déterminé. Ainsi, lors du mouvement d'un membre, du bras par exemple, nous remarquons clairement, que les points, où la sensation est la plus nette, varient dans le trajet de la contraction. Au début de celle-ci, le mouvement est senti, spécialement dans l'articulation de la main ; et, la contraction progressant, le lieu de la sensation la plus intensive se déplace graduellement vers l'articulation du coude et de l'épaule. Mais, on observe que, sur d'autres points encore nombreux, se produisent des sensations croissantes ou décroissantes. Puisque, dans ce cas, chaque sensation locale présente de faibles différences qualitatives, l'ensemble de la sensation de contraction se compose évidemment d'une pluralité
très-oompleie de sensations élémentaires» dont chacune éprouve, quant à son intensité» des modifications d'une certaine durée. Lorsque les éléments constituants, relativement plus simples, mais toujours encore trèscomplexes, d'où résulte une sensation de contraction correspondant au passage d'un point de la position A à une position N, les diverses sensations de position B, A, C... persistent ainsi, avec chacune d'dles s'unit, quand cette sensation est maintenue, une certaine représentation ou idée sur la situation, que la partie du corps en question occupe dans l'espace. L'analyse de toutes ces sensations est extrêmement difficile, parce que nous avons l'habitude de les rapporter à leurs effets composés, aux états de mouvement des parties de notre corps. Gomme chaque sensation élémentaire, faisant partie d'une complexité donnée, n'a pour nous delà valeur, qu'autant qu'elle participe à la formation de la * représentation de mouvement, nous avons perdu la faculté de la concevoir, indépendamment de cette utilisation ; et, nous pouvons tout au plus, d'après le parcours de ces sensations, qui s'ordonnent en série lors d'un mouvement quelconque, conclure à posteriori à ces sensations élémentaires, d'oh résulte la sensation totale de contraction. Une autre difficulté provient ici de l'union étroite, qu'opèrent entre elles la sensation de force et la sensation de contraction. Nous pouvons maintenir l'uQë d'elles constante jusqu'à un certain degré, tandis que l'autre est modifiée ; cependant, il nous est impossible de les observer toutes deux d'une manière complètement isolée, car, à chaque sensation de contraction ou de position est liée une sensation de force, et réciproquement. Sans doute, cette union est en même temps l'occasion d'une confusion très-souvent remarquable de toutes deux, quand on les utilise, pour se faire des représentations. EIn soulevant un poids extrêmement considérable, nous sommes enclins à juger exagérée la hauteur d'élévation. Ces sortes d'illusions sont plus accusées dans les états parétiques, où, lors du mouvement d'un membre à demi-paralysé, on a non seulement la sensation d'une pesanteur extraordinaire de ce membre, par conséquent une sensation de force augmentée, mais aussi très-souvent l'étendue des mouvements est plus ou moins notablement estimée exagérée.
La sensation de fatigue des muscles se comporte d'une manière essentiellement différente de ces sensations de Ténergie et de l'étendue des mouvements^ qui constituent les représentations du mouvement. Elle offre les nuances les plus diverses et peut finalement atteindre au degré de la douleur musculaire. Quand elles proviennent d'autres orî-